| | | Relations France - Rwanda | |
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BernardPat Membre confirmé

Nombre de messages: 603 Localisation: Ibuka France Date d'inscription: 28/04/2005
 | Sujet: Re: Relations France - Rwanda Lun 4 Fév - 6:22 | |
| Et, au sujet du génocide de 1994 qui a causé la mort de 800 000 Rwandais et du rôle de la France, il a déclaré : « C’était certainement une faute politique. On ne comprenait pas ce qui se passait. Mais il n’y a pas de responsabilité militaire. » Prétendre qu’« on ne comprenait pas ce qui se passait » est une mauvaise plaisanterie. Les autorités françaises avaient dépêché sur place, au Rwanda, des soldats, des diplomates, des conseillers qui encadraient l’ancien régime. Tout ce petit monde était parfaitement au courant du massacre qui s’annonçait et qui n’était d’ailleurs pas le premier du genre, même si celui-là a dépassé tous les précédents en horreur. La seule chose que les conseillers français n’ont sans doute pas comprise (est-ce là la « faute politique » ?), c’était que les rebelles allaient finalement gagner. Et pour finir, le bouquet, c’est cette absence de « responsabilité militaire » selon Kouchner ! La France a fourni de l’armement, des instructeurs, des conseillers militaires au régime en place, sur lequel elle misait. Il est même probable que des militaires français ont participé à des combats contre les rebelles, avant le déclenchement du génocide. La France a même été accusée d’avoir continué à envoyer des armes aux massacreurs, pendant la période où le massacre battait son plein. Enfin, lorsque les massacreurs ont été vaincus, l’armée française a expédié une mission prétendument humanitaire. Ce qu’elle n’avait pas fait pour sauver les victimes du massacre, elle l’a fait pour sauver un certain nombre de ses auteurs. Ce fut l’« opération Turquoise ». Kouchner est décidément devenu un spécialiste en matière en blanchiment des coupables. À propos de l’exploitation d’un gisement de gaz par Total en Birmanie, il avait exonéré le trust de la responsabilité du travail forcé imposé par la junte locale aux populations pour préparer la construction d’un gazoduc. Certes il y avait bien eu du travail forcé, admettait Kouchner, mais Total n’avait fait qu’en profiter, c’était les dictateurs birmans qui avaient manié le fouet. Kouchner, ex-« french doctor », de gauche s’il vous plaît, est vraiment bon à tout faire : à servir de caution à des trusts, à des massacreurs... et à Sarkozy. LO |
|  | | ibukafrance Rang: Administrateur

Nombre de messages: 3192 Localisation: Administrateur Date d'inscription: 24/04/2005
 | Sujet: Re: Relations France - Rwanda Dim 13 Avr - 5:09 | |
| Paul Kagamé : "Le Rwanda n’est pas sous juridiction française" RWANDA - 11 avril 2008 - WEB Quatorze ans après le pire massacre collectif que l’Afrique ait connu, Paul Kagamé a remis le Rwanda sur les rails du progrès en appliquant une thérapie de choc : discipline de fer, développement à marche forcée et nationalisme ombrageux. Applaudi par les bailleurs de fonds anglo-saxons, il fait néanmoins l’objet d’enquêtes internationales. Dans un entretien exclusif accordé à Jeune Afrique (à paraître dans le n°2466), le chef de l’Etat rwandais s’est livré au jeu de la vérité. Rompues en novembre 2006 (à la suite de mandats d'arrêt émis par la justice française contre des proches de Paul Kagamé), les relations diplomatiques entre la France et le Rwanda ne sont pas près d’être rétablies. Le président rwandais estime que « le mal est profond et qu’il faudra du temps pour le résoudre ». Il trouve inacceptable que « la justice d’un pays comme la France, qui porte une responsabilité dans le génocide de 1994, se soit arrogée le droit d’inculper des leaders » de son pays. S’iI note les avancées réalisées par la France depuis quelques mois (« avec Nicolas Sarkozy, le Rwanda a enfin trouvé