| | | Premier procés au Canada: Munyaneza | |
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ibukafrance Rang: Administrateur

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 | Sujet: Premier procés au Canada: Munyaneza Ven 23 Mar - 13:23 | |
| Dans une ordonnance rendue hier, le juge André Denis a interdit à quiconque de publier ou diffuser les noms et les photos des sept Rwandais qui commenceront à témoigner lundi contre Désiré Munyaneza, la première personne accusée au Canada en vertu de la Loi sur les crimes contre l'humanité et les crimes de guerre.Les sept hommes et femmes, venus au Canada pour ce procès, seront hébergés à Montréal dans des lieux secrets. Ils entreront dans la salle d'audience du palais de justice par une porte arrière, avant l'arrivée des journalistes et des membres du public. Un paravent a déjà été dressé pour qu'ils ne soient vus par personne, sauf les membres de la cour et l'accusé. M. Munyaneza, un Hutu âgé de 40 ans, était le fils d'un prospère commerçant en alcool de Butare, dans le sud du Rwanda, lorsque le génocide des Tutsis a commencé, en avril 1994. Selon l'acte d'accusation, il a lui-même participé au génocide; il a perpétré des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, notamment des viols. Environ 75 % du million de Tutsis habitant le Rwanda ont été exterminés en 100 jours par des milices hutues extrémistes formées par l'ancien président Juvénal Habyarimana. Des milliers de Hutus ont aussi été tués. Quelques mois après la défaite des milices génocidaires, M. Munyaneza s'est réfugié au Cameroun. Il est arrivé au Canada en 1997. La Commission de l'immigration et du statut de réfugié a refusé sa demande d'asile, en raison de son rôle présumé dans le génocide. Selon une décision de la Commission, des témoins l'ont vu commettre «des viols et des pillages pendant le génocide». «Il a été vu au volant de voitures volées... transportant des Tutsis qui n'ont jamais été vus par la suite et qui ont été exterminés», ajoute la décision. Des agents de la GRC ont arrêté M. Munyaneza en octobre 2005 à son appartement en banlieue de Toronto, où il vivait avec sa femme et ses deux enfants. Depuis, il est détenu dans une prison de Montréal. Le juge André Denis, les avocats de la poursuite et de la défense, du personnel de la cour et des policiers - 17 personnes en tout - se sont déplacés au Rwanda du 15 janvier au 14 février en commission rogatoire. Quatorze témoins ont été interrogés à Kigali, la capitale. Ils ont été filmés et enregistrés; les DVD ont été remis à M. Munyaneza, qui a commencé à les visionner dans sa cellule. Ces témoignages seront vraisemblablement déposés pendant le procès, qui durera plusieurs mois. La poursuite entend faire témoigner 13 autres civils rwandais à Montréal ce printemps, ainsi que des membres de la GRC qui ont participé à l'enquête, des experts et des observateurs, dont le général à la retraite canadien Roméo Dallaire, qui dirigeait le contingent des Casques bleus pendant le génocide. Le juge Denis a expliqué qu'il devait protéger l'identité des sept premiers témoins civils rwandais pour des raisons de sécurité, puis peut-être celle des six autres qui suivront. Plusieurs témoins au Tribunal pénal international sur le Rwanda et aux tribunaux populaires rwandais ont été victimes de représailles; certains ont été assassinés, souligne le juge dans son ordonnance. La poursuite demandait aussi que certaines parties des témoignages soient rendues à huis clos; M. Denis a dit que cette requête est prématurée.
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 | Sujet: Re: Premier procés au Canada: Munyaneza Dim 25 Mar - 16:37 | |
| Premier procès pour crimes de guerre en 15 ans Presse Canadienne Pour la première fois en 15 ans, un procès pour crimes de guerre se tiendra au Canada.À partir de lundi, à Montréal, l'ancien commandant de la milice hutue au Rwanda, Désiré Munyaneza, devra répondre à des chefs d'accusation de génocide, de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre entourant les atrocités commises envers les Rwandais en 1994. M. Munyaneza est soupçonné de meurtre, de terreur psychologique, d'attaques physiques et de violence sexuelle à l'égard de Tutsis. Il est notamment accusé du viol de plusieurs femmes et fillettes et d'avoir encouragé ses subalternes à commettre de tels actes. Désiré Munyaneza s'est enfui du Rwanda en 1997 avec un faux passeport et a réclamé le statut de réfugié au Canada. Il a été appréhendé par la GRC en 2005 à Toronto. Citant des chiffres du gouvernement canadien, le Centre canadien pour la justice internationale souligne qu'au moins 800 criminels de guerre et violateurs des droits de la personne vivent au Canada. Son porte-parole Pacifique Manirakiza ajoute qu'aucun procès pour crimes de guerre n'a pourtant été tenu au pays depuis qu'un petit nombre d'anciens Nazis a été poursuivi sans succès au début des années 1990. M. Manirakiza, ancien avocat international, fait remarquer que la tenue de tels procès est essentielle au processus de réhabilitation des survivants qui ont été victimes d'atrocités. Le procès de Désiré Munyaneza sera présidé par le juge André Denis de la Cour supérieure du Québec. Il a été précédé de plusieurs semaines d'auditions préliminaires au Rwanda. |
