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ibukafrance Rang: Administrateur

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 | Sujet: Re: Gacaca Jeu 3 Juil - 18:14 | |
| Jean Marie Vianney Uwanyirigira, 31 ans, qui se cachait sous le nom de Nyirigira et qui avait été libéré en 2001 par une grâce présidentielle a été condamné dimanche dernier à 15 d’emprisonnement par la juridiction gacaca de Cyivugiza du secteur Nyamirambo dans la ville de Kigali, a constaté l’Agence Hirondelle. Uwanyirigira a été reconnu coupable et condamné pour « complicité d’assassinat de plusieurs femmes et enfants de la famille Léoncie Habinda et d’autres familles », indique le verdict. Plusieurs témoins dont un enfant qui a pu échapper aux tueurs, ont raconté qu'il faisait partie d'un groupe de tueurs qui en raison du grand nombre de femmes et d'enfants, les avaient enfermé dans une maison et allaient les tuer ailleurs par petits groupes. Classé dans la 2ème catégorie des exécutants du génocide selon la loi organique en vigueur sur les juridictions gacaca, le jeune homme, qui plaidait non coupable, a été condamné en vertu de l’article 78 eu égard au jeune âge qu’il avait pendant le génocide, indique encore le verdict Arreté et incarcéré en 1995, sous le nom de Nyirigira, alors qu'il avait 18 ans, le jeune homme avait gardé cette identité à sa sortie de prison en 2001. « Cela a longtemps faussé les enquêtes. Nous avons dû aller chercher sa fiche de baptême. Celle-ci indique son vrai nom Uwanyirigira et sa vraie date de naissance en 1977 et non 1981 que porte sa carte d’identité », a précisé à l’Agence un membre du siège « Les juridictions gacaca n’étant pas compétentes pour juger les crimes de faux et usage de faux, la chose sera portée devant les juridictions classiques », indique encore le verdict « Nous vivons les derniers temps. Quelqu’un vous charge sans qu’il y ait un litige entre vous », a crié Uwanyirigira aprés le verdict. « A sa sortie de prison en 2001, il s’est caché derrière la bible et la prière », précise encore un membre du siège SRE/PB/GF © Agence Hirondelle ________________________________________________________________________________________ |
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 | Sujet: Re: Gacaca Mer 9 Juil - 8:52 | |
| M. Félicien Murenzi, 41 ans, directeur de la planification au ministère rwandais du Commerce, a été condamné le mois dernier à 19 ans d’emprisonnement par la juridiction Gacaca du secteur Ruyenzi, district de Kamonyi, aprés que plusieurs tribunaux l'aient jugé innocent des faits que lui étaient reprochés. Le 6 juin dernier, le haut fonctionnaire a été reconnu coupable et condamné pour sa responsabilité et sa complicité dans les assassinats de 30.000 personnes réfugiées à la paroisse de Mugina, dans une expédition au cours de laquelle 2 enfants ont été tués dans la famille de Faustin Munyaruhongore, détention illégale et usage d’une arme à feu, dans une autre expédition qui a tué plusieurs personnes à Mukunguri, et dans l'assassinat d’un certain Calixte. Plus de 30 témoins, complices de l'accusé et qui l'avaient dénoncé dans leur plaidoirie de culpabilité, sont venus témoigner pour sa défense. L’un d’eux a reconnu dans son contre-interrogatoire avoir été soudoyé. Cinq autres ont été condamnés pour parjures et leurs procès seront revus, a appris l'agence Hirondelle auprés d'un des juges. « Nous savions tout mais nous avions peur de dire la vérité : il a l’argent, il vivait dans la sphère des grands et il a une grande famille ici, au moment où nous nous sommes seuls et sans défense. Même les juges ont cédé à toute cette pression et l’ont acquitté à plusieurs reprises», a expliqué une veuve, rescapée de l'hecatombe de la paroisse de Mugina dans le secteur de Mukinga comme l’accusé. Lors des trois procès qui ont eut lieu dans ce secteur, au 1er degré, en appel et en révision, l’accusé