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 La fleur de Stéphanie

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ibukafrance
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MessageSujet: La fleur de Stéphanie   Mar 14 Mar - 10:00

LA FLEUR DE STEPHANIE ou Rwanda, nous devons vivre avec nos tueurs. Editions Flammarion

LE MERCREDI 22 MARS A LA LIBRAIRIE L'ATELIER
2 bis RUE DU JOURDAIN À 20 HEURES
Metro JOURDAIN ou PYRÉNÉES

Au Rwanda, douze ans après le génocide des Tutsi, une politique de réconciliation décidée par les autorités rwandaises incite les génocidaires, en échange d'importantes remises de peine, à avouer leurs tueries et révéler l'endroit où les dépouilles ont été abandonnées. Ces aveux se font lors de gacaca, tribunaux inspirés de la justice traditionnelle, et face aux rescapés à qui, souvent, ne sont guère épargnés les détails les plus terribles.
Une demande de pardon, souvent formelle, doit également être adressée au parquet puis transmise aux familles de victimes. Ainsi, des milliers de prisonniers ont-ils été libérés et sont retournés vivre sur les collines, aux côtés de rescapés.
Certains d'entre eux ont choisi de s'impliquer dans la politique de réconciliation nationale et ont ainsi choisi de se confronter aux tueurs, parfois de leurs propres familles, afin de les amener à « la paix » et la nécessité de vivre ensemble.

Douze ans après le génocide, Esther est toujours, elle aussi, à la recherche de la dépouille de sa soeur adorée Stéphanie. Un tueur a avoué les faits : Esther l'a rencontré, il lui a demandé pardon et livré le nom de complices qui, eux, persistent à nier.

A travers cette quête personnelle d'Esther, nous sommes allées au Rwanda écouter la parole de ces rescapés avides de faire enfin leur deuil.
Nous avons également tenté de comprendre pourquoi certains rescapés avaient choisi d'aller se confronter à leurs tueurs pour les convaincre de rebatgir une nation commune. Qu'est ce qui détermine leur (non) choix ? Y croient-ils vraiment ? Le pardon est-il possible ? Quel en est le prix ?

Nous avons raconté cette situation absolument exceptionnelle et inouie dans La fleur de Stéphanie, hommage à la soeur d'Esther et à tous ceux qui, comme elles, ne peuvent encore avoir une sépulture digne.
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MessageSujet: Re: La fleur de Stéphanie   Mar 21 Mar - 6:01

Autres rencontres avec Esther Mujawayo et Benjamin Sehene:

Le 23 et le 24 à Brest, à Dialogues, à partir de 18h.
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MessageSujet: Re: La fleur de Stéphanie   Jeu 25 Mai - 8:15

« Comment cohabiter de nouveau entre Tutsi et Hutu, entre victimes et assassins ? »
La justice « gacaca », dite participative, n’a pas fait immédiatement l’unanimité. Témoignage.

Le recours à gacaca a, dans un premier temps, suscité des réactions extrêmes. Définie par certains commentateurs (en particulier français) comme une « justice des vainqueurs » qui ne disait pas son nom, cette procédure fut l’objet de violentes critiques de rescapés des massacres de 1994 redoutant une « amnistie déguisée ».

Il ne pouvait s’agir que d’un « pis-aller », jugeait ainsi l’une d’entre eux, Esther Mujawayo, ajoutant : « Je te le dis, c’est une justice impossible à mes yeux. Je n’y crois pas : les témoins ne parlent pas, les victimes sont suspectées et les coupables protégés. En attendant, ceux qui ont survécu s’éteignent. La justice ne les ressuscitera pas, et, d’une certaine manière, peut même parfois en tuer d’autres » (1). Exemple donné : à l’automne 2003, dans les provinces de Gikongoro (Sud-Est) et de Gitarama (centre), quatre membres de l’association Ibuka (Souviens-toi) ont été assassinés après avoir fait savoir qu’ils étaient résolus à témoigner devant les juridictions traditionnelles.

