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Des archives de l'Elysée sur le Rwanda accusent la France

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ibukafrance
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MessageSujet: Des archives de l'Elysée sur le Rwanda accusent la France   Lun 2 Juil - 11:48

lorence Michon, la juge d'instruction du Tribunal aux armées de Paris (TAP), a reçu par courrier un cédérom passionnant, mercredi 27 juin. Son contenu est une page d'histoire : il s'agit d'une grande partie des archives de l'Elysée sur le Rwanda.

Ces centaines de documents divers – télégrammes diplomatiques, notes des conseillers du président, procès-verbaux des conseils des ministres, etc. – avaient été entreposés à l'Institut François-Mitterrand.Certains avaient été exploités en 1998 par la mission d'information parlementaire dirigée par Paul Quilès, d'autres, de façon partielle, par Pierre Péan dans son livre Noires fureurs, blancs menteurs (Mille et une nuits, 2005) qui visait à réhabiliter l'action de la France au Rwanda.
Ces documents – dont certains n'avaient encore jamais été rendus publics – ont été envoyés à Me Antoine Comte, l'un des avocats des rescapés tutsis du génocide qui ont déposé plainte au TAP contre l'armée française, en février 2005.

Une information judiciaire pour "complicité de crimes contre l'humanité" et "complicité de génocide", visant le rôle de l'armée lors de l'opération humanitaire Turquoise, entre le 22 juin et le 22 août 1994, a été ouverte en décembre 2005.

REMISE EN CAUSE
Aujourd'hui, à la lumière des documents qu'il a transmisà la juge, Me Comte réclame les auditions des principaux responsables politiques et militaires qui y apparaissent.
Sont notamment cités dans la lettre que l'avocat a transmise au juge : Pierre Joxe, ministre de la défense, qui exprima des réserves sur l'engagement français en 1993, Alain Juppé, ministre des affaires étrangères en 1994, et les principaux conseillers de François Mitterrand à l'Elysée : le spécialiste de l'Afrique Bruno Delaye, le chef d'état-major particulier, le général Christian Quesnot, le chargé de mission Dominique Pin, et le secrétaire général de l'Elysée, Hubert Védrine. L'avocat souhaite que soient aussi entendus Georges Martres, ambassadeur à Kigali (1989-1993), et son successeur Jean-Michel Marlaud (mai 1993-avril 1994).
Ces archives remettent en cause la version officielle de la France sur sa présence au Rwanda, déjà ébréchée par la mission d'information parlementaire. Cette version stipulait que la France avait eu pour seul objectif de pousser le gouvernement rwandais à ouvrir des négociations politiques avec les rebelles du Front patriotique rwandais (FPR), tout en poursuivant une coopération militaire classique.
"Il est patent que, tout au long de la période allant de 1993 jusqu'à l'attentat du 6 avril 1994 [contre l'avion du président rwandais Juvénal Habyarimana], la préoccupation centrale des autorités françaises est de soutenir inconditionnellement le président Habyarimana, même s'il fallait aller au-delà d'un appui indirect aux forces armées rwandaises", écrit Antoine Comte.
Plusieurs hauts responsables militaires français de l'époque ont été entendus ces derniers mois par la brigade criminelle, à Paris. Le général Jean-Claude Lafourcade, commandant de l'opération Turquoise, le lieutenant-colonel Jacques Hogard, commandant du groupement Ouest, et le colonel Patrice Sartre, chef du groupement Nord, n'ont guère varié dans leurs déclarations, par rapport à celles recueillies en 1998 par la mission d'information parlementaire, indique-t-on de source policière. Selon eux, la France peut s'enorgueillir de son action humanitaire lors de l'opération Turquoise, en 1994.
L'Etat français ne semble pas disposé à favoriser les investigations en cours. Le 13 février 2006, la juge Brigitte Reynaud, qui a précédé Florence Michon au TAP, avait signé une commission rogatoire internationale à destination du Rwanda. Elle demandait aux autorités de Kigali de lui fournir tous documents ou auditions "permettant d'identifier les régiments et services français présents au Rwanda en 1994" et d'autoriser une mission sur place des policiers français.
Pendant six mois, cette commission rogatoire est restée dans un tiroir du Quai d'Orsay, chargé de l'envoi. Le 24 novembre 2006, le Rwanda a rompu ses relations diplomatiques avec la France à la suite de l'émission de mandats d'arrêt contre des proches du président Paul Kagamé, dans l'enquête de Jean-Louis Bruguière sur l'attentat contre Juvénal Habyarimana.

Le 13 février, le ministère a retourné la commission rogatoire à la juge Michon, en soulignant que nulle entraide n'était désormais possible entre les deux pays. La magistrate a donc choisi de transmettre directement le document aux autorités rwandaises, mais elle a manifesté sa "plus profonde surprise" au sujet de l'inaction du Quai dans une lettre adressée au procureur du TAP.

Piotr Smolar

AFP/DANIEL JANIN

Le président François Mitterrand raccompagne le président rwandais Juvénal Habyarimana à l'issue d'un entretien à l'Elysée, en octobre 1990.



Les faits
Des archives de l'Elysée sur l'intervention au Rwanda ont été transmises à la justice




Enquête
Génocide rwandais : ce que savait l'Elysée

Enquête Génocide rwandais : ce que savait l'Elysée

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MessageSujet: Re: Des archives de l'Elysée sur le Rwanda accusent la France   Lun 2 Juil - 11:49

l est question de massacres, de réfugiés et de soldats français en ce 29 juin 1994, dans la salle où se tient un conseil des ministres restreint autour de François Mitterrand. Il est question du Rwanda, où la France vient de lancer l'opération humanitaire "Turquoise". La machine génocidaire, lancée le 6avril et qui fera entre 700 000 et 900 000 morts, tourne encore.