un interlocuteur ouvert »), il souligne toutefois que « le Rwanda n’est pas sous juridiction française. » Résolument tourné vers le futur, Paul Kagamé entend néanmoins publier, dans le courant de cette année, le rapport de la commission Mucyo sur l’implication de l’armée française dans le génocide : « C’est notre histoire, et le seul moyen d’avancer est justement de solder ce passé une fois pour toutes », déclare-t-il. Quitte à relancer la polémique autour de l’opération Turquoise, qui « n’a en rien stoppé le massacre des Tutsis », rappelle-t-il. Le président rwandais précise aussi que c’est le Front Patriotique Rwandais « qui a mis un terme au génocide pendant que toute la communauté internationale demeurait les bras croisés » et considère que les mandats d’arrêt lancés contre une quarantaine d’officiers rwandais s’apparente à de l’acharnement. « Cela relève de l’arrogance et du mépris absolu », dit-il. Mandats d’arrêt espagnol, procédures françaises… Pour Paul Kagamé, « tout cela est politique et n’a rien à voir avec la justice. » « Nous ne sommes pas des criminels de guerre. Nous nous sommes battus pour la liberté et les droits de notre peuple. » Le chef de l’Etat rwandais réfute toute accusation de crimes attribués à son armée, que ce soit au Rwanda ou en République Démocratique du Congo. Au sujet de la RD Congo, il nie aussi toute implication auprès du général déchu Laurent Nkunda : « Je ne m’occupe ni de Nkunda, ni de son mouvement. Leur sort et leurs revendications sont des affaires congolo-congolaises », déclare-t-il. Paul Kagamé revient également sur l’afflux de personnalités et investisseurs anglo-saxons au Rwanda : « Peut-être est-ce à cause de la façon avec laquelle nous sommes parvenus à surmonter la tragédie du génocide. Une récompense pour la qualité de notre gouvernance, pour le bas niveau de la corruption, pour la stabilité et la sécurité qui règnent ici », conclut-t-il. |
|  | | ibukafrance Rang: Administrateur

Nombre de messages: 3192 Localisation: Administrateur Date d'inscription: 24/04/2005
 | Sujet: Re: Relations France - Rwanda Dim 13 Avr - 7:49 | |
| Le président rwandais, Paul Kagame, estime que son pays “progresse sur la voie de la normalisation” avec Paris et que le président Nicolas Sarkozy est “un interlocuteur ouvert”, mais précise que les poursuites engagées en France contre neuf de ses proches restent un obstacle. Dans un entretien à l’hebdomadaire Jeune Afrique à paraître le 14 avril, M. Kagame juge que “l’on progresse sur la voie de la normalisation”. “Je crois qu’avec l’administration Sarkozy, le Rwanda a enfin trouvé un interlocuteur ouvert”, dit-il. Mais “le problème, je dirais le mal, est profond et il faudra du temps pour le résoudre”, ajoute-t-il, en référence au rôle de la France avant et pendant le génocide de 1994 au Rwanda, qui a fait plus de 800.000 morts essentiellement parmi la minorité tutsie. Kigali accuse notamment Paris d’avoir soutenu les forces qui ont commis les massacres, ce que la France a toujours nié. Le Rwanda attend une “reconnaissance, par l’Etat français, de ses responsabilités passées”, répète M. Kagame, avant de préciser: “Que cette reconnaissance prenne la forme d’excuses, de repentance ou d’autre chose, cela m’importe peu”. Interrogé sur les déclarations de M. Sarkozy qui, en décembre, a reconnu des “erreurs” de la France, et celles du chef de la diplomatie Bernard Kouchner qui, en janvier à Kigali, a parlé de “faute politique”, M. Kagame répond: “C’est très bien”. Il laisse néanmoins entendre que l’obstacle principal à la normalisation restent les mandats d’arrêts émis en novembre 2006 par le juge Jean-Louis Bruguière contre neuf de ses proches dans le cadre de l’enquête sur l’attentat, du 6 avril 1994, contre le président rwandais de l’époque, Juvénal Habyarimana, qui avait déclenché le génocide. Ces poursuites avaient entraîné