Une déclaration ultérieure (2) semble indiquer qu’Esther Mujawayo est revenue sur cette réaction spontanée de rejet. « La rencontre avec Philibert, un ami anthropologue, m’a profondément éclairée sur ces juridictions, assure-t-elle, précisant que celui-ci lui a fait part des conclusions auxquelles l’avait conduite une recherche dans la zone frontalière de Cyangugu et Kibuye (Sud-Ouest). Ces années-là, juste après le génocide, il y a eu un vide considérable du point de vue de la justice dans le pays (...). Le nouveau régime politique s’était installé, il y avait bien un État, oui, mais plus aucune organisation sociale (...), plus d’institutions, plus de charpente sociale, judiciaire, plus aucune structure (...). En écoutant Philibert me resituer ce contexte, cela m’a paru évident, mais, en fait, je dois reconnaître que jusqu’à cette conversation je n’y avais jamais pensé. Rescapé, on croit que si le monde s’arrête pour nous, il s’arrête forcément pour tous. »

Cette évolution est d’autant plus à relever qu’elle correspond à une expérience cruelle, Esther Mujawayo ayant participé à gacaca pour se confronter avec les tueurs de sa soeur et de ses neveux. Évoquant la loi de 2001, elle la reconnaît alors comme une tentative de « réponse à une contrainte atroce : devoir cohabiter après et malgré un génocide. À une question qui revient sans cesse : punir, oui, nécessairement, mais comment permettre au pays de "survivre" après ? Autrement dit, comment recohabiter, non pas entre Tutsi et Hutu, mais entre victimes et assassins ? Au Rwanda, il n’y a pas d’autre choix »...

(1) Esther Mujawayo et Souâd Belhaddad, Survivantes. Rwanda, dix ans après le génocide, pages 254 et 256 (Éditions de l’aube, février 2004).

(2) Esther Mujawayo

et Souâd Belhaddad : la Fleur

de Stéphanie. Rwanda entre réconciliation et déni, pages 54-55

(Flammarion, février 2006).

(Source: L'Humanité 24/05/06)
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MessageSujet: Re: La fleur de Stéphanie   Ven 2 Juin - 19:12

Entretien avec Souad Belhaddad (dimanche 3 juin)

http://www.rfo.fr/article218.html
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MessageSujet: Re: La fleur de Stéphanie   Ven 23 Nov - 6:39

Posée et souriante, rien dans les traits d’Esther Mujawayo ne trahit le drame qu’elle a vécu. Rescapée du génocide du Rwanda en 1994, elle a perdu la quasi-totalité de sa famille. Présente au Centre Saint Louis de France lundi pour présenter La Fleur de Stéphanie, elle a accepté de revenir sur son livre témoignage. Rencontre.

LPJ : Dans SurVivantes, vous exposez déjà le drame que vous avez vécu au Rwanda. Comment est né le projet d’écrire ce deuxième livre La Fleur de Stéphanie ?
Esther Mujawayo : A chaque fois que je présentais le livre SurVivantes, on me demandait "Comment les gens cohabitent ? Comment les gens font maintenant ?" Parallèlement à ça, je suis retournée au Rwanda pour rechercher les restes de ma famille, pour savoir où ils avaient été jetés. Je souhaitais pouvoir les enterrer pour pouvoir faire le deuil. Sur les ruines de la maison familiale, les fleurs de ma sœur Stéphanie continuaient à pousser. Je suis donc partie de mon histoire personnelle pour dire qu’il y a quelques chose qui reste quand il ne reste rien. Nous sommes obligés de vivre ensemble. La vie continue malgré tout. Je souhaitais néanmoins apporter mon propre témoignage, mais aussi celui de Tutsis qui, tous les jours, vivent avec les assassins de leur famille.