"Historiquement, la situation a toujours été périlleuse, dit François Mitterrand lors de ce conseil. Avant l'assassinat du président Habyarimana [dans l'attentat du 6 avril], on ne m'avait pas signalé de drames à l'intérieur du pays."

C'est faux. A partir de la fin de l'année 1990, plus de trois ans avant le déclenchement du génocide, l'Elysée avait reçu des signaux d'alerte diplomatiques et militaires.
Des signaux aussitôt négligés, au nom d'une vision conservatrice façonnée par l'histoire coloniale de la politique africaine de la France. La preuve en est fournie par plusieurs volumes d'archives de l'Elysée transmis au tribunal aux armées, dont Le Monde a eu connaissance.
Ces archives dessinent bien une France "mithridatisée" à son sommet, c'est-à-dire accoutumée volontairement au poison, selon le mot de la mission parlementaire réunie en 1998.

Elles répondent à deux questions-clés : Que savait la France des préparatifs de l'entreprise génocidaire ? Quelle était la nature de la coopération militaire décidée par l'Elysée ?

13 octobre 1990
"Des groupes d'autodéfense armés d'arcs et de machettes"

La version officielle de l'Etat français a toujours été la suivante : la présence militaire au Rwanda, à partir du dernier trimestre 1990, avait pour but non pas de soutenir unilatéralement le régime d'Habyarimana, mais de le pousser à un partage du pouvoir, tout en empêchant l'avancée militaire du Front patriotique rwandais (FPR) de Paul Kagamé, soutenu par l'Ouganda.
Le 3 octobre 1990, le régime rwandais sollicite l'appui de la France contre l'offensive conduite par le FPR. François Mitterrand décide de l'envoi d'une compagnie du 2e régiment étranger de parachutistes afin de protéger, voire d'évacuer, les Français sur place. Le détachement Noroit restera trois ans. Ses effectifs monteront jusqu'à 680hommes, soit quatre compagnies.

Déjà, les prémices du génocide étaient visibles. En ce début octobre 1990, plusieurs milliers de personnes sont arrêtées arbitrairement dans la capitale; elles ont le tort d'être tutsies ou d'avoir des intérêts communs avec des Tutsis. La France fournit néanmoins des munitions en masse à l'armée régulière, les Forces armées rwandaises (FAR).
Le 12 octobre, le colonel Galinié, attaché de défense à Kigali, s'alarme dans un télégramme diplomatique de la multiplication de ces arrestations. "Il est à craindre que ce conflit finisse par dégénérer en guerre ethnique", ajoute-t-il.

Le lendemain, son supérieur, l'ambassadeur Georges Martres, précise : "Les paysans hutus organisés par le MRND [parti du président] ont intensifié la recherche des Tutsis suspects dans les collines. Des massacres sont signalés dans la région de Kibilira." Les paysans, fidèles au régime, "participent de plus en plus à l'action militaire à travers des groupes d'autodéfense armés d'arcs et de machettes".
Février 1991

La France décide de "durcir le dispositif rwandais"

Et à l'Elysée ? On pense stratégie, front contre front. Il faut aider Habyarimana coûte que coûte et endiguer l'influence anglo-saxonne dans la région portée par l'Ouganda qui soutient la rébellion tutsie.

Une assistance militaire technique a été décidée. Ses effectifs seront portés à 80 conseillers, qui jouent un rôle actif dans la formation des forces armées rwandaises. Le lieutenant-colonel Gilbert Canovas exerce même la fonction de conseiller du chef d'état-major.
Le 30 janvier 1991, François Mitterrand suggère par écrit à son homologue rwandais plusieurs conditions à un règlement politique de la crise. Cette approche non contraignante est accompagnée d'un soutien militaire massif.

Le 3 février, l'amiral Jacques Lanxade, chef d'état-major des armées, soumet à François Mitterrand les différentes options envisagées, notamment l'envoi d'un détachement d'assistance militaire et d'instruction (DAMI) qui devrait "renforcer la coopération" et "durcir le dispositif rwandais".

Ces mesures, note le haut gradé, comportent le risque d'être interprétées par les autorités rwandaises comme un "soutien inconditionnel à leur politique". Le 21 mars, le DAMI est envoyé.
Mais la situation se dégrade. Le soutien français au régime n'apporte pas de résultats. "La guerre déstabilise et radicalise de plus en plus" le Rwanda, affirme même Paul Dijoud, le directeur des affaires africaines du Quai, dans une note du 11 mars 1992 qui appelle à un renforcement de l'appui de la France à Kigali. Les livraisons d'armes s'accélèrent.
19 janvier 1993

Le pouvoir de Kigali voudrait "procéder à un génocide systématique", écrit l'ambassadeur

Face à l'avancée de la rébellion, Juvénal Habyarimana est contraint d'envisager des négociations. La position de la France n'est guère aisée. Le 19 janvier 1993, l'ambassadeur Martres envoie un télégramme après sa rencontre avec Jean Carbonare, président du mouvement Survie et membre de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH).
Celle-ci est sur le point de publier un rapport accablant. Elle dispose, explique M. Martres, du témoignage d'un ancien membre des escadrons de la mort chargés des exactions, du nom de Janvier Afrika.
Selon ce dernier, le président rwandais aurait lui-même donné le signal de départ de massacres après une réunion avec ses collaborateurs. Il aurait intimé "l'ordre de procéder à un génocide systématique en utilisant, si nécessaire, le concours de l'armée et en impliquant la population locale dans les assassinats", écrit l'ambassadeur.
à suivre ICI: 1 | 2 | 3 | suivant

Rappel ICI: http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3212,36-848896@51-930276,0.html
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MessageSujet: Re: Des archives de l'Elysée sur le Rwanda accusent la France   Lun 2 Juil - 14:02

Génocide au Rwanda: des archives mettent en cause la France

Agence France-Presse

Paris

La France a soutenu le régime rwandais alors qu'elle avait connaissance -- contrairement à ce qu'elle a affirmé -- dès 1990 de «prémices du génocide» au Rwanda de 1994, selon le journal Le Monde qui cite des archives de la présidence française.