avait été acquitté a-t-elle expliqué. "Soit les victimes, non avisées étaient absentes au procès, soit qu’on leur refusait la parole (...) l’argent tombait à flots ! Nous avons dû écrire un mémorandum au Service National des Juridictions Gacaca demandant encore la révision du procès par une autre juridiction que celle de Mukinga qui a fait preuve de partialité. Nous sommes contents que cette juridiction de Ruyenzi ait résisté à la corruption et fait justice" ajoute-t-elle. «C’est scandaleux, toute cette histoire ! Mon mari est retourné en prison pour avoir menti et voulu protéger ce tueur. Et l’argent promis n’a pas été versé en totalité. Cela compromet autant ma famille que l’unité et la réconciliation. Et c’est une autorité qui est la cause de tout ça ! », dit en colère et sous couvert d’anonymat, la femme d’un témoin condamné à 1 année d’emprisonnement. "Il a fallu suivre de près le procès surtout dans sa dernière audience, parce qu’on savait que le corrupteur était aux aguets pour jouer sa dernière carte », a expliqué un policier. Détenu à la prison centrale de Gitarama, Murenzi aurait demandé la révision de son procès. |
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 | Sujet: Re: Gacaca Mar 15 Juil - 10:49 | |
| Une jeune rwandaise habitant Kigali s’est donnée la mort le 7 juillet, en avalant un produit chimique toxique suite au refus de son père d’avouer son rôle dans le génocide de 1994, a rapporté lundi le journal Izuba (Le soleil) publié en langue rwandaise. Espérance Uwimana, 16 ans, suivait une formation de couturière, selon le journal. Avant de boire la dose fatale, cette adolescente qui résidait dans le quartier de Nyarugunga, a rédigé une lettre dans laquelle elle exprime son désespoir de revoir un jour son géniteur, à cause du refus de ce dernier de plaider coupable, rapporte Izuba. Selon le journal, Uwimana explique qu’en plaidant coupable, son père aurait pu être pardonné ou condamné aux Travaux d’intérêt général (TIG), ce qui leur aurait donné la chance de retrouver un jour la chaleur familiale. Suite au refus de son père de plaider coupable, elle en a conclu que sa vie était inutile, ajoute Izuba. Le génocide d’avril à juillet 1994 a fait 800.000 tués selon l'ONU, essentiellement au sein de la communauté tutsie. |
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 | Sujet: Re: Gacaca Mar 26 Aoû - 7:11 | |
| Le Ministère rwandais de la Défense organisait lui-même et supervisait l’entraînement des miliciens Interahamwe, a affirmé un accusé jugé la semaine dernière devant le tribunal gacaca de Cyivugiza, un quartier de Kigali. « Dans notre secteur de Nyamirambo, il y avait deux centres d’entraînement. Au centre scolaire de Cyivugiza, c’était uniquement pour notre secteur, tandis qu’au Stade Régional de Nyamirambo, c’était les communes Nyarugenge et Butamwa. Tout l’entraînement était supervisé par un capitaine de l’armée, avec des vétérans comme instructeurs », a expliqué Célestin Sezibera dont le jugement doit se poursuivre dimanche. Agé de 53 ans, conseiller du secteur de Nyamirambo avant et pendant le génocide des Tutsi de 1994, il est accusé de crimes de génocide et crimes contre l’humanité et jugé dans la 1ère catégorie des planificateurs du génocide. Son acte d'accustion évoque des "réunions de planification, de sensibilisation et d’organisation du génocide, distribution des armes du génocide, supervision du comité de crise, listing des survivants à traquer et de l’assassinat de tous les tutsi de Nyamirambo ». Plaidant non coupable pour tous ces chefs d’accusation, l’accusé reconnaît néanmoins la distribution de quelques fusils. « Au cours de la réunion du 16 avril 1994, dirigée par le Préfet Renzaho, il a été question de l’érection et de l’état des lieux des barrages, mais aussi de la distribution des armes. Le Ministère de la défense m’a alors remis 10 fusils que j’ai distribué aux