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 | Sujet: Re: Premier procés au Canada: Munyaneza Lun 26 Mar - 9:52 | |
| Un Rwandais de 40 ans accusé d'avoir participé au génocide de 1994 dans son pays, Désiré Munyaneza, comparaîtra demain à Montréal dans le premier procès de l'histoire canadienne pour crime contre l'humanité.Son procès, qui doit durer trois mois, s'ouvrira devant la Cour supérieure du Québec avec les témoignages d'hommes et de femmes venus expressément du Rwanda mais dont l'identité ne peut être dévoilée en raison d'une ordonnance émise cette semaine par le juge André Denis. Le sénateur et général à la retraite Roméo Dallaire, à la tête de la mission des Casques bleus au Rwanda en 1994, doit également témoigner lors du procès, de même que des experts de la police canadienne. Désiré Munyaneza est accusé d'avoir participé au génocide, perpétré des viols et tué des civils dans la préfecture de Butare (sud) entre avril et juillet 1994. Il se serait par la suite exilé au Cameroun avant d'arriver au Canada en 1997 en présentant une demande d'asile rejetée par les autorités en raison de son rôle présumé dans les tueries. Le génocide rwandais a fait, selon les Nations unies, environ 800 000 morts, principalement parmi la minorité tutsie. L'accusé a été «vu au volant de voitures volées [ ] transportant des Tutsis qui n'ont jamais été revus par la suite et qui ont été exterminés», indique une décision de la Commission canadienne de l'immigration et du statut de réfugié, citée par le journal la Presse. Désiré Munyaneza vivait avec sa femme et ses deux enfants dans la métropole de Toronto jusqu'à son arrestation à l'automne 2005 au terme d'une enquête de cinq ans menée au Canada, au Rwanda et en Europe par la Gendarmerie royale du Canada. Il est détenu depuis dans une prison de Montréal. Il s'agit de la première personne inculpée au Canada en vertu d'une loi fédérale sur les crimes contre l'humanité, promulguée en octobre 2000. Ce sera aussi le premier procès au Canada pour crimes de guerre depuis les poursuites entamées au début des années 90 contre des anciens militaires nazis qui n'ont abouti à aucune condamnation. Un autre Rwandais, Léon Mugesera, avait demandé en 2005 à être jugé au Canada en vertu de la loi sur les crimes contre l'humanité après la décision prise par la Cour suprême de l'expulser vers son pays d'origine pour avoir incité au génocide, affirmant que sa sécurité est menacée au Rwanda. M. Mugesera, qui est encore au Canada, est considéré comme un des hommes de confiance de l'ancien président rwandais Juvénal Habyarimana. Il avait prononcé en novembre 1992 un discours controversé, interprété par la Cour suprême du Canada comme un appel au génocide contre les Tutsis, deux ans avant l'heure. |
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 | Sujet: Re: Premier procés au Canada: Munyaneza Mar 27 Mar - 5:53 | |
| Au Palais de justice de Montréal a débuté, lundi, un important procès relié au génocide rwandais qui a fait plus de 800 000 victimes au milieu des années 90. Désiré Munyaneza, un homme de 40 ans, fait face à des accusations de crimes contre l'humanité, crimes de guerre et génocide. L'homme est notamment soupçonné d'avoir tué des dizaines de personnes et violé des douzaines de femmes. Lundi, une femme, qui était âgée de 17 ans lors du génocide, est venue raconter au tribunal qu'elle et sa soeur sont les seules survivantes d'un massacre survenu dans son village où des centaines de Tutsis ont été brûlés ou assassinés à coups de machette. L'accusé a écouté ce témoignage avec attention, mais sans émotion. Il s'agit du premier procès pour crime de guerre à avoir lieu en territoire canadien, ce qui attire des dizaines de journalistes dont certains proviennent de France, des États-Unis et d'Allemagne. La preuve de la Couronne s'échelonnera sur une période de trois mois. Notons que le procès se déroule principalement en anglais et en kinyarwanda, deux des langues officielles du Rwanda. |
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 | Sujet: Re: Premier procés au Canada: Munyaneza Mar 27 Mar - 5:59 | |