Certains de ces documents ont été transmis le 27 juin à la juge d'instruction du Tribunal aux armées de Paris (TAP) Florence Michon, chargée d'une information judiciaire ouverte en décembre 2005 pour «complicité de génocide» et «complicité de crime contre l'humanité» visant l'armée française.

Dès début octobre 1990, «les prémices du génocide étaient visibles», affirme le quotidien lundi. Il cite notamment un télégramme diplomatique du 12 octobre du colonel René Galinié, alors attaché de défense français à Kigali, qui s'alarme de la multiplication des arrestations arbitraires de Tutsis ou de personnes proches des intérêts des Tutsis par le régime du président hutu Juvénal Habyarimana.

«Il est à craindre que ce conflit finisse par dégénérer en guerre ethnique», écrit l'officier.

Mais la France continue de penser qu'il faut «aider Habyarimana coûte que coûte et endiguer l'influence anglo-saxonne dans la région portée par l'Ouganda qui soutient la rébellion tutsie», ajoute Le Monde.

Le 3 février 1991, l'amiral Jacques Lanxade, chef d'état-major des armées, soumet diverses options envisagées, notamment l'envoi d'un détachement qui devrait «durcir le dispositif rwandais» mais qui pourrait être interprété par les autorités rwandaises comme «un soutien inconditionnel à leur politique», indique-t-il dans une note. Ce détachement est envoyé le 21 mars.

L'ambassadeur Georges Martres écrit le 19 janvier 1993 un télégramme dans lequel il fait état du témoignage d'un ancien membre des «escadrons de la mort» du nom de Janvier Afrika, selon lequel le président Habyarimana aurait intimé «l'ordre de procéder à un génocide systématique en utilisant, si nécessaire, le concours de l'armée».

Le président Habyarimana a été assassiné le 6 avril, donnant le coup d'envoi d'un génocide qui a fait 800 000 morts, essentiellement des membres de la minorité tutsie et des opposants hutus, en une centaine de jours.
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MessageSujet: Re: Des archives de l'Elysée sur le Rwanda accusent la France   Lun 2 Juil - 14:04

Génocide au Rwanda: des archives mettent en cause la France


PARIS - La France a soutenu le régime rwandais alors qu'elle avait connaissance -- contrairement à ce qu'elle a affirmé -- dès 1990 de "prémices du génocide" au Rwanda de 1994, selon le journal Le Monde qui cite des archives de la présidence française.
Certains de ces documents ont été transmis le 27 juin à la juge d'instruction du Tribunal aux armées de Paris (TAP) Florence Michon, chargée d'une information judiciaire ouverte en décembre 2005 pour "complicité de génocide" et "complicité de crime contre l'humanité" visant l'armée française.
Dès début octobre 1990, "les prémices du génocide étaient visibles", affirme le quotidien lundi.
Il cite un télégramme diplomatique du 12 octobre du colonel René Galinié, alors attaché de défense français à Kigali, qui s'alarme de la multiplication des arrestations arbitraires de Tutsis ou de personnes proches des intérêts des Tutsis par le régime du président hutu Juvénal Habyarimana.
"Il est à craindre que ce conflit finisse par dégénérer en guerre ethnique", écrit l'officier.
Le lendemain, selon le journal, l'ambassadeur français Georges Martres précise que "les paysans hutus organisés par le MRND (parti du président) ont intensifié les recherches de Tutsis suspects dans les collines" et que "des massacres sont signalés dans la région de Kibilira".
Mais la France continue de penser qu'il faut "aider Habyarimana coûte que coûte et endiguer l'influence anglo-saxonne dans la région portée par l'Ouganda qui soutient la rébellion tutsie" menée par le Front patriotique rwandais (FPR) de l'actuel président Paul Kagame, écrit Le Monde.
Le 3 février 1991, l'amiral Jacques Lanxade, chef d'état-major des armées, soumet diverses options envisagées, notamment l'envoi d'un détachement qui devrait "durcir le dispositif rwandais" mais qui pourrait être interprété par les autorités rwandaises comme "un soutien inconditionnel à leur politique", indique-t-il dans une note. Ce détachement est envoyé le 21 mars.
L'ambassadeur Martres écrit le 19 janvier 1993 un télégramme dans lequel il fait état du témoignage d'un ancien membre des "escadrons de la mort" du nom de Janvier Afrika, selon lequel le président Habyarimana aurait intimé "l'ordre de procéder à un génocide systématique en utilisant, si nécessaire, le concours de l'armée".
Le président Habyarimana a été assassiné le 6 avril, donnant le coup d'envoi d'un génocide qui a fait 800.000 morts, essentiellement des membres de la minorité tutsie et des opposants hutus, en une centaine de jours.
Le 24 novembre 2006, le Rwanda a rompu ses relations diplomatiques avec la France à la suite de l'émission de mandats d'arrêt contre des proches du président Paul Kagame, dans l'enquête française sur l'attentat M. Juvénal Habyarimana.
Kigali accuse Paris d'avoir soutenu les forces qui ont commis le génocide et l'armée française d'avoir facilité la fuite des génocidaires dans le cadre de l'opération militaro-humanitaire Turquoise (fin juin à fin août 1994), sous mandat de l'Onu.
(©AFP / 02 juillet 2007 13h25)
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MessageSujet: Re: Des archives de l'Elysée sur le Rwanda accusent la France   Lun 2 Juil - 14:52