la rupture par Kigali des relations diplomatiques avec Paris. “Il est totalement inacceptable à nos yeux que la justice d’un pays comme la France, qui porte une responsabilité dans le génocide de 1994, se soit arrogé le droit d’inculper des leaders de ce pays”, commente M. Kagame. “Le Rwanda n’est pas sous juridiction française. Imaginer cela, c’est faire preuve d’arrogance et d’ignorance”, ajoute-t-il. M. Kagame se dit “parfaitement conscient” du fait que le gouvernement français ne peut intervenir dans ce dossier sans être accusé de faire pression sur la justice. “Qu’y puis-je? C’est l’affaire de la France”, poursuit-il. “Je reconnais au président Sarkozy et au ministre Kouchner le courage politique d’avoir fait bouger les lignes (…) mais il faut que le cadre de cette négociation soit global. Pas question de séparer le diplomatique du judiciaire”, affirme le président rwandais. Il fustige également les mandats d’arrêts émis en février par la justice espagnole à l’encontre de 40 officiers de l’armée rwandaise accusés de génocide. “Cela relève de l’arrogance et du mépris le plus absolu”, dit-il, ajoutant: “Tout cela est politique et n’a rien à voir avec la justice”. Au sujet des arrestations et poursuites en France contre des Rwandais accusés de génocide, M. Kagame indique qu’il “accorde, pour l’instant, le bénéfice du doute” à la justice française. “Aucun génocidaire n’a encore été jugé en France et certains d’entre eux ont été remis en liberté, mais je ne suis pas pressé d’émettre un jugement définitif. J’attends et je vois”, dit-il encore. cls/abm/abx |
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Nombre de messages: 3192 Localisation: Administrateur Date d'inscription: 24/04/2005
 | Sujet: Re: Relations France - Rwanda Mar 29 Avr - 6:22 | |
| Le ministre rwandais de la justice, Tharcisse Karugarama, a demandé que des sanctions soient prises contre les juges francais Jean Louis Bruguière et espagnol Fernando Merelles, a rapporté dimanche la radio nationale rwandaise . « Ces juges répandent des faussetés sur le génocide des Tutsi du Rwanda et le font sciemment pour des intérets plutôt politiques . Nous demandons aux différents Etats de sanctionner de tels agissements» a dit M. Karugarama mercredi dernier lors d’une conférence qui s'est tenue à Dublin en Irlande . Selon la radio, le ministre rwandais de la justice a demandé aux gouvernements représentés lors de cette conférance de ne pas accorder de crédit aux propos de ces juges et de prendre des mesures contre tous ceux qui soutiennent et propagent l’idéologie du génocide. Il a exprimé la gratitude du Rwanda envers certains Etats, comme la Belgique, la Grande Bretagne, les Etats-Unis d’Amérique, les Pays-Bas, la Finlande, la Nouvelle Zélande et la France, qui ont contribué à l’ arrestation des présumés auteurs du génocide de 1994. Karugarama est également revenu sur la réforme judiciaire au Rwanda en la présentant comme un mécanisme nécessaire à l’ accélération des procès liés au génocide et comme une pierre angulaire à la restauration de l’ unité et la réconciliation nationale. Les 9 mandats d’arrêts du juge français Bruguière et les 40 du juge espagnol Fernando, émis respectivement les 17 novembre 2006 et 6 fevrier 2008, concernent des membres du front patriotique rwandais (FPR) proches du Président Paul Kagame accusés de complicité dans la mort de l’ex-Président Juvénal Habyarimana pour les premiers et de génocide et de crimes contre l’humanité pour les autres. |
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Nombre de messages: 3192 Localisation: Administrateur Date d'inscription: 24/04/2005
 | Sujet: Re: Relations France - Rwanda Dim 23 Nov - 20:07 | |