| Au premier jour du procès du Rwandais Désiré Munyaneza, jugé à Montréal pour sa participation au génocide de 1994, un premier témoin a été entendu par le juge. Il s'agit d'une femme qui avait 17 ans au moment des premiers massacres. Elle a raconté qu'elle avait vu à plusieurs reprises l'accusé participer aux massacres. La procureure de la Couronne, Pascale Ledoux, a montré au témoin son nom écrit sur une feuille, nom qu'elle a confirmé. La feuille a ensuite été placée sous scellés. Par crainte de représailles, les témoins sont placés derrière un panneau opaque pour qu'ils ne soient pas identifiés. Sept témoins, principalement des femmes, défileront devant la cour d'ici au 2 avril. Ancien commandant d'une milice hutue au Rwanda, Désiré Munyaneza, 40 ans, doit répondre à des chefs d'accusation de génocide, de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre entourant les atrocités commises envers des Rwandais en 1994. M. Munyaneza s'est enfui du Rwanda en 1997 avec un faux passeport et a réclamé le statut de réfugié au Canada. Il a été appréhendé par la GRC en 2005, à Toronto, au terme d'une enquête de cinq ans. M. Munyaneza est soupçonné de meurtre, de terreur psychologique, d'attaques physiques et de violence sexuelle à l'égard de Tutsis. Il est notamment accusé du viol de plusieurs femmes et fillettes et d'avoir encouragé ses subalternes à commettre de tels actes. Le procès de Désiré Munyaneza est présidé par le juge André Denis de la Cour supérieure du Québec. Il a été précédé de plusieurs semaines d'auditions préliminaires au Rwanda. Selon le Centre canadien pour la justice internationale, au moins 800 criminels de guerre et violateurs des droits de la personne vivent au Canada. Le Canada est un des rares pays à avoir adopté une loi qui lui permet, sur son territoire, de poursuivre des individus ayant commis des crimes à l'étranger. |
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 | Sujet: Re: Premier procés au Canada: Munyaneza Mar 27 Mar - 15:09 | |
| Pour nous, ce n’est pas le début de la fin, mais le début de la délivrance», résume une soeur de Désiré Munyaneza, spectatrice attentive au procès qui s’est ouvert hier. Elle, son autre soeur et l’épouse de Munyaneza déambulent avec dignité, malgré les accusations d’une gravité sans précédant au Canada qui pèsent contre l’accusé. Pour elles, Désiré, un fils de bonne famille que l’on accuse d’avoir pris les armes pour tuer, violer et tenter de détruire la communauté tutsie du Rwanda, n’a rien à se reprocher et son procès le prouvera enfin. Un boucher Face à eux, d’autres Rwandais. Eux, ils demandent justice contre cet homme qu’ils considèrent comme un boucher. «Il était un de mes amis à l’école quand nous étions jeunes. Rien n’aurait pu laisser présager qu’il tourne comme ça. Il était une personne importante dans les crimes qui ont été commis à Butare», explique Jean-Paul Nyilinkwaya, de l’association PAGE, un groupe de victimes du génocide. C’est d’ailleurs en partie grâce à sa dénonciation que Munyaneza a échoué dans sa tentative d’obtenir le statut de réfugié au Canada dans le passé. Initiative appréciée Selon lui, ce procès contribuera à apaiser la douleur des Rwandais de Montréal. «Je salue l’initiative du Canada, qui a instauré cette loi qui permet d’accuser les criminels de guerre pour des actes posés dans leur pays. Que ces criminels se le disent, le Canada n’est plus un refuge», dit-il. En ouverture de procès hier, le juge André Denis spécifiait d’ailleurs que ce procès était une première canadienne, et un deuxième du genre dans le monde. <LI>Le procès continue ce matin. </LI> |
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 | Sujet: Re: Premier procés au Canada: Munyaneza Mar 27 Mar - 18:45 | |
| Le procès de l'ancien commandant d'une milice hutue, Désiré Munyaneza, se poursuit mardi à Montréal. Il doit répondre à des accusation de génocide, de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre entourant les atrocités commises envers les Rwandais en 1994. Le premier témoin, une femme, a dû être conduite à l'hôpital à la suite de son témoignage, lundi. Bouleversée de raconter les atrocités dont elle a été victime, le témoin tient malgré tout à revenir à la cour pour poursuivre son témoignage. En attendant la suite de son témoignage, une deuxième jeune femme a amorcé le récit de sa longue fuite pour échapper aux massacres. Elle a été violée et a assisté aux meurtres brutaux de plusieurs compatriotes. Arrêté en 2005Désiré Munyaneza s'est enfui du Rwanda en 1997 avec un faux passeport et a réclamé le statut de réfugié au Canada. Il a été appréhendé par la GRC en 2005 à Toronto, au terme d'une enquête de cinq ans. M. Munyaneza est soupçonné de meurtre, de terreur psychologique, d'attaques physiques et de violence sexuelle à l'égard de Tutsis. Il est notamment accusé du viol de plusieurs femmes et fillettes et d'avoir encouragé ses subalternes à commettre de tels actes. Le procès de Désiré Munyaneza est présidé par le juge André Denis de la Cour supérieure du Québec. Il a été précédé de plusieurs semaines d'auditions préliminaires au Rwanda. Un procès pour crimes de guerre constitue une première en 15 ans au Canada. Selon le Centre canadien pour la justice internationale, au moins 800 criminels de guerre et violateurs des droits de la personne vivent au Canada. Le Canada est un des rares pays à avoir adopté une loi qui lui permet, sur son territoire, de poursuivre des individus ayant commis des crimes à l'étranger. |
