Deux hommes non encore identifiés, armés de grenades ont attaqué le Mémorial de génocide de Gisozi, dans la ville de Kigali, où étaient réunies plusieurs dizaines de personnes lors d’une veillée organisée en la mémoire des victime de cette tragédie, a-t-on appris vendredi de source policière dans la capitale rwandaise.
"C’est vrai, le Mémorial du génocide de Gisozi a été attaqué hier (jeudi) soir et un policier a été tué au cours de cet attentat nocturne", a déclaré le porte-parole de la police rwandaise, l’inspecteur Willy Marcel Higiro.
Personne d'autre n'a été blessée lors de l’attaque, mais plusieurs automobiles stationnées tout près du mémorial ont été endommagées.
"Il n'y a pas eu des dégâts matériels à l’instant, mais les enquêtes policières se poursuivent pour identifier les auteurs de cet attentat", a-t-il ajouté.
Selon la police, cette attaque contre un mémorial du génocide est la première de grande envergure au Rwanda.
Mercredi soir, un homme d’une trentaine d’années, armé d’une grenade, avait tenté de se faufiler dans la foule regroupée sur le site du mémorial du génocide de Gisozi, avant que la police ne l’interpelle après l’avoir suspecté, a indiqué à la PANA un témoin oculaire sur place.
Après avoir été interpelé par la police, l’homme a fait semblant de vouloir s’échapper du lieu, avant de lancer une grenade où était installée une patrouille de policiers chargée de la sécurité du mémorial, selon la même source.
"Cette attaque constitue une preuve d’une idéologie génocidaire qui persiste dans le pays", a commenté pour sa part Théodore Simburudali, président d’Ibuka (Souviens-toi), une des principales organisations des rescapés.
Le Mémorial du génocide de Gisozi (le plus grand du pays), une colline surplombant la ville de Kigali, abrite quelque 250 000 corps des victimes du génocide de 1994, apprend-on de source concordante.
Le Rwanda a connu un génocide en 1994 au cours duquel plus de 800.000 personnes, essentiellement de la communauté tutsie, ont été tuées durant les 100 jours des massacres, selon les estimations de l’ONU.