| Kouchner espère que l'affaire Kabuye aidera à une normalisation avec Kigali PARIS, 23 nov 2008 (AFP) - 23/11/2008 18h55 Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a souhaité dimanche que la mise en examen en France de Rose Kabuye, une proche du président rwandais Paul Kagame, puisse faciliter une reprise des relations diplomatiques entre Paris et Kigali. "J'espère que cela va permettre que, enfin, on rétablisse" ces relations rompues en 2006 par le Rwanda après l'émission par la justice française de mandats d'arrêts internationaux contre des proches de M. Kagame, dont Mme Kabuye, a-t-il dit au cours de l'émission Internationales de Radio France Internationale, TV5 Monde et le journal Le Monde. Mme Kabuye est soupçonnée d'être impliquée dans l'attentat du 6 avril 1994 contre l'avion du président rwandais de l'époque Juvénal Habyarimana, qui avait été tué dans l'explosion, ainsi notamment que l'équipage français de l'appareil. Cet attentat avait marqué le début du génocide perpétré par les extrémistes hutus principalement contre la population tutsie, à laquelle appartient M. Kagame, qui avait fait quelque 800.000 morts selon l'ONU. M. Kouchner a fait valoir que Mme Kabuye pourra désormais avoir accès au dossier, et a souhaité que cela puisse dissiper les "malentendus" qui se sont accumulés entre les deux pays au sujet du génocide. "J'espère que ayant accès au dossier, elle pourra, grâce à ses avocats, dissiper ces énormes malentendus, je le souhaite infiniment, il faut que l'on rétablisse, avec ceux qui ont subi le génocide, avec ce Rwanda qui renaît, des relations normales", a déclaré M. Kouchner. Le Rwanda a à de nombreuses reprises accusé la France de collusion avec les responsables du génocide. Paris de son côté a toujours récusé toute responsabilité dans ces massacres. Interrogé pour savoir s'il considérait que le président Kagame avait une responsabilité dans l'attentat contre M. Habyarimana, M. Kouchner a répondu qu'il n'en "savait rien", et a estimé que le génocide aurait eu lieu de toutes façons.
"J'y étais, j'étais le seul Français à être là pendant le génocide, je peux vous dire qu'il a été préparé, qu'il a été déterminé, et je ne sais pas si c'est l'avion qui l'a déclenché, mais il aurait été déclenché de toutes façons".
"Ce n'est pas ça qui compte, c'est le génocide", a-t-il dit, en accusant les tenants de la thèse selon laquelle il aurait également un génocide des Tutsis contre les Hutus. "Maintenant il y a une théorie chez les révisionnistes qui s'appelle le deuxième génocide, je ne peux pas supporter ça", a-t-il dit.
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Nombre de messages: 3192 Localisation: Administrateur Date d'inscription: 24/04/2005
 | Sujet: Re: Relations France - Rwanda Lun 24 Nov - 11:11 | |
| « Le Rwanda a bien vécu un génocide » Samedi, à Marsannay-la-Côte, la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA) de Dijon organisait une conférence sur le thème : « Prévenir les génocides et combattre leur négation. Le cas du Rwanda ». Le Bien public.- Pourquoi abordez-vous ce thème ? Alain David.- 2008 marque les 60 ans de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948. Une déclaration symbolique après la Seconde Guerre mondiale et le génocide mené en référence à l'idéologie nazie. Ensuite, l'actualité concernant le génocide du Rwanda, perpétré entre avril et juillet 1994 et qui aurait fait 800 000 morts a été relancée avec le rapport Mucyo, réalisé au Rwanda par une commission indépendante chargée de rassembler les preuves montrant l'implication de l'Etat français dans ce génocide. LBP.- Que montre ce rapport ? AD.- Personne ne peut dire que la France a voulu ce génocide, mais il existe des éléments qui montrent qu'il y a eu une complicité de l'Etat français. Le 7 avril 94, c'est à l'ambassade de France, à Kigali, que se réunissent les membres du gouvernement génocidaires. Il y a aussi la protection apportée aujourd'hui par la France à des personnes clairement soupçonnées d'avoir planifié ou mené le génocide. Le problème c'est qu'à l'époque, la France avait un gouvernement de cohabitation. Aujourd'hui, ni la droite, ni la gauche n'ont intérêt à ce que toute la lumière soit faite sur les responsables de ce drame. LBP. - Le cas rwandais est-il emblématique de la notion juridique du génocide ? AD.