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 | Sujet: Re: Premier procés au Canada: Munyaneza Mer 28 Mar - 5:34 | |
| Au procès du Rwandais Désiré Munyaneza, le premier procès pour génocide et crimes de guerre à se tenir au Canada, une jeune femme tutsie a raconté hier dans quelles circonstances son chemin avait croisé celui de Munyaneza, qui s'était constitué milicien volontaire en avril 1994. Cette jeune femme, dont l'identité est scrupuleusement protégée pour sa propre sécurité, vit toujours au Rwanda. Ses malheurs ont commencé le 6 avril 1994, à la suite de l'écrasement de l'avion du président Juvénal Habyarimana. Sa maison a été brûlée. Avec d'autres, elle s'est cachée pour échapper aux tirs de soldats. Dans les fossés, elle a vu le corps de nombreux Tutsis. Après une quête vaine d'un lieu sûr, son petit groupe trouve refuge à la préfecture. Elle y est restée environ un mois. C'est durant cette période qu'elle a connu Désiré Munyaneza, le fils d'un commerçant aisé de Butare, dans le sud du Rwanda. Il y est venu un jour et a ordonné à quatre hommes, une femme et deux filles, dont elle, de monter dans la partie arrière d'un camion, qu'il surveillait pour que personne ne s'échappe. Arrivés dans le bois près de l'Institut de recherche scientifique, les gens placés en cercle ont été abattus à tour de rôle à coups de machettes. Voyant son voisin s'écrouler, elle s'est écrasée au sol inconsciente. Elle a constaté que les morts étaient poussés dans un fossé. Elle a fait la morte jusqu'au moment où elle n'a plus entendu de bruit. La procureure de la Couronne, Pascale Ledoux, a alors cherché à savoir ce qu'avait fait l'accusé au cours de cet épisode. Il avait une arme, portait des vêtements militaires et ordonnait aux gens qui l'entouraient de tuer et de faire en sorte que personne ne s'échappe. Le témoin a indiqué avoir aperçu, à son retour à la préfecture, une fille qui avait également été épargnée. Désiré Munyaneza est revenu. Cette fois, il a choisi quatre hommes âgés et les a amenés à proximité. Avec ses amis Shalom et Ntakujehjeka, ils ont saisi les hommes par les jambes et leur ont frappé la tête contre sol jusqu'à ce qu'elle éclate. Des civils qui assistaient à la scène ont participé à l'opération. Désiré et ses deux amis sont revenus à la préfecture, cette fois pour prendre des filles avec eux. Shalom a pris Epiphania, Désiré a pris Alphonsina tandis que Ntakujehjeka l'a choisie. Amenée comme les deux autres filles dans un building pas très loin, le témoin a dit que son ravisseur lui avait ordonné de s'étendre et l'avait violée. Elle a dit qu'elle n'avait pas eu le choix. Ses deux compagnes d'infortune sont décédées après la guerre. Le même stratagème s'est répété peu après avec la même Alphonsina et deux autres filles, Qualita et Fifi, qui sont également mortes après la guerre. En fin de journée, hier, Me Ledoux a demandé au juge André Denis de la Cour supérieure de poursuivre aujourd'hui l'interrogatoire du témoin à huis clos, sans même la présence des médias, parce que les questions qu'elle entend poser sur le lieu d'origine du témoin, par exemple, pourraient permettre de l'identifier. On sait que des témoins au Tribunal pénal international sur le Rwanda ont été victimes de représailles. Plusieurs précautions sont prises. Le témoin entre dans la salle avant que le public soit admis et ne sort qu'une fois la salle vide. Il témoigne derrière un paravent. Seuls l'accusé, les avocats, le juge et les interprètes voient son visage. Ce témoin ne devait commencer son témoignage que dans quelques jours, mais a pris la relève du témoin précédent, une autre femme, en raison des malaises ressentis au cours de son témoignage de lundi qui l'ont forcée à se rendre à l'hôpital. Cette dernière avait tout de même eu le temps de dire qu'elle avait vu l'accusé Désiré Munyaneza tuer un garçon à coups de bâton et entrer dans un hôtel de passe où des femmes étaient violées pendant le génocide des Tutsis au Rwanda. Elle reviendra compléter son récit. Au départ, le procès, qui n'a pas été précédé d'une enquête préliminaire, devait se tenir en français et en présence d'un jury. Il se tient finalement en anglais et en kinyarwanda devant un juge seul. |
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 | Sujet: Re: Premier procés au Canada: Munyaneza Mer 28 Mar - 14:25 | |
| Récit d'horreur au jour deux du procès de Désiré Munyaneza, ce Rwandais hutu accusé de génocide, crimes de guerre et crime contre l'humanité. Une jeune femme de 33 ans a raconté hier avec aplomb les horreurs qu'elle a vécu lors du génocide rwandais en 1994. Si elle a survécu, dit-elle, c'est parce qu'elle était pétrifiée à l'idée de finir ses jours mutilée à coups de machette. Alors que les comparses de Munyaneza mutilaient quelqu'un à côté d'elle, elle s'est effondrée au sol. Comme par miracle, elle aurait été oubliée par les présumés tueurs. Elle a aussi raconté au juge André Denis de la Cour supérieure avoir été violée à maintes reprises. Le procès doit se poursuivre pour encore plusieurs semaines. Marie-Claude Veillette / Info690 |
