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 Rupture des relations diplomatiques

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ibukafrance
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MessageSujet: Rupture des relations diplomatiques   Ven 24 Nov - 20:36

KIGALI (Reuters) - Le Rwanda annonce la rupture de ses relations diplomatiques avec Paris et donne 24 heures à l'ambassadeur de France pour quitter Kigali.

"Nous, au gouvernement, avons décidé de rompre nos relations diplomatiques avec la France", a déclaré à Reuters le chef de la diplomatie rwandaise, Charles Murigande.

"Nous avons ordonné à l'ambassadeur de France de quitter notre pays sous 24 heures et avons accordé aux autres membres de la mission diplomatique un délai de 72 heures pour faire de même."

En outre, a dit le ministre des Affaires étrangères, les autorités rwandaises vont fermer le Centre culturel français à Kigali.

A Paris, le ministère des Affaires étrangères a déploré la décision rwandaise, qui prendra effet, selon le Quai d'Orsay, lundi.

"Les autorités rwandaises ont notifié ce jour à notre ambassadeur à Kigali, par note verbale, leur décision de rompre les relations diplomatiques, cette décision prenant effet le lundi 27 novembre", a précisé le ministère dans un communiqué. "Nous regrettons cette décision. Nous prenons toutes les dispositions nécessaires".

Auparavant, le gouvernement rwandais avait rappelé en consultation son ambassadeur à Paris à la suite de la mise en cause du président rwandais Paul Kagamé et de son entourage par le juge français Jean-Louis Bruguière dans la mort du président Juvénal Habyarimana en 1994.

Le Rwanda a également accusé la France de chercher à renverser son gouvernement. "Ces douze dernières années, la France mène une guerre à la fois ouverte et clandestine contre le gouvernement rwandais en espérant le renverser et remettre au pouvoir ses alliés et auteurs du génocide", a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

POURSUITES DEVANT LE TPIR ?

Des mandats d'arrêt internationaux pour "assassinats" ou "complicité d'assassinats" ont été lancés mercredi contre neuf proches de Kagamé impliqués, selon le juge Bruguière, dans l'attentat perpétré le 6 avril 1994 contre l'avion du président rwandais et qui avait précédé de peu le début du génocide rwandais.

En tant que chef d'Etat en exercice, Kagamé ne peut être poursuivi devant les juridictions ordinaires françaises. Mais le juge Bruguière a écrit au secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, pour lui demander d'envisager des poursuites contre le président rwandais devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

A Paris, le porte-parole du Quai d'Orsay, Jean-Baptiste Mattéi, avait souligné vendredi, avant l'annonce de la rupture des relations par Kigali: "Le juge Bruguière a émis des mandats d'arrêts internationaux mais il l'a fait de sa propre autorité et en totale indépendance".

"Notre souhait, c'est de préserver notre dialogue avec le Rwanda et de préserver notre coopération" avec le Rwanda, avait-il ajouté.

Le Rwanda affirme que les initiatives du juge Bruguière s'inscrivent dans le cadre des efforts de Paris pour dissimuler le rôle que ses militaires auraient joué pendant le génocide, qui a provoqué la mort de 800.000 Tutsis et Hutus modérés.

L'attentat contre l'avion d'Habyarimana, un Hutu, avait été le prétexte avancé par les extrémistes hutus pour massacrer les Tutsis, à qui ils attribuaient la responsabilité de l'assassinat.
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MessageSujet: Re: Rupture des relations diplomatiques   Sam 25 Nov - 12:32

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MessageSujet: Re: Rupture des relations diplomatiques   Sam 25 Nov - 15:57

Diplomates et fonctionnaires français s'apprêtent à quitter Kigali

Les institutions françaises au Rwanda s'apprêtaient samedi à évacuer du pays leurs diplomates et employés français après la rupture des relations diplomatiques entre Paris et Kigali décidée vendredi par le gouvernement rwandais, a-t-on appris de sources françaises.
»L'ambassadeur Dominique Decherf prendra un vol ce (samedi) soir depuis Kigali», a expliqué une source à l'ambassade de France s'exprimant sous couvert d'anonymat.