Génocide au Rwanda: des archives mettent en cause la France



PARIS (AFP) - La France a soutenu le régime rwandais alors qu'elle avait connaissance, contrairement à ce qu'elle a affirmé, dès 1990 de "prémices du génocide" au Rwanda de 1994, selon le journal Le Monde qui cite des archives de la présidence française.Certains de ces documents ont été transmis le 27 juin à la juge d’instruction du Tribunal aux armées de Paris (TAP) Florence Michon, chargée d'une information judiciaire ouverte en décembre 2005 pour "complicité de génocide" et "complicité de crime contre l'humanité" visant l'armée française.
Dès début octobre 1990, "les prémices du génocide étaient visibles", affirme le quotidien.
Il cite un télégramme diplomatique du 12 octobre du colonel René Galinié, alors attaché de défense à Kigali, qui s'alarme de la multiplication des arrestations arbitraires de Tutsis ou de personnes proches des intérêts des Tutsis par le régime du président hutu Juvenal Habyarimana.
"Il est à craindre que ce conflit finisse par dégénérer en guerre ethnique", écrit l'officier.
Le lendemain, selon le journal, l'ambassadeur Georges Martres précise que "les paysans hutus organisés par le MRND (parti du président) ont intensifié les recherches de Tutsis suspects dans les collines" et que "des massacres sont signalés dans la région de Kibilira".
Mais la France continue de penser qu'il faut "aider Habyarimana coûte que coûte et endiguer l'influence anglo-saxone dans la région portée par l'Ouganda qui soutient la rébellion tutsie" menée par le Front patriotique rwandais (FPR) de l'actuel président Paul Kagame, écrit Le Monde.
Le 3 février 1991, l'amiral Jacques Lanxade, chef d'état-major des armées soumet diverses options envisagées, notamment l'envoi d'un détachement qui devrait "durcir le dispositif rwandais" mais qui pourrait être interprété par les autorités rwandaises comme "un soutien inconditionnel à leur politique", indique-t-il dans une note. Ce détachement est envoyé le 21 mars.
L'ambassadeur Martres écrit le 19 janvier 1993 un télégramme dans lequel il fait état du témoignage d'un ancien membre des escadrons de la mort du nom de Janvier Afrika, selon lequel le président Habyarimana aurait intimé "l'ordre de procéder à un génocide systématique en utilisant, si nécessaire, le concours de l'armée".
Le président Habyarimana a été assassiné le 6 avril, donnant le coup d'envoi d'un génocide qui a fait 800.000 morts, essentiellement des membres de la minorité tutsie et des opposants hutus, en une centaine de jours.
Le 24 novembre 2006, le Rwanda a rompu ses relations diplomatiques avec la France à la suite de l’émission de mandats d’arrêt contre des proches du président Paul Kagame, dans l’enquête française sur l’attentat M. Juvénal Habyarimana.
Kigali accuse Paris d'avoir soutenu les forces qui ont commis le génocide et l'armée française d'avoir facilité la fuite des génocidaires dans le cadre de l'opération militaro-humanitaire Turquoise (fin juin à fin août 1994), sous mandat de l'Onu.
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MessageSujet: Re: Des archives de l'Elysée sur le Rwanda accusent la France   Lun 2 Juil - 14:58

TV5
http://www.tv5.org/TV5Site/info/article-Genocide_au_Rwanda__des_archives_mettent_en_cause_la_France.htm?idrub=6&xml=070702120146.bsh9quaj.xml

La Dépèche
http://economie.ladepeche.com/dep_art.asp?rub=fra&ref=070702120146.bsh9quaj

L'Express/Le Vif
http://www.levif.be/actualite/monde/72-58-5537/genocide---la-france-a-soutenu-le-regime-genocidaire-rwandais.html

La Provence
http://www.laprovence.fr/articles/2007/07/02/83298-France-Genocide-au-Rwanda-des-archives-mettent-en-cause-la-France.php

La Croix
http://www.la-croix.com/afp.static/pages/070702120146.bsh9quaj.htm
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MessageSujet: Re: Des archives de l'Elysée sur le Rwanda accusent la France   Lun 2 Juil - 15:06

Nouvel Obs
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/20070702.OBS4665/la_france_avait_eu_des_infossur_le_genocide_des_1990.html

Le Matin
http://www.lematin.ch/pages/home/depeches__1/monde/depeche_monde?contenu=274607

France24:

lundi, 2 juillet 2007Par AFP

La France a soutenu le régime rwandais alors qu'elle avait connaissance, contrairement à ce qu'elle a affirmé, dès 1990 de "prémices du génocide" au Rwanda de 1994, selon le journal Le Monde qui cite des archives de la présidence française.

Certains de ces documents ont été transmis le 27 juin à la juge d’instruction du Tribunal aux armées de Paris (TAP) Florence Michon, chargée d'une information judiciaire ouverte en décembre 2005 pour "complicité de génocide" et "complicité de crime contre l'humanité" visant l'armée française.

Dès début octobre 1990, "les prémices du génocide étaient visibles", affirme le quotidien.Il cite un télégramme diplomatique du 12 octobre du colonel René Galinié, alors attaché de défense à Kigali, qui s'alarme de la multiplication des arrestations arbitraires de Tutsis ou de personnes proches des intérêts des Tutsis par le régime du président hutu Juvenal Habyarimana.

"Il est à craindre que ce conflit finisse par dégénérer en guerre ethnique", écrit l'officier. Le lendemain, selon le journal, l'ambassadeur Georges Martres précise que "les paysans hutus organisés par le MRND (parti du président) ont intensifié les recherches de Tutsis suspects dans les collines" et que "des massacres sont signalés dans la région de Kibilira".

Mais la France continue de penser qu'il faut "aider Habyarimana coûte que coûte et endiguer l'influence anglo-saxone dans la région portée par l'Ouganda qui soutient la rébellion tutsie" menée par le Front patriotique rwandais (FPR) de l'actuel président Paul Kagame, écrit Le Monde.

Le 3 février 1991, l'amiral Jacques Lanxade, chef d'état-major des armées soumet diverses options envisagées, notamment l'envoi d'un détachement qui devrait "durcir le dispositif rwandais" mais qui pourrait être interprété par les autorités rwandaises comme "un soutien inconditionnel à leur politique", indique-t-il dans une note. Ce détachement est envoyé le 21 mars.