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 | Sujet: Re: Premier procés au Canada: Munyaneza Mer 28 Mar - 14:26 | |
| C'est parce qu'elle était si pétrifiée à l'idée de finir ses jours mutilée à coups de machette qu'une jeune femme a survécu au génocide rwandais de 1994. S'effondrant quelques secondes avant d'être abattue par les hommes de Désiré Munyaneza, elle a tout simplement été oubliée par les présumés tueurs. Hier, la dame de 33 ans a raconté les pires horreurs au sujet de Désiré Munyaneza, ce Rwandais hutu qui subit depuis lundi son procès à Montréal pour génocide, crimes de guerre et contre l'humanité. gée de 21 ans à l'époque, la femme a abouti à la préfecture de Butare. Comme des dizaines de Tutsis, elle croyait y trouver refuge, après avoir connu les pires atrocités. Mais cela ne faisait que commencer. Le rituel de la camionnette La femme dont le code de témoin est C-16, puisqu'on ne peut identifier les Rwandais collaborant au procès, a comme sa prédécesseur C-15 indiqué que chaque soir, à la préfecture, elle observait Munyaneza, leader de la milice hutue locale, faire monter dans une camionnette des réfugiés tutsis. Réfugiés qu'on ne revoyait jamais plus. Mais contrairement à C-15, elle fut parmi les élues de Munyaneza pour l'un de ces terrifiants voyages, avec six autres Tutsis. Les trous déjà creusés C-16 prétend que le petit groupe a été conduit dans un boisé, où on les a fait descendre. Partout autour, des trous avaient été creusés pour enterrer leurs cadavres. «Désiré a ordonné aux interhamwes (sympathisants des miliciens) armés de machettes de nous tuer», a-t-elle témoigné, questionnée par la procureure fédérale, Pascale Ledoux. «Quand ils ont mutilé la personne à côté de moi, je me suis effondrée et je suis restée au sol. J'ai attendu de ne plus rien entendre avant de me relever.» Ne sachant où aller, elle est retournée à la préfecture, où le calvaire s'est poursuivi. Un autre jour, Désiré est revenu à la préfecture, avec d'autres miliciens, et y aurait sélectionné quatre hommes âgés, qu'ils ont traînés au restaurant voisin, Chez Venant. Munyaneza aurait alors crié très fort «Power!», faisant rappliquer tous les interhamwes du coin. Têtes fracassées «Ils ont pris les hommes par les jambes et se sont mis à les balancer en leur frappant la tête au sol jusqu'à ce que leurs crânes se fracassent. Puis, ils ont laissé leurs cadavres au sol», raconte C-16, précisant que Munyaneza, cette fois, a personnellement participé à cette barbarie. Elle raconte aussi, comme C-15, avoir été amenée dans une résidence où elle a été violée, alors que dans la chambre voisine, Désiré réservait le même sort à une dénommée Alphonsina, aujourd'hui morte. Elle a mené cette vie terrifiante pendant un mois, jusqu'à la fin de la guerre. Le témoin C-15, qui avait interrompu son témoignage lundi après-midi, se disant indisposée, a été hospitalisée dans la nuit d'hier. Elle aurait souffert d'une crise d'angoisse ou de panique. Elle devrait continuer son témoignage après C-16. C-16 poursuit son témoignage ce matin. |
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 | Sujet: Re: Premier procés au Canada: Munyaneza Mer 28 Mar - 14:28 | |
| Une femme témoignant au procès de Désiré Munyaneza a raconté au palais de justice de Montréal, hier, qu'elle a vu l'accusé et des complices prendre quatre hommes âgés par les pieds et fracasser leur tête sur le sol jusqu'à ce que mort s'ensuive, lors du génocide des Tutsis au Rwanda, en 1994.Comme les autres témoins rwandais attendus à ce procès, le premier pour génocide au Canada, cette femme de 34 ans a peur de subir des représailles après son retour au Rwanda. Afin de camoufler son identité, le juge André Denis lui a donné le numéro C-16. Elle a succédé à C-15, une femme qui a dû être hospitalisée après avoir relaté des scènes de viols collectifs auxquels aurait participé M. Munyaneza L'avocate de la poursuite a expliqué au juge que C-15 voulait poursuivre son témoignage, commencé lundi, mais qu'elle en était incapable pour l'instant. En plus d'avoir été violée, C-15 a raconté qu'elle s'était barbouillée le visage avec le sang de sa soeur assassinée pour faire semblant qu'elle était morte elle aussi, lors d'un carnage qui a fait 3000 morts dans une école de Butare, au sud du Rwanda. Les histoires d'horreur se sont poursuivies, hier. C-16 a d'abord raconté sa longue fuite pour échapper aux massacres qui se déroulaient à Butare comme dans le reste du pays. Elle a dit que Désiré Munyaneza, qui avait 27 ans à l'époque, était un des leaders parmi les tueurs hutus de Butare avec deux autres fils de notables de la ville. Selon elle, il disait que tous