Un vol commercial à destination de la Belgique est prévu samedi soir au départ de Kigali. Le gouvernement rwandais a ordonné vendredi à l'ambassadeur de France de quitter le pays dans les 24 heures.

Toutes les institutions françaises au Rwanda - y compris l'Ecole internationale française Saint-Exupéry de Kigali et le centre culturel français - ont également reçu l'ordre de fermer leurs portes et tous leurs personnels français doivent quitter le pays dans les 72 heures.

Tous les projets de développement financés par la France doivent également cesser leurs activités.

Contactés par l'AFP, des Français établis à Kigali et non visés par l'ordre l'expulsion se sont refusés à tout commentaire sur la crise entre la France et le Rwanda, en mettant en avant le caractère sensible de l'affaire.

La réaction était la même dans les chancelleries occidentales dans la capitale rwandaise, restées muettes samedi sur le dossier.

Le Rwanda a rompu ses relations diplomatiques avec la France après les poursuites réclamées par le juge français Jean-Louis Bruguière contre le président Paul Kagame et l'émission de mandats d'arrêt contre neuf de ses proches.

»Après avoir pris en compte les tentatives de la France de combattre le Rwanda ces dernières années à la fois dans les organisations internationales et dans d'autres forums internationaux, et après avoir examiné le rapport Bruguière et l'accueil qu'il a eu en France, nous avons décidé de mettre fin à tout contact avec la France», a expliqué vendredi soir le ministre rwandais de l'Information et porte-parole du gouvernement, Laurent Nkusi.

Le ministère français des Affaires étrangères a déclaré »regretter» cette décision.

Le juge Bruguière a recommandé que M. Kagame soit poursuivi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) pour sa participation présumée à l'attentat contre l'avion du président rwandais Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994, élement déclencheur du génocide.

Il a également signé mercredi neuf mandats d'arrêt visant des proches du président rwandais et de hauts responsables militaires, dans le cadre de son enquête.

»Nous avons passé en revue le rapport Bruguière, il est tellement creux que nous sommes surpris qu'une institution comme le tribunal de Paris puisse autoriser des inculpations sur la base d'un tel rapport. Cela confirme nos craintes que ceci est politique», avait commenté vendredi matin le ministre rwandais des Affaires étrangères, Charles Murigande, en annonçant le rappel de l'ambassadeur rwandais en France.

Dès mercredi, M. Kagame avait averti que les relations entre France et Rwanda allaient »se dégrader». Jeudi après-midi, 25.000 personnes avaient manifesté à Kigali contre la France, en dénonçant le rôle joué selon elles par Paris pendant le génocide de 1994, qui a fait, selon l'Onu, environ 800.000 morts, essentiellement tutsis.

Les autorités rwandaises accusent régulièrement la France d'avoir entraîné et armé les auteurs du génocide avant les massacres. Paris a toujours démenti toute implication.

Une commission d'enquête rwandaise mène des recherches sur le rôle de la France avant, pendant et après le génocide.

Cette commission doit reprendre ses audiences publiques le 11 décembre et, à terme, se prononcer sur une éventuelle procédure contre Paris devant la Cour internationale de justice (CIJ), qui juge les différends entre Etats.
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MessageSujet: Re: Rupture des relations diplomatiques   Sam 25 Nov - 16:47

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MessageSujet: Re: Rupture des relations diplomatiques   Dim 26 Nov - 8:44