- Absolument. Faites le calcul : 800 000 morts en trois mois, c'est pire que ce qui a été fait à Auschwitz. Nous nous battons pour que ces dossiers ne laissent pas de prises à ceux qui ont intérêt à les nier ou les minimiser. C'est un combat juridique compliqué. Propos recueillis par Berty ROBERT |
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Nombre de messages: 3192 Localisation: Administrateur Date d'inscription: 24/04/2005
 | Sujet: Re: Relations France - Rwanda Lun 24 Nov - 11:15 | |
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Nombre de messages: 3192 Localisation: Administrateur Date d'inscription: 24/04/2005
 | Sujet: Re: Relations France - Rwanda Mar 25 Nov - 14:34 | |
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|  | | ibukafrance Rang: Administrateur

Nombre de messages: 3192 Localisation: Administrateur Date d'inscription: 24/04/2005
 | Sujet: Re: Relations France - Rwanda Mer 26 Nov - 19:52 | |
| France-Rwanda : l’heure de la vérité « Maintenant, c’est le moment de la vérité avec la France. Nous avons été à plusieurs reprises déçus par la justice internationale et nous souhaitons que cette justice ne soit pas le monopole exclusif des riches et des puissants. » À la suite de l’arrestation en Allemagne de Rose Kabuye, responsable du protocole à la présidence rwandaise, les propos de Louise Mushikiwabo, ministre rwandaise de l’Information, sont éloquents. En décidant de mettre dans les mains de la justice française l’une des leurs – l’ancienne maquisarde du Front patriotique rwandais (FPR) a été entre-temps extradée à Paris –, les autorités de Kigali passent à l’offensive dans la bataille judiciaire qui les oppose à la France. Cette dernière est maintenant obligée d’exhiber les preuves étayant la demande de mandats d’arrêt internationaux émis en 2006 par le juge français Bruguière et visant Kabuye, ainsi que huit autres personnes accusées d’avoir participé à l’attentat du 6 avril 1994 contre l’ancien président Habyarimana. Des preuves déjà assez fragiles et qui se sont complètement évaporées… Trois jours après l’interpellation de cette proche du président Kagame, le témoin principal de l’accusation, l’ancien militaire du FPR Josué Ruzibiza, se rétractait, en déclarant avoir été manipulé. Si l’on peut prévoir l’échec de l’initiative judiciaire engagée par Paris contre le pouvoir en place au Rwanda, l’interpellation de Rose Kabuye a également été condamnée par de nombreuses personnalités africaines. Le président de la Commission de l’Union africaine, Jean Ping, les responsables des secrétariats de la Conférence internationale de la région des Grands Lacs et du Tribunal international pour le Rwanda, et bien d’autres, ont tous accusé de partialité le système de la justice international. Un enjeu qui en cache un autre dans la longue crise franco-rwandaise. Luigi Elongui |
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Nombre de messages: 3192 Localisation: Administrateur Date d'inscription: 24/04/2005
 | Sujet: Re: Relations France - Rwanda Ven 28 Nov - 7:41 | |
| L’arrestation en Allemagne début novembre puis le transfert en France de Rose Kabuye, une proche du président rwandais actuel Paul Kagamé, fait suite au mandat d’arrêt international lancé par le juge français Bruguière dans le cadre de son enquête sur l’assassinat du président rwandais Juvénal Habyarimana. Cet attentat meurtrier avait été l’élément déclencheur du génocide au Rwanda en1994. Les extrémistes Hutus au pouvoir, soutenus par la France, avaient saisi ce prétexte pour exterminer les Tutsis et les Hutus modérés, faisant près d’un million de victimes. La victoire militaire des forces rebelles du Front patriotique rwandais (FPR), dirigé par Kagamé, avait mis fin au génocide. À l’époque, en France, François Mitterrand était président de la République, Édouard Balladur Premier ministre, l’amiral Lanxade chef d’état-major, et Nicolas Sarkozy porte-parole du gouvernement. Depuis quatorze ans, contre toute vérité le gouvernement français nie son implication dans le génocide rwandais. Il multiplie les contre-feux pour détourner l’attention : la procédure décidée par le juge Bruguière en fait partie. Celui-ci accuse le président Kagamé d’être à l’origine de l’attentat, et donc d’avoir sciemment déclenché le génocide qui se préparait. Il y a deux ans, il a même lancé des mandats d’arrêt internationaux contre Kagamé et certains de ses proches ! La ficelle était un peu grosse, le gouvernement rwandais avait aussitôt rompu toutes relations diplomatiques avec la France. Et en août 2008 il répliquait aux accusations françaises en publiant un rapport sur l’implication de la France dans le génocide. Kagamé menaçait de lancer à son tour des mandats d’arrêts internationaux contre des hommes politiques et des militaires français, responsables de ce qui avait eu lieu au Rwanda. L’arrestation de la diplomate rwandaise sur demande de la France intervient donc dans ce contexte tendu entre les deux pays. Un massacre programmé Quels que soientt les responsables de l’attentat, cela ne change rien au fond de l’affaire. Le génocide contre les Tutsis était programmé depuis longtemps. Et ce qui est incontestable, c’est le rôle joué par l’impérialisme français, et en premier lieu par François Mitterrand, dans le soutien au régime dictatorial d’Habyarimana, dans la préparation du massacre et dans son exécution. Les dirigeants français au pouvoir à l’époque connaissaient ces préparatifs. De 1990 à 1994, des officiers français étaient présents dans presque tous les organes de sécurité rwandais. Ce sont des militaires français qui ont formé l’armée rwandaise mais aussi les miliciens Interahamwe, bandes armées proches du pouvoir, fer de lance des massacreurs. Les gendarmes français avaient contribué au fichage informatique des Tutsis et des opposants politiques Hutus ; ce qui a facilité leur extermination. Enfin, les banques françaises ont aidé financièrement la dictature d’Habyarimana. La France responsable et coupable Entre 1990 et 1994, malgré de nombreux signes annonciateurs du massacre, à aucun moment le gouvernement français n’a changé de politique. Et quand celui-ci a commencé, il a continué à soutenir la dictature. En juillet 1994, pour éviter la débandade de l’armée rwandaise et des milices responsables du génocide, les militaires français sont intervenus pour organiser une prétendue « zone humanitaire sûre ». Mais c’était en réalité pour organiser le transfert des débris de l’appareil d’État rwandais au sud du pays puis au Congo voisin. Cette dernière opération militaire, dite « opération Turquoise », avait été directement pilotée par l’Élysée, les proches de Mitterrand l’informant quotidiennement du développement de la situation. L’arrestation de Rose Kabuye fait d’ores et déjà l’objet d’intenses tractations entre la France et le Rwanda. Quelle qu’en soit l’issue, une chose est sûre, les vrais responsables politiques et militaires du génocide ne sont pas sur le banc des accusés. Ils n’ont même jamais été inquiétés. Bien qu’ils aient le sang de tout un peuple sur les mains, ni un Mitterrand de son vivant, ni un Balladur, ni un Lanxade, ni aucun autre responsable politique ou militaire français n’a été à ce jour inquiété ou jugé pour leur politique criminelle au Rwanda. 26 novembre 2008 - Lutte Ouvrière - Vous pouvez consulter cet article à : http://www.lutte-ouvriere-journal.o... |
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