les Tutsis devaient mourir. Un jour, alors qu'elle se trouvait immobilisée sur le terrain de la préfecture avec des centaines d'autres Tutsis, M. Munyaneza et ses complices sont venus «sélectionner» quatre hommes âgés. Armés de bâtons, ils les ont poussés un peu plus loin, puis ils ont fait venir d'autres civils hutus. Ensemble, ils tenaient leurs victimes par les jambes, la tête en bas, et les balançaient sur le sol jusqu'à ce que leur tête éclate, a-t-elle raconté. Les corps sont restés sur place. Une chargeuse les a ramassés un peu plus tard. M. Munyaneza, qui portait souvent un revolver et des tenues de combat, venait régulièrement à la préfecture avec les deux autres leaders de son groupe. Obligeant les Tutsis à grimper dans un pick-up, ils allaient les massacrer ailleurs. C-16 a elle-même été embarquée avec une autre jeune fille, une femme et quatre hommes. M. Munyaneza a pris place avec eux à l'arrière du pick-up pour les empêcher de fuir, a-t-elle dit. Il est reparti après avoir déchargé sa cargaison humaine près d'un fossé, dans un petit bois, a-t-elle ajouté. Des Interahamwe - des miliciens hutus extrémistes - ont obligé le petit groupe de Tutsis à former un cercle et se sont mis à les frapper avec leurs machettes. «Lorsqu'ils ont frappé mon voisin, je suis tombée par terre, a raconté la jeune femme. J'ai fait la morte jusqu'à ce que je n'entende plus de bruit, puis je suis partie.» L'autre jeune fille a aussi survécu, mais les autres sont morts. Par la suite, elle a été à nouveau kidnappée par le groupe de M. Munyaneza. Cette fois, elle a été séquestrée dans des bâtiments et violée à répétition. Corroborant les propos de C-15, C-16 a dit que M. Munyaneza violait surtout une jeune femme prénommée Alphonsina, qui est morte après le génocide. Son témoignage se poursuit aujourd'hui. Le début de la journée se déroulera à huis clos. M. Munyaneza a plaidé non coupable aux sept chefs d'accusation qui pèse sur lui, pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité. S'il est reconnu coupable, il pourrait être condamné à la prison à perpétuité. |
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 | Sujet: Re: Premier procés au Canada: Munyaneza Mer 28 Mar - 18:21 | |
| Le juge André Denis, qui préside au procès pour génocide de Désiré Munyaneza, a ordonné un bref huis clos, mercredi matin au palais de justice de Montréal. L'exclusion du public et des journalistes d'une partie du procès a donné lieu à diverses interprétations juridiques. Le magistrat a rappelé qu'il avait déjà ordonné qu'aucune information permettant d'identifier les témoins ne soit diffusée. Ce faisant, il a voulu suivre les recommandations du Tribunal pénal international sur le Rwanda en matière de protection de l'identité des témoins. Le premier témoin, une femme de 30 ans, s'est évanoui après avoir raconté lundi à la cour des événements atroces. Elle a affirmé avoir vu à plusieurs reprises l'accusé participer aux massacres. Elle a aussi raconté que dix hommes l'ont violée alors qu'elle était captive. Une deuxième femme a témoigné. Elle a dit qu'elle a été violée et qu'elle a assisté aux meurtres brutaux de plusieurs compatriotes. Ces survivantes du génocide rwandais craignent pour leur vie lorsqu'elles retourneront chez elles après leurs témoignages. Par crainte de représailles, les témoins sont placés derrière un panneau opaque pour qu'ils ne soient pas identifiés. Au total, sept témoins, des femmes pour la plupart, défileront devant la cour d'ici au 2 avril. Quelque 14 Rwandais ont déjà témoigné à huis clos à Kigali, la capitale rwandaise. Le secret entourant leur identité est primordial dans ce genre de procès, où les témoins disparaissent parfois après avoir confronté leurs bourreaux. Désiré Munyaneza, qui est un ancien commandant d'une milice hutue au Rwanda, doit répondre à des chefs d'accusation de génocide, de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre entourant les atrocités commises envers des Rwandais en 1994. Il a réussi à s'enfuir du Rwanda en 1997, en utilisant un faux passeport. À son arrivée au Canada, il a réclamé le statut de réfugié, mais a été arrêté par la GRC en 2005, à Toronto, au terme d'une enquête de cinq ans. |
|  | | ibukafrance Rang: Administrateur

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 | Sujet: Re: Premier procés au Canada: Munyaneza Mer 28 Mar - 19:23 | |