Les institutions françaises au Rwanda ont évacué du pays leurs diplomates et employés français hier soir après la rupture des relations diplomatiques entre Paris et Kigali décidée vendredi par le gouvernement rwandais. Il a ordonné à l'ambassadeur de France de quitter le pays dans les 24 heures et a rappelé son ambassadeur à Paris pour consultation.Toutes les institutions françaises au Rwanda, y compris l'Ecole internationale française Saint-Exupéry de Kigali et le centre culturel français, ont également reçu l'ordre de fermer leurs portes et tous leurs personnels français s’apprêtent aussi à quitter le pays avant demain soir. Le concert du centre culturel d’hier soir n’a pas été donné.Tous les projets de développement financés par la France doivent également cesser leurs activités. Cependant, aucune tension n'a été pour l’instant signalée dans la capitale rwandaise. C’est désormais, la Belgique qui va représenter les intérêts de la France au Rwanda.
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MessageSujet: Re: Rupture des relations diplomatiques   Dim 26 Nov - 19:07

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MessageSujet: Re: Rupture des relations diplomatiques   Lun 27 Nov - 13:00

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MessageSujet: Re: Rupture des relations diplomatiques   Lun 27 Nov - 17:07

Après la mise en cause du président rwandais par le juge Bruguière et la rupture des relations avec la France, Kigali a ordonné l'arrêt de la diffusion de Radio France Internationale.

Après la rupture des relations diplomatiques de Kigali avec Paris, le gouvernement rwandais a décidé d'ordonner lundi 27 novembre l'arrêt de la diffusion de Radio France Internationale (RFI) sur la bande FM, a indiqué le ministre de l'Information rwandais et porte-parole du gouvernement, Laurent Nkusi.
La diffusion de la radio publique RFI a été "suspendue, dans la ligne de la décision du gouvernement d'arrêter toutes les activités des institutions publiques de la France" au Rwanda, a déclaré Laurent Nkusi.
Outre RFI, trois stations internationales émettent en FM au Rwanda: la British Broadcasting Corporation (BBC), la Voix de l'Amérique (VOA) et la Deutsche Welle (Allemagne).
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MessageSujet: Re: Rupture des relations diplomatiques   Mar 28 Nov - 8:42

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MessageSujet: Re: Rupture des relations diplomatiques   Mar 28 Nov - 8:58

Le Rwanda menace de porter plainte contre la France
Pour le gouvernement, les preuves de l’implication des Français dans le génocide sont établies
lundi 27 novembre 2006, par Panapress

Le Rwanda pourrait déposer en Belgique une plainte contre la France pour son implication dans le génocide de 1994, a fait savoir dans une interview exclusive publiée lundi dans le quotidien "La Libre Belgique", le ministre rwandais des Affaires étrangères, Charles Muringadé.


On rappelle que Kigali a décidé de rompre ses relations diplomatiques avec Paris après le mandat d’arrêt international lancé contre le président Paul Kagamé et 9 de ses collaborateurs par le juge français Jean-Louis Bruguière. Le juge antiterroriste français les accuse d’être impliqués dans l’attentat contre l’avion du Président Juvénal Habyarimana, le 6 avril 1994.

Tous les diplomates français ont quitté le Rwanda durant le week-end, et le personnel français du Centre culturel français de Kigali, ainsi que de l’école française ont quitté le Rwanda dans la journée de lundi.

Selon le chef de la diplomatie rwandaise, tous les Français liés à des activités gouvernementales, y compris les coopérants, sont tenus de quitter le pays, "la mesure ne concernant pas les Français qui vendent du pain et du vin", a-t-il indiqué.

Des preuves de la participation de la France dans le génocide

Le ministre rwandais a fait savoir que la commission d’enquête sur l’implication de la France dans le génocide poursuit ses travaux. "Les preuves de l’implication des Français dans le génocide sont établies, il s’agit de clarifier, qui était où et faisait quoi au moment du génocide", a-t-il précisé, laissant planer "la possibilité de poursuivre en justice les Français qui ont joué un rôle dans le génocide".

Après la rupture des relations diplomatiques avec la France, c’est la Belgique qui a été chargée de la protection des intérêts français au Rwanda, a indiqué M. Charles Muringade dans cette interview.