L'ambassadeur Martres écrit le 19 janvier 1993 un télégramme dans lequel il fait état du témoignage d'un ancien membre des escadrons de la mort du nom de Janvier Afrika, selon lequel le président Habyarimana aurait intimé "l'ordre de procéder à un génocide systématique en utilisant, si nécessaire, le concours de l'armée".

Le président Habyarimana a été assassiné le 6 avril, donnant le coup d'envoi d'un génocide qui a fait 800.000 morts, essentiellement des membres de la minorité tutsie et des opposants hutus, en une centaine de jours.

Le 24 novembre 2006, le Rwanda a rompu ses relations diplomatiques avec la France à la suite de l’émission de mandats d’arrêt contre des proches du président Paul Kagame, dans l’enquête française sur l’attentat M. Juvénal Habyarimana.

Kigali accuse Paris d'avoir soutenu les forces qui ont commis le génocide et l'armée française d'avoir facilité la fuite des génocidaires dans le cadre de l'opération militaro-humanitaire Turquoise (fin juin à fin août 1994), sous mandat de l'Onu.
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MessageSujet: Re: Des archives de l'Elysée sur le Rwanda accusent la France   Lun 2 Juil - 16:10

Romandie.com:
Génocide au Rwanda: des archives mettent en cause la France

La France a soutenu le régime rwandais alors qu'elle avait connaissance - contrairement à ce qu'elle a affirmé - dès 1990 de "prémices du génocide" au Rwanda de 1994. Pour preuve, le journal "Le Monde" cite des archives de la présidence française.
Certains de ces documents ont été transmis le 27 juin à la juge d'instruction du Tribunal aux armées de Paris Florence Michon, chargée d'une information judiciaire ouverte en décembre 2005 pour "complicité de génocide" et "complicité de crime contre l'humanité" visant l'armée française. Le génocide rwandais a fait 800'000 morts, essentiellement des membres de la minorité tutsie et des opposants hutus, en une centaine de jours durant l'année 1994.
Le Rwanda accuse Paris d'avoir soutenu les forces qui ont commis le génocide et l'armée française d'avoir facilité la fuite des génocidaires dans le cadre de l'opération militaro-humanitaire Turquoise (fin juin à fin août 1994), sous mandat de l'ONU.
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MessageSujet: Re: Des archives de l'Elysée sur le Rwanda accusent la France   Mar 3 Juil - 5:54

Ecouter à 11'15"" le reportage de Laure de Vulpian:

http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture/information/accueil/index.php?index=6
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MessageSujet: Re: Des archives de l'Elysée sur le Rwanda accusent la France   Mar 3 Juil - 7:26

Le Rwanda revient hanter la France
Des documents montrent que l’Elysée avait été alerté très tôt du risque d’un génocide.
Par THOMAS HOFNUNG
QUOTIDIEN : mardi 3 juillet 2007

La France en aura-t-elle jamais fini avec son rôle supposé ou réel avant et pendant le génocide de 1994 au Rwanda ? Hier, les avocats de 6 survivants du carnage ont indiqué avoir demandé les auditions des anciens ministres des Affaires étrangères et de la Défense, Alain Juppé et Pierre Joxe, mais aussi de l’ex-secrétaire général de l’Elysée sous François Mitterrand, Hubert Védrine.

Audition. En 2005, les plaignants rwandais ont obtenu l’ouverture d’une information judiciaire pour «complicité de génocide et de crimes contre l’humanité» [i]visant [/i]des soldats de l’opération militaro-humanitaire Turquoise (été 1994). Leurs avocats fondent leur demande d’audition sur des documents d’archives remis récemment à la juge Florence Michon, du tribunal aux armées de Paris. Le quotidien le Monde a révélé, hier, l’existence de ces archives émanant de la présidence de la République. Ces documents montrent que l’Elysée, malgré ses dénégations, avait été alerté très tôt du risque d’un massacre généralisé au Rwanda.
Durant les années qui ont précédé le génocide contre les tutsis et les hutus modérés - au moins 800 000 morts -, la France était très impliquée au Rwanda. A la demande du président hutu, Juvénal Habyarimana, Paris a dépêché ses soldats, dès 1990, pour tenter de repousser les rebelles tutsis du Front patriotique rwandais (FPR) de Paul Kagamé. Les militaires français n’auraient pas combattu directement le FPR mais dirigé en sous-main les opérations. Dans le même temps, ils avaient assuré la formation de militaires qui ont joué, plus tard, un rôle crucial dans le génocide.
Fin 1993, après avoir pesé en faveur des accords d’Arusha (Tanzanie), qui prévoyait un partage du pouvoir entre hutus et tutsis, Paris rapatriait ses soldats, cédant la place à l’ONU. Mais, le 6 avril 1994, le président Habyarimana mourait dans le crash de son avion, abattu par un missile. Aussitôt, les massacres commençaient. Les autorités de Kigali, qui reprochent à Paris de ne s’être jamais excusé, ont rompu leurs relations diplomatiques avec la France en novembre 2006. En 1998, une mission parlementaire d’information avait conclu à des manquements graves de la France, tout en rejetant l’accusation de complicité.
«Vieille thèse». Le Monde cite pourtant un télégramme diplomatique daté du 19 janvier 1993, rédigé par l’ambassadeur Georges Martres. Ce dernier rapporte un témoignage selon lequel le président rwandais Habyarimana aurait donné «l’ordre de procéder à un génocide systématique». Un mois plus tard, la DGSE évoquait «un vaste programme de purification ethnique [.] contre les tutsis».
«Il n’y a rien de nouveau dans ces documents, réagit le socialiste Paul Quilès, qui a dirigé la mission d’information. C’est la vieille thèse de Mitterrand complice du génocide ! Pourquoi, dans ce cas, la France aurait-elle pesé en faveur des accords d’Arusha?» Selon le chercheur Olivier Lanotte (1), «ces documents prouvent une chose : très tôt, les infos du terrain sont remontées jusqu’à l’Elysée».
(1) Auteur de La France au Rwanda (1990-1994), Éd. P.I.E. Peter Lang (Bruxelles)
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MessageSujet: Re: Des archives de l'Elysée sur le Rwanda accusent la France   Mar 3 Juil - 9:20