| Le procès pour génocide que subit depuis trois jours le Rwandais Désiré Munyaneza, le premier du genre au Canada, envoie le message aux bourreaux de ce pays qui cherchent asile de par le monde que le Canada n'est pas un bon endroit pour eux.«Aucun bourreau ne va entrer au Canada en pensant que ça va être un bel asile pour lui. Il va se dire si quelqu'un me reconnaît, il y a une loi au Canada et le gouvernement canadien n'a pas peur de mettre cette loi en pratique», a commenté mercredi Jean-Paul Nyilinkwaya, porte-parole de l'organisme Page (parents et amis du génocide au Rwanda), en marge du procès. «Si beaucoup plus de pays le faisaient, le monde deviendrait plus petit pour tous les bourreaux et ça préviendrait beaucoup de crimes», a ajouté le représentant de Page-Rwanda. M. Nyilinkwaya, qui vit en Amérique du Nord depuis 15 ans, a perdu plusieurs membres de sa famille dans les atrocités survenues au Rwanda en 1994. C'est lui qui a reconnu Désiré Munyaneza qui vivait dans la région de Toronto avec sa femme et ses deux enfants et qui en a fait le signalement à la police. M. Nyilinkwaya juge essentielles les précautions prises par la Cour supérieure pour éviter que soient identifiés les six Rwandais qui ont été amenés à Montréal pour témoigner au procès de Désiré Munyaneza, accusé de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. «Dans les autres procès au Rwanda et à l'extérieur du Rwanda, beaucoup de victimes ont été inquiétées. Il y a eu des tueries, des témoins et des juges ont été intimidés, tués, parce que les accusés ont encore des familles là-bas, des amis qui ne peuvent pas se contrôler et qui les tiennent responsables de ce qu'ils ont dit au tribunal», a-t-il déclaré. «Ça ne va pas nécessairement arriver à chaque fois, mais tout le monde tient à prendre des précautions. C'est très important», a-t-il dit. «Les témoins donnent des détails très personnels sur ce qu'ils ont vécu. Dans la culture rwandaise, surtout pour les victimes de viol, c'est très difficile de vivre quand le monde le sait que vous avez été victime de viol. Ils veulent bien témoigner, aider la justice, mais ne veulent pas s'aliéner la société», a-t-il renchéri. |
|  | | ibukafrance Rang: Administrateur

Nombre de messages: 3192 Localisation: Administrateur Date d'inscription: 24/04/2005
 | Sujet: Re: Premier procés au Canada: Munyaneza Jeu 29 Mar - 7:06 | |
| Au procès du Rwandais Désiré Munyaneza, le premier pour génocide et crimes contre l'humanité à se tenir au Canada, la femme qui témoignait pour une deuxième journée d'affilée a relié l'accusé à plusieurs atrocités et a dit qu'au moment des événements, en 1994, il était appelé «Gikovu», soit «l'homme à la cicatrice», en raison d'une balafre courant de l'oreille jusqu'au menton. Cette femme témoin, une Tutsie qui avait 21 ans au moment du génocide, a indiqué qu'elle revoyait Munyaneza, dans le box des accusés, pour la première fois depuis la guerre. Elle se souvenait qu'il était noir, de taille moyenne, qu'il avait une cicatrice sur le côté du visage. Elle trouve qu'il a grossi, a l'air plus âgé. Elle reconnaît ses yeux, mais pas ses lèvres qui étaient brunes et qui sont devenues rouges. Quand on lui a exhibé des photos de huit hommes, en 2005, elle a reconnu Désiré Munyaneza. Ces photos provenaient de policiers de la GRC qui, au Rwanda, enquêtaient sur Munyaneza alors qu'il vivait à Etobicoke avec sa femme et ses deux enfants, près de Toronto, et qu'un Rwandais vivant au Canada l'avait signalé à la GRC comme étant l'auteur de plusieurs crimes. Au moment du génocide, Désiré Munyaneza, un Hutu, fils d'un riche commerçant, vivait à Butare, à 135 kilomètres au sud de Kigali. Il est arrivé au Canada en 1997. La Commission de l'immigration et du statut de réfugié a refusé sa demande d'asile en raison de son rôle présumé dans le génocide, notamment des viols et pillages. Il en a appelé de ce refus. Arrêté en octobre 2005, il est détenu depuis. Son épouse, Aimée Solange Rwagafilita, suit de près le procès, au premier rang de la salle d'audience. Le procureur de la Couronne, Pascale Ledoux, a terminé son interrogatoire mercredi en mi-journée. L'avocat de l'accusé Richard Perras a pris la relève. À l'aide de photos, il a passé le plus clair du temps à situer les lieux où s'est réfugiée la jeune femme en avril 1994. Aucun détail n'a été laissé au hasard : la hauteur d'une clôture, sa longueur, la situation des portes des édifices, l'espèce des arbres derrière la préfecture où le témoin a dit s'être réfugié pendant plusieurs jours et la localisation de la préfecture où elle a vu l'accusé à plusieurs reprises. Le fait que l'identité des témoins venus du Rwanda soit gardée secrète ne surprend guère Jean-Paul Nyilinkwaya, le dénonciateur de l'accusé, et porte-parole de l'organisme Page (parents et amis du génocide au Rwanda). «Dans les autres procès au Rwanda et à l'extérieur du Rwanda, beaucoup de victimes ont été inquiétées. Il y a eu des tueries, des témoins et des juges ont été intimidés, tués, parce que les accusés ont encore des familles là-bas, des amis qui ne peuvent pas se contrôler et qui les tiennent responsables de ce qu'ils ont dit au tribunal», a-t-il déclaré, mercredi, en marge du procès. «Ça ne va pas nécessairement arriver à chaque fois, mais tout le monde tient à prendre des précautions. C'est très important», a dit celui qui a perdu plusieurs membres de sa famille dans les massacres au Rwanda. Il y a au moins une autre bonne raison pour taire