"Il s’agit de prendre soin des biens français sur place, sans plus", a précisé le chef de la diplomatie rwandaise.

"La population rwandaise est furieuse de l’attitude belliqueuse de la France, alors que l’on a toujours pensé qu’avec le temps, les Français abandonneraient cette attitude, mais ce n’est pas le cas, ils ne cherchent pas à calmer les esprits", a-t-il dit.

Le ministre rwandais a poursuivi en disant qu’après le génocide de 1994, il n’y avait pratiquement plus d’intérêts français au Rwanda, "le seuls intérêt que leur ambassade poursuivait est la déstabilisation du Rwanda".

La Belgique détient le commandement du "Plan de sécurité européen" au Rwanda, en vertu duquel Bruxelles a la responsabilité de coordonner les efforts entre Européens, si une évacuation urgente de leurs ressortissants s’avère nécessaire.
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MessageSujet: Re: Rupture des relations diplomatiques   Mar 28 Nov - 21:28

L'accusation du juge Bruguière unit les Rwandais contre Paris
mar. nov. 28, 2006

KIGALI (Reuters) - Les Rwandais de toutes conditions ont retrouvé une rare unanimité pour mettre la France en accusation depuis que le président Paul Kagamé a rompu vendredi les relations diplomatiques avec Paris.

Le chef de l'Etat rwandais a pris cette initiative à la suite de sa mise en cause par le juge antiterroriste français Jean-Louis Bruguière dans l'attentat contre l'ancien président Juvénal Habyarima en 1994.

Cet attaque au missile contre l'avion présidentiel avait été l'élément déclencheur du génocide de quelque 800.000 Tutsis et Hutus modérés dans lequel les Rwandais accusent aujourd'hui la France d'être impliquée.

Lundi, la police a dispersé des milliers de manifestants venus devant l'ambassade de France à Kigali s'assurer du départ de tous les diplomates français à l'expiration du délai de 72 heures qui leur avait été donné.

"A bas les Français. Ras-le-bol de votre néo-colonialisme!", proclamaient en anglais, une langue que Kagamé maîtrise mieux que le français, les banderoles des manifestants.

Outre le départ des diplomates, le Rwanda a aussi ordonné la fermeture de l'école française et du centre culturel français. Le gouvernement a de plus interrompu la diffusion de Radio France Internationale.

La mise en cause par Bruguière de Kagamé et de neuf de ses proches "s'est révélée être en fait un facteur d'unité pour le Rwanda", analyse Emmanuel Kamasa, enseignant à l'Ecole de finances et de banque de Kigali.

"Regardez les gens qui manifestent: c'est un mélange de Hutus et de Tutsis, et pas seulement des survivants du génocide", fait-il valoir.

"RIEN A CACHER

De nombreux Rwandais accusent l'Occident d'avoir fermé les yeux sur les massacres de 1994, dont la minorité tutsie a été la principale cible avec certains Hutus modérés.

Mais, pire, le Rwanda accuse la France d'avoir entraîné et formé des soldats de l'armée rwandaise dont elle savait qu'ils se préparaient à les commettre - ce que dément catégoriquement la France.

"Ce n'est pas un secret que, si la France n'avait pas été ici, un génocide ne se serait probablement pas produit", assure Antoinette Murerwa, une survivante de père hutu, dont la mère a été tuée.

"Maintenant, comment le monde peut-il observer le mutisme alors que les Français tentent de détruire à nouveau ce que nous avons construit?", s'interroge-t-elle devant la mission française en agitant une pancarte réclamant que la France ne s'occupe plus des affaires rwandaises.

Les radios locales organisent des débats où les Français sont dénoncés à tout-va, les titres des journaux stigmatisent la France et la télévision nationale s'est remise à diffuser des documentaires sur le génocide qui ne sont habituellement transmis que durant la semaine du souvenir, chaque mois d'avril.