LA FRANCE FACE AU GENOCIDE RWANDAIS


Histoires officielles

NOUVELOBS.COM | 03.07.2007 | 08:21
LA FRANCE a-elle ou n’a-t-elle pas, par la présence de ses troupes, favorisé le génocide de Tutsis au Rwanda de 1994 ? A cette question sans cesse débattue, de nouveaux documents viennent d’apporter une réponse sans appel, si l’on en croit des documents révélés par le journal Le Monde. Dès le début octobre 1990, "les prémices du génocide étaient visibles", affirme le quotidien. Il cite un télégramme diplomatique du 12 octobre du colonel René Galinié, alors attaché de défense à Kigali, qui s'alarme de la multiplication des arrestations arbitraires de Tutsis ou de personnes proches des intérêts des Tutsis par le régime du président hutu Juvenal Habyarimana. "Il est à craindre que ce conflit finisse par dégénérer en guerre ethnique", écrit l'officier.
L’élucidation du mystérieux attentat du 6 avril 1994 perpétré contre l’avion du président rwandais Habyarimana (et qui a aussi tué le président du Burundi, Cyprien Ntaryamira, ainsi que l’équipage français de l’appareil), est au centre de nombreuses polémiques. A tort ou à raison, cet événement est considéré comme le "déclencheur" du génocide. Il va de soi qu’un génocide ne s’improvise pas et les preuves sont nombreuses (et accablantes) de son organisation bien en amont. Tout au plus cet attentat a précipité les choses. Trouver le commanditaire de l’attentat est devenu un enjeu politique majeur en particulier parce que la France s’attache depuis longtemps à masquer ses responsabilités dans le génocide en présentant une histoire révisée dans laquelle le Front Patriotique Rwandais (FPR) de Paul Kagame serait le vrai responsable du massacre de 800.000 Tutsis, ou du moins l’aurait laissé commettre et aurait encouragé son déclenchement afin de mieux s’emparer du pouvoir et mettre fin au processus démocratique des accords d’Arusha soutenu par la France. A cette histoire officielle française s’oppose une autre histoire officielle, celle du gouvernement rwandais, dans laquelle la France est non seulement complice du génocide mais a aussi permis la fuite des génocidaires par le biais de l’opération Turquoise. JMB

(le mardi 3 juillet 2007)
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MessageSujet: Re: Des archives de l'Elysée sur le Rwanda accusent la France   Mar 3 Juil - 9:56

Rappels sur le Site de Survie:

Bien que la Commission d'enquête citoyenne ait publié depuis plusieurs mois des documents issus du même fond que ceux de l'avocat des plaignants rwandais, les journalistes français s'emparent du sujet car Le Monde se décide enfin à parler du fond des choses... Colombani qui avait perdu ses procès contre Jean -Paul Gouteux au sujet du Rwanda, vient de quitter la direction du journal Le Monde. Alain Minc son Président est sur la sellette, les langues se délient et la rédaction prend son autonomie.


Voir informations sur le site de la CEC en rubrique Actualités



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MessageSujet: Re: Des archives de l'Elysée sur le Rwanda accusent la France   Mar 3 Juil - 11:22

Rwanda : la France complice du génocide


par Olivier Bonnet, 3 July 2007


Oui, la France savait.
Le président François Mitterrand a affirmé à la télévision, le 14 juillet 1994 : “Les Français sont partis plusieurs mois avant le déclenchement de ce génocide qui a suivi l’assassinat des présidents du Rwanda et du Burundi. A ce moment-là, on nous a suppliés de revenir en nous disant: “[i]Sauvez les casques bleus, ramenez les Français, les Belges, les étrangers qui se trouvent au Rwanda“, ce que nous avons fait.(…) [/i]Nous avons sauvé des dizaines, des milliers de gens, de pauvres gens qui avaient déjà supporté beaucoup de souffrances.” Mais cette version de l’histoire est un pur mensonge, comme l’écrivait déjà en 1997 le journaliste Mehdi Ba, dans Rwanda, un génocide français (ouvrage réactualisé en 2004). De nouvelles preuves accablantes viennent d’être dévoilées dans l’édition d’hier du quotidien Le monde, qui dissèque le contenu de plusieurs volumes d’archives de l’Elysée transmis au tribunal aux armées. Ainsi, lorsque le régime du président rwandais Juvénal Habyarimana appelle la France au secours, le 3 octobre 1990, pour le défendre contre l’offensive menée par les hommes de Paul Kagamé et son Front Patriotique Rwandais, soutenu par l’Ouganda, les premiers signaux d’alerte sont adressés à Mitterrand dès le 12. Après que plusieurs milliers de Tutsis, ainsi que des Hutus considérés comme amis des Tutsis, ont été arrêtés dans la capitale Kigali, le colonel Galinié, attaché de défense sur place, écrit ce jour-là dans un télégramme : “Il est à craindre que ce conflit finisse par dégénérer en guerre ethnique“. Le lendemain, c’est l’ambassadeur de France Georges Martres qui prend la plume : “Les paysans hutus organisés par le MRND [parti du président] ont intensifié la recherche des Tutsis suspects dans les collines. Des massacres sont signalés dans la région de Kibilira (…) [les paysans] participent de plus en plus à l’action militaire à travers des groupes d’autodéfense armés d’arcs et de machettes“. Dix jours à peine après l’envoi d’une compagnie du 2ème régiment étranger de parachutistes, le détachement Noroit, les massacres ont donc déjà commencé et la France le sait. Elle maintiendra pourtant durant trois ans des effectifs militaires qui grimperont jusqu’à 680 hommes pour soutenir le régime génocidaire. En cause, la volonté de ne pas laisser le champ libre au monde anglo-saxon, représenté par Kagamé et ses alliés ougandais. On défend donc Habyarimana, coûte que coûte. Il est le chef des massacreurs mais l’ami de la France… Alors on lui dépêche 80 conseillers pour former ses soldats, le lieutenant-colonel Gilbert Canovas exerçant même la fonction de conseiller du chef d’état-major de l’armée rwandaise. “Des soldats de notre pays ont formé, sur ordre, les tueurs du troisième génocide du XXe siècle. Nous leur avons donné des armes, une doctrine, un blanc-seing“, accuse en 2004 le journaliste du Figaro Patrick de Saint-Exupéry, dans son livre L’inavouable - La France au Rwanda. Cette implication directe de la France était donc connue depuis longtemps, mais les archives de l’Elysée fournissent de nouveaux éléments démontrant bien à quel point les autorité françaises savaient ce qu’elles faisaient.
Annonce du plan de génocide systématique dès janvier 1993
Elles sont par exemple averties le 19 janvier 1993, par un nouveau télégramme de l’ambassadeur Martres, que le président rwandais aurait lui-même intimé “l’ordre de procéder à un génocide systématique en utilisant, si nécessaire, le concours de l’armée et en impliquant la population locale dans les assassinats“. Le 18 février, c’est au tour de la DGSE d’envoyer une note dénonçant les “véritables massacres ethniques” et un “vaste programme de purification ethnique dirigé contre les Tutsis“. Mais le FPR menace de gagner la guerre, alors on envoie des renforts français en soutien des futurs génocidaires. Et quand l’avion du président Habyarimana est abattu, le 6 avril 1994, le génocide commence comme prévu. Le diplomate Bruno Delaye, conseiller Afrique de l’Elysée, informe son patron de tueries d’une “ampleur horrifiante : de l’ordre de 100 000 morts, selon les responsables du CICR (…). Les milices hutues, armées de grenades et de machettes, massacrent les Tutsis qui n’ont pas pu trouver refuge“. Du début à la fin, la France était parfaitement au courant de la tragédie qui se déroulait. C’est cette vérité que fait une nouvelle fois éclater les révélations du Monde. Qui s’exonère pourtant de tout mea culpa. Or sa couverture des événements fut à l’époque proprement scandaleuse, comme le montre l’enquête du chercheur Jean-Paul Gouteux, titrée de façon éloquente Le Monde, un contre-pouvoir ? Désinformation et manipulation sur le génocide rwandais, ainsi présentée par le collectif Les mots sont importants : “Non seulement le journal a mis très longtemps avant de parler du déchaînement de violence que plusieurs témoins avait pu constater depuis avril 1994. Mais les reportages ont tendu systématiquement à diluer les rôles respectifs de chacun, présentant le génocide comme des massacres inter-ethniques, impliquant le régime au pouvoir, mais aussi les rebelles du FRP (combattants ougandais). L’auteur montre l’omniprésence, chez certains journalistes du [i]Monde, d’une grille de lecture ethniciste, qui nie les ressorts politiques du génocide et le réduit à une guerre tribale, entre deux ethnies antagonistes depuis des siècles. Les spécialistes de la région ont pourtant à de nombreuses reprises réfuté cette vision du Rwanda, rappelant que hutis et les tutsis ont la même langue, la même culture et vivent ensemble. L’idée selon laquelle la conscience politique se réduit, chez les Africains, à simples réflexes de solidarité ethnique, reste encore très profondément ancrée en France. L’auteur déploie une analyse très minutieuse (les articles sont longuement cités, de même que les journalistes mis en cause), et il essaie de comprendre leurs motivations (liens avec les services secrets français, soutien à François Mitterrand, ou réflexes intellectuels profondément ancrés dès qu’il s’agit de l’Afrique). Précisons que [/i]Le Monde a attaqué en justice Jean-Paul Gouteux, et que le journal a été débouté de sa plainte, les juges reconnaissant la qualité et le sérieux de l’enquête.” Sont particulièrement accusés Jean-Marie Colombani et Jacques Isnard.
Pour en finir avec la responsabilité de la France dans le génocide rwandais - qui pourrait prochainement connaître des suites judiciaires, puisque l’on a appris hier que six survivants ont demandé à la justice l’audition des anciens ministres Alain Juppé et Pierre Joxe, d’Hubert Védrine et de plusieurs militaires -, l’Observatoire permanent de la coopération française, formé d’une quarantaine d’experts, africanistes et responsables d’ONG, livre sur ce sanglant épisode des conclusions terrifiantes : “La France (…) a soutenu militairement le régime Habyarimana, l’armant, voire combattant à ses côtés ; elle a instruit, renforcé ou “assisté” certains des éléments qui exécuteront le génocide (Garde présidentielle, une partie de l’armée, milices d’”autodéfense”) ; elle a favorisé la division de l’opposition démocratique, pivot des accords d’Arusha [qui ont tenté de mettre un terme à la guerre civile, le 4 août 1993, Ndlr] ; elle n’a pas rompu, durant le génocide, avec ses principaux responsables, constitués en “gouvernement intérimaire” - le soutenant diplomatiquement, et facilitant, selon plusieurs sources, la poursuite des livraisons d’armes ; elle a reconnu beaucoup trop tardivement le génocide, faisant obstacle, avec d’autres, à une réaction rapide de la Communauté internationale“.
On dénombre quelque 800 000 victimes. Quelque chose à objecter, messieurs les pourfendeurs de la “repentance” ?
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MessageSujet: Re: Des archives de l'Elysée sur le Rwanda accusent la France   Mar 3 Juil - 16:18

Rwanda : la France savait

La France a soutenu le régime rwandais alors qu'elle avait connaissance dès 1990 de "prémices du génocide de 1994 au Rwanda et cela contrairement à ce qu'elle a affirmé. C'est ce que révèle le journal Le Monde qui cite des archives de la présidence française. D’anciens ministres pourraient être entendus par la justice….


En 98, une mission d'information du Parlement français avait pourtant exclu toute responsabilité directe de Paris dans le drame.

Trois ans plus tôt soit en 1995, une enquête a cependant été ouverte au Tribunal des Armées de Paris elle fait suite à la plainte déposées par des ressortissants rwandais, contre l'Armée française pour "complicité de génocide". Les archives de la présidence de la République constituées de notes, de conseillers du président Mitterrand, de conseils des ministres ou encore de télégrammes diplomatiques ont alors été transmis à la juge d’instruction en charge du dossier, Ces documents officiels montrent l'obstination du Président français à soutenir le régime Habyarimana considéré comme seule digue face à l'influence anglo-saxonne dans la région, quitte écrit le Monde à négliger les signaux d'alerte sur les premiers massacres.

En octobre 90, l'attaché militaire français à Kigali envoie un télégramme diplomatique qui signale des arrestations arbitraires de Tutsis et la tension qui risque dit-il de dégénérer en guerre ethnique. En janvier 93, l'Ambassadeur de France fait savoir à Paris que selon un témoignage crédible le Président Habyarimana a intimé l'ordre de procéder à un génocide systématique avec le concours de l'armée et en impliquant la population locale. De quoi contredire la version officielle d'une France qui ne savait rien. Des ex ministres pourraient donc être entendus par la justice.

Pour rappel, le président Habyarimana a été assassiné le 6 avril, donnant le coup d'envoi d'un génocide qui a fait 800.000 morts, essentiellement des membres de la minorité tutsie et des opposants hutus, en une centaine de jours.
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MessageSujet: Re: Des archives de l'Elysée sur le Rwanda accusent la France   Mar 3 Juil - 19:41

Génocide au Rwanda : la France savait
Des archives officielles prouvent que Paris était informé des risques de massacres au Rwanda avant 1994.

L’information judiciaire pour « complicité de génocide et de crimes contre l’humanité » ouverte contre les militaires de l’opération turquoise en 2005 est relancée en France. De nouveaux documents attestent que l’Etat français connaissait les risques de violences ethniques depuis 1990. Les plaignants réclament l’audition d’anciens hauts fonctionnaires et ministres français.

mardi 3 juillet 2007, par Julien Clémençot
L’information judiciaire pour « complicité de génocide et de crimes contre l’humanité » ouverte contre les militaires de l’opération turquoise en 2005 est relancée en France. De nouveaux documents attestent que l’Etat français connaissait les risques de violences ethniques depuis 1990. Les plaignants réclament l’audition d’anciens hauts fonctionnaires et ministres français.

L’Etat français connaissait les risques d’affrontements ethniques au Rwanda dès 1990. C’est ce que prouvent les documents publiés par Le Monde dans son édition du 3 juillet. Ces archives officielles mises à jour par les avocats de 6 Rwandais rescapés des massacres de 1994 ont été transmises récemment au juge Florence Michon. En 2005, maîtres Antoine Comte et William Bourdon ont obtenu l’ouverture d’une information judiciaire pour « complicité de génocide et de crimes contre l’humanité » visant les soldats de l’opération militaro-humanitaire Turquoise (été 1994).

Les auditions de Pierre Joxe et Alain Juppé demandées

Les plaignants s’appuient sur ces nouvelles informations pour demander l’audition par la magistrate des ex-ministres de la Défense et des Affaires étrangères, Pierre Joxe et Alain Juppé, des anciens ambassadeurs au Rwanda Georges Martres et Jean-Michel Marlaud, ainsi que d’Hubert Védrine, ex-secrétaire général de l’Elysée sous François Mitterrand. De 1990 à 1993, la France a envoyé un détachement de parachutistes afin d’aider le gouvernement du président Juvénal Habyarimana à repousser les rebelles tutsis du Front patriotique rwandais de Paul Kagamé. Même s’ils n’ont pas directement participé aux combats, les soldats français ont joué un rôle crucial dans les massacres de 1994 en formant les militaires.

Ce rebondissement dans l’affaire du génocide rwandais n’émeut pas Paul Quilès. En 1998, l’ancien député socialiste présidait une mission parlementaire qui devait faire la lumière sur l’implication de la France au Rwanda en 1994. « Il n’y a rien de nouveau dans ces documents. C’est la vieille thèse de Mitterrand complice du génocide ! Pourquoi, dans ce cas, la France aurait-elle pesé en faveur des accords d’Arusha [1] ? », a-t-il déclaré à Libération lundi.

Paris bloque une commission rogatoire

Jusqu’à ce jour, les autorités françaises se sont bornées à reconnaître une coopération militaire classique avec Kigali. Le général Jean-Claude Lafourcade, commandant de l’opération Turquoise, le lieutenant-colonel Jacques Hogard, commandant du groupement Ouest, et le colonel Patrice Sartre, chef du groupement Nord, n’ont eux aussi guère varié dans leurs déclarations depuis 1998, indique Le Monde. Selon eux, la France peut s’enorgueillir de son action humanitaire lors de l’opération Turquoise. Pourtant, il semble que Paris ne mette pas tout en œuvre pour faire aboutir les démarches des juges chargés de l’enquête. Le Monde révèle que le Quai d’Orsay a bloqué pendant 6 mois une commission rogatoire destinée aux autorités rwandaises. Une demande d’information sur la présence française au Rwanda en 1994 que la magistrate Florence Michon a finalement dû transmettre elle-même à Kigali cette année. 800 000 personnes, principalement tutsies, ont été massacrées entre avril et juin 1994 suite au meurtre du président rwandais Juvénal Habyarimana.


[1] Accord entre l’État Rwandais et le Front patriotique rwandais en 1993
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Des archives de l'Elysée sur le Rwanda accusent la France

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