Comment avez-vous choisi les témoignages de cet ouvrage ?
Un peu au hasard des amis rencontrées à Avega, l’association de veuves que j’ai créée après le génocide. Les témoignages les plus marquants pour moi ont été ceux de Mathilde, qui avait voulu s’engager dans les gacaca (tribunaux, Ndlr) et qui n’a pas supporté ; et celui de Joséphine avec ses deux fils. Je retiens le message pragmatique de Joséphine qui pense aux générations futures : "il faut qu’on trouve une fin à ce cycle de violence".
Il faut être très humble par rapport à ces personnes. Leur donner la parole semblait le minimum. J’ai essayé de traduire leur vécu, comment elles réussissent à ne pas devenir folles. Il faut savoir que les hommes et les femmes qui témoignent dans les gacacas sont sous pression, connaissent des intimidations. De plus, il n’est pas facile d’assister à des gacacas en restant stoïque face aux témoignages des assassins ou de ceux qui les ont vus.

Avez-vous voulu faire témoigner les assassins ? Pourquoi ne pas leur avoir donné la parole ?
Je n’aurais pas pu leur donner la parole. Je suis trop partial. Je n’aurais pas pu rester neutre. C’est au-dessus de mes forces. Je ne peux pas travailler avec les bourreaux du Rwanda, c’est trop proche. Jean Hatzel, par contre, a fait un remarquable travail pour réunir le témoignage des tueurs. Dans "La saison des machettes", les tueurs parlent notamment librement de leurs actes.

En écrivant, avez-vous le sentiment d’aider au processus de réconciliation tant appelé de vos vœux dans votre livre ?
Je ne parle jamais de réconciliation. On n’a pas besoin d’être réconciliés pour vivre ensemble. La réconciliation recouvre des situations trop différentes. Avec ceux qui m’ont aidée, je n’ai pas besoin d’être réconciliée. Je veux juste qu’on nous laisse vivre en paix, qu’on ne nous tue plus. Les personnes qui sont sur place réagissent néanmoins différemment. Elles n’y croient pas forcément mais se disent qu’elles n’ont pas le choix. L’espoir tient dans les générations futures qui n’auront pas connu le génocide. Il faut que les générations futures ne vivent pas ce qu’on n’a vécu.
Propos recueillis par Sara FREDAIGUE. (www.lepetitjournal.com - Rome) vendredi 23 novembre 2007

Lundi 26 novembre 2007, au Centre Saint Louis, à Rome, à 18h, présentation du livre "les fleurs de Stéphanie" à l'occasion de sa sortie en italien. Présence des auteurs Esther Mujawayo et Souâd Balhaddad. Conférence en français avec traduction en italien.

La thérapeute rwandaise Esther Mujawayo, dont la quasi totalité de la famille a péri lors du génocide en 1994, témoigne de son expérience des gacaca, nouveau système de tribunaux organisés dans le cadre de la politique de réconciliation nationale, où se confrontent rescapés et tueurs. Elle raconte son face-à-face avec les assassins de sa sœur Stéphanie, dont elle n’a jamais retrouvé le corps.

Bio express :
- Esther Mujawayo
Rescapé du génocide du Rwanda elle a perdu quasi toute sa famille, Esther Mujawayo est co-auteur avec Souâd Belhaddad de deux livres sur le drame du Rwanda, SurVivantes et La fleur de Stéphanie. En juillet 1994, elle a co-fondé une association pour les veuves, 'Avega-Agahozo' qui tente de leur apporter un soutien économique et psychologique. Elle est actuellement psychologue et thérapeute dans un centre psychologique pour réfugiés à Düsseldorf, en Allemagne.

- Souâd Belhaddad
Journaliste, écrivain et chanteuse franco-algérienne, Souâd Belhaddad a co-écrit deux livres avec Esther Mujawayo sur le drame du Rwanda, SurVivantes et La fleur de Stéphanie. Elle est grand reporter et a reçu en 1994, le prix AFJ. Elle est également l’auteur de Algérie, le prix de l’oubli sur le devoir de mémoire suite à la loi d’amnistie en Algérie. Dans Entre deux-je, elle s’interroge sur le problème identitaire des Franco-algériens.
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