"Il n'y a rien à cacher quant au rôle français dans le génocide", estime Pierre Niyonshuti, un survivant des massacres de 1994.

"Leur soutien aux extrémistes hutus était ostensible et visible. Ils ont paniqué parce que leur saloperie était sur le point d'être exposée au grand jour par la commission d'enquête", dit-il.

Le gouvernement rwandais a mis sur pied le mois dernier une commission visant à faire toute la lumière sur une éventuelle implication française dans le génocide.

"SIMPLEMENT COUPABLES"

Les autorités rwandaises n'excluent pas que les conclusions de cette enquête ne les amènent à saisir la Cour pénale internationale.

Kagamé, qui dirigeait la rébellion tutsie à l'époque, a toujours imputé l'attentat contre Habyarimana à des extrémistes hutus furieux que l'ancien président ait établi des contacts politiques avec lui.

Si Bruguière a lancé des mandats d'arrêt internationaux contre ses collaborateurs, le juge a demandé que Kagamé soit jugé par un tribunal des Nations unies en raison de l'immunité reconnue par la France aux chefs d'Etat en exercice,.

Mais sa mise en cause indigne ses partisans, et notamment les survivants du génocide qui voient en lui l'homme qui y a mis fin.

Pour l'un d'eux, Epimaque Gatare, "la France n'a pas d'autorité morale" pour se comporter ainsi. Les Français "sont simplement coupables".

Le gouvernement français s'est distancié dimanche de la "décision de justice qui appartient au juge Bruguière" par le truchement de son ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy.

L'instruction de Bruguière, qui résulte d'une plainte de la veuve d'Habyarimana et des familles des membres d'équipage français de son avion abattu, "n'a rien à voir avec une décision politique du gouvernement français", a affirmé le chef du Quai d'Orsay.
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MessageSujet: Re: Rupture des relations diplomatiques   Mar 5 Déc - 20:29

L'Ouganda appuie le Rwanda dans son contentieux avec la France

KAMPALA (REUTERS) - Le président ougandais, Yoweri Museveni, a apporté mardi son soutien à la décision du Rwanda de rompre ses relations diplomatiques avec la France après la mise en cause du président Paul Kagamé par le juge Jean-Louis Bruguière.
Le magistrat a lancé le mois dernier des mandats d'arrêt contre neuf proches du président rwandais, et demandé au secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, d'envisager des poursuites contre le dirigeant tutsi pour l'assassinat de son prédécesseur hutu, Juvénal Habyarimana, en avril 1994.

La destruction en vol de l'avion de Habyarimana est considéré comme l'élément déclencheur du génocide qui a coûté la vie à 800.000 Tutsis et Hutus modérés en 100 jours.

""Ces Européens ne sont pas sérieux. Ils devraient rester à l'écart des affaires africaines"", a déclaré mardi Yoweri Museveni, qui avait donné asile au Front patriotique rwandais (FPR) de Kagamé lorsqu'il était en lutte armée contre le régime hutu de Kigali.

""Le Rwanda est un pays qui a eu énormément de problèmes et ces problèmes ont débuté lorsque Kagamé avait deux ans"", a-t-il poursuivi en faisant allusion aux massacres de 20.000 Tutsis en 1959.

""Pourquoi la destruction d'un avion déclencherait-elle un génocide? Pourquoi tuer des femmes dans des villages? Est-ce que ce sont elles qui ont abattu cet avion?"", a-t-il ajouté.
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MessageSujet: Re: Rupture des relations diplomatiques   Mer 13 Déc - 13:41

Kigali-Paris : une rupture à point nommé
Rwanda-France . La suspension des relations entre les deux capitales, suite à l’initiative du juge Bruguière, met la France à l’abri des investigations sur son rôle lors du génocide.