les noms des témoins, estime-t-il. «Les témoins donnent des détails très personnels sur ce qu'ils ont vécu. Dans la culture rwandaise, surtout pour les victimes de viol, c'est très difficile de vivre quand le monde le sait que vous avez été victime de viol. Ils veulent bien témoigner, aider la justice, mais ne veulent pas s'aliéner la société.» M. Nyilinkwaya se réjouit de la tenue du procès. «Aucun bourreau ne va entrer au Canada en pensant que ça va être un bel asile pour lui. Il va se dire si quelqu'un me reconnaît, il y a une loi au Canada et le gouvernement canadien n'a pas peur de mettre cette loi en pratique», a-t-il commenté. «Si beaucoup plus de pays le faisaient, le monde deviendrait plus petit pour tous les bourreaux et ça préviendrait beaucoup de crimes», a ajouté le représentant de Page-Rwanda. |
|  | | ibukafrance Rang: Administrateur

Nombre de messages: 3192 Localisation: Administrateur Date d'inscription: 24/04/2005
 | Sujet: Re: Premier procés au Canada: Munyaneza Jeu 29 Mar - 13:45 | |
| Désiré Munyaneza portait le surnom de « Gikovu » au Rwanda, ce qui signifie « Cicatrice » dans la langue nationale, le kyniarwanda, a expliqué une victime de viol qui l'a officiellement reconnu, hier, à son procès pour participation au génocide de 1994. L'accusé de 40 ans porte en effet une longue balafre sur la joue gauche, ce qui n'a pas empêché son avocat de mettre en doute son identification.Lorsque des miliciens hutus étaient venus chercher des Tutsis à Butare pour les tuer, ils disaient : « Gikovu est passé », a raconté la victime, qui avait 21 ans lors du génocide, et qui est venue spécialement à Montréal avec six autres Rwandais pour témoigner contre M. Munyaneza. « Par la suite, ils ont dit que le vrai nom de Gikovu était Désiré. » La victime, à qui la cour a donné le nom de C-16 pour sa sécurité, avait raconté la veille qu'elle avait entendu Désiré Munyaneza déclarer à un groupe terrifié de Tutsis que le temps des « coquerelles » était terminé. Avec l'aide d'autres extrémistes hutus, il les a placés dans des sacs et les a battus à mort. Elle l'a vu aussi entrer dans un bâtiment où elle-même et d'autres jeunes femmes étaient séquestrées et violées à répétition, dans la petite ville de Butare, située à 135 kilomètres au sud de la capitale, Kigali. Selon elle, M. Munyaneza faisait partie d'un petit groupe de leaders extrémistes, qui organisait les assassinats de Tutsis dans cette ville de 30 000 habitants. À quoi ressemblait M. Munyaneza lors de ces événements? lui a demandé l'avocate de la poursuite, Me Pascale Ledoux. « Il portait une grosse cicatrice sur le visage », a-t-elle répondu. Comme C-16 est dissimulée derrière un paravent, le public ne l'a pas vue faire de geste, mais le juge André Denis a dit : « Le témoin a montré avec son doigt que la cicatrice allait de l'oreille au menton. » Quelques instants plus tard, M. Munyaneza, assis dans le box des accusés, s'est retourné vers une avocate, montrant involontairement cette grande cicatrice sur sa joue gauche. Mais cette cicatrice n'est pas visible sur la photo qu'un enquêteur de la GRC a présentée à C-16 en 2005, parmi sept autres photos qui ont toutes été déposées hier au palais de justice de Montréal. « Lorsque la police vous a présenté les photos en 2005, n'est-il pas vrai que vous n'avez reconnu personne? » lui a demandé l'avocat de M. Munyaneza, Me Richard Perras. « C'est vrai, je ne l'ai pas reconnu », a répondu C-16. Me Perras a fait admettre au témoin que, en 1994, M. Munyaneza portait une barbe, ce qui n'apparaît pas sur la photo. « Admettez-vous que la seule personne qui se trouve dans le box des accusés, à côté du gardien, est Désiré Munyaneza? » a demandé l'avocat, laissant ainsi planer un doute sur la capacité de reconnaître l'accusé autrement. Me Perras lui a ensuite demandé de décrire en détail le terrain et les environs de la préfecture de Butare, où elle était immobilisée avec plusieurs autres Tutsis. C'est de cet endroit, avait-elle expliqué mardi, qu'elle avait vu M. Munyaneza et ses complices assassiner quatre hommes âgés en les suspendant par les pieds, et en fracassant leur tête sur le sol. Le contre-interrogatoire se poursuit aujourd'hui. Avant qu'il ne débute, l'avocate de la poursuite avait demandé, et obtenu, un court huis clos, malgré les objections du procureur des médias, Me Mark Bantey. Le juge Denis a dit qu'il répugnait à ordonner des huis clos, mais qu'il fallait absolument protéger l'identité des témoins, et les rassurer. Le premier témoin, une autre femme qui a parlé sous le nom de C-15, est tombée sans connaissance lundi, alors qu'elle relatait des récits de viols collectifs auxquels aurait participé M. Munyaneza. Le juge a signalé aux journalistes et aux membres du public que C-16 portait un manteau, ce qui laisse croire qu'elle frissonne, alors qu'il fait chaud dans la salle d'audience. |
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