La commission d’enquête rwandaise sur les responsabilités et le rôle de la France avant, pendant et après le génocide de 1994 a repris lundi ses audiences publiques à Kigali. Elle aura à entendre des témoins concernant en particulier le rôle des troupes de l’opération « Turquoise » dans des meur- tres et des viols commis dans les régions de Kibuye et Gikongoro (ouest du Rwanda) aux derniers jours des massacres.

Cette reprise intervient dans un contexte de crise ouverte entre les deux capitales suite à la recommandation du juge Jean-Louis Bruguière de poursuivre le président Paul Kagame devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) pour sa « participation présumée » à l’attentat contre l’avion de l’ex-président rwandais Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994. Une accusation dénoncée par les autorités rwandaises comme une pure et simple manipulation politique, argument repris par la Communauté rwandaise de France qui, samedi dernier, avait appelé ses membres à manifester à Paris, place de la République. À l’issue de ce rassemblement, Dafroza Gau- -thier, dirigeante de l’association, soulignait, d’une part, que « l’attentat n’est pas "l’élément déclencheur" du génocide. Ce fut un "prétexte" pour mettre en route l’acte final d’un projet longuement mûri par un pouvoir ethniste, raciste et divisionniste ». De l’autre, elle rappelait que le juge français n’a jamais jugé bon de se rendre au Rwanda et qu’il fonde son discours sur un petit nombre de témoins, dont « la plupart sont des transfuges du FPR, des déçus du régime qui n’avouent que rarement les véritables raisons de leur défection ».

au moins deux questions soulevées

Noms plus particulièrement mis en avant par le juge, ceux d’Abdoul Ruzibiza et d’Emmanuel Ruzigana, présentés comme des acteurs du Network Commando censé avoir été organisé par le FPR pour abattre l’avion présidentiel. Ce qui ne va pas sans soulever au moins deux questions.

Pourquoi Jean-Louis Bruguière n’inculpe-t-il pas ces deux hommes ainsi mis en cause ? Rappelons que les trois membres d’équipage de l’appareil étaient français et que leur mort est à l’origine de l’instruction engagée, d’ail- leurs, avec retard.

Deuxièmement, le juge lui-même se retrouve accusé de manipulation par les deux témoins. L’ex-lieutenant FPR Abdoul Ruzibiza déclare certes ne rien retirer de ses déclarations et écrits (un ouvrage où il met personnellement en cause Paul Kagame), mais ajoute néanmoins qu’il se refuse à devenir une « marionnette de la justice française ». Enfin il estime que l’analyse présentée par le magistrat « semble justifier le génocide. C’est inacceptable. Le génocide n’a pas été causé par l’attentat, mais déclenché par cet événement ».

De son côté, Emmanuel Ruzigana écrit, dans une lettre ouverte à Bruguière, « réfuter catégoriquement » tous les propos qui lui ont été « attribués » par ce dernier. Précisant avoir répondu « que je n’avais aucune connaissance sur la personne qui aurait tiré sur l’avion et que, d’ailleurs, je n’étais pas aux environs de Kigali pendant cette période ». A priori, Ruzigana ne pouvait donc appartenir au Network Commando sans cesse évoqué par le juge.

polémique relancée par la présidentielle

Il reste que la suspension des relations diplomatiques entre le Rwanda et la France bloque la venue annoncée au Rwanda de la magistrate en charge des plaintes déposées contre les militaires de « Turquoise » par plusieurs rescapés rwandais, comme elle va à l’encontre des éventuelles auditions d’officiers français par le TPI d’Arusha. À Kigali, et pas seulement là, certains semblent penser que, par ces temps de précampagne présidentielle dans notre pays, il faut y voir la première des motivations de cette relance de la polémique. D’autant qu’en 1994 l’Élysée et Matignon étaient occupés par deux camps opposés. La crise Kigali-Paris allumée par Bruguière évitera des interférences dangereuses pour bien des envolées politiques qui ne vont pas manquer de se multiplier chez nous dans la proche période.
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MessageSujet: Re: Rupture des relations diplomatiques   Ven 15 Déc - 19:48

Le ton monte entre la France et le Rwanda. Le Figaro - De notre envoyé spécial à Kigali, PATRICK DE SAINT-EXUPÉRY. Publié le 14 décembre

LE PRÉSIDENT rwandais, Paul Kagamé, entend rallier ses pairs d'Afrique de l'Est contre Paris, à l'occasion d'un sommet des dirigeants des Grands Lacs africains, aujourd'hui à Nairobi. La France, déjà affaiblie en Afrique de l'Ouest et du Sud, se trouverait aussi en mauvaise posture dans la région. Des diplomates européens redoutent cette perspective : « Nous ne souhaitons pas nous trouver dans la position d'avoir à trancher » entre Paris et Kigali, dit l'un.

C'est qu'une véritable guerre grise, qui ne dit pas son nom, oppose le Rwanda à la France depuis maintenant douze ans. Paris n'a jamais fléchi, qui s'est employé à nourrir le soupçon contre un « régime issu des fosses communes ». Kigali n'a jamais cédé, qui s'est mis à accuser Paris de « complicité de génocide ». L'affrontement menace de s'enflammer. Les conclusions de l'enquête menée côté français par le juge Bruguière, publiées le mois dernier, et la rupture des relations diplomatiques ensuite, décidées par Kigali, n'en sont que le dernier épisode.

La guerre se joue aussi sur d'autres fronts. En Tanzanie, aujourd'hui, trois officiers français vont être entendus au Tribunal pénal international sur le Rwanda (TPIR), à Arusha. Ils succéderont au colonel Grégoire de Saint-Quentin, déjà entendu. Leurs noms n'ont pas été précisés, mais les témoignages d'au moins cinq officiers ont été sollicités par la défense d'accusés : le général Lafourcade, qui fut commandant de l'opération militaro-humanitaire « Turquoise », en 1994 au Rwanda, le colonel Hogard, qui fut responsable du groupement sud de « Turquoise », le colonel Sartre, qui fut responsable de la zone de Kibuyé, et le général Rosier, qui fut responsable des opérations spéciales de « Turquoise ».


« Enfin la vérité ! »

L'audition d'officiers français devant un tribunal international est risquée : « J'ai le sentiment que les juristes de l'état-major ne dominent pas du tout la procédure devant le TPIR », note un habitué d'Arusha. Pour se prémunir, Paris s'est entouré de précautions : huis clos, témoignage par visioconférence, présence de représentants du gouvernement habilités à user de « la sécurité nationale », questions préparées...

Les officiers français ne devraient pas manquer de se référer au travail du juge Bruguière, versé au TPIR. L'un d'eux, le colonel Jacques Hogard, a salué sa publication au cri de : « Enfin la vérité ! » Le juge Bruguière, dans ses conclusions, affirme que le président Kagamé, alors chef de la rébellion tutsie du FPR, a commandité l'attentat qui a coûté la vie en 1994 à son prédécesseur, le président hutu Habyarimana, et a ainsi pris la responsabilité de déclencher, sciemment, le génocide antitutsi. Les autorités rwandaises, à l'inverse, accusent Paris, qui soutenait politiquement et militairement le régime Habyarimana, d'avoir été au courant des préparatifs des massacres et d'en avoir été complice. Le génocide, qui s'est déroulé, d'avril à juillet 1994, au pays des Mille Collines, fit quelque 800 000 morts en cent jours.

Un troisième front de la guerre se joue à Kigali même, près des bureaux du premier ministre. Depuis lundi, la commission d'enquête rwandaise mise sur pied pour « rassembler les preuves de l'implication de l'État français dans le génocide perpétré au Rwanda en 1994 » a repris ses travaux. Présidée par Jean de Dieu Muyco, ancien procureur général du Rwanda, son objectif est limpide : nourrir l'accusation de complicité lancée contre Paris par Paul Kagamé. Plusieurs témoignages qui y ont été entendus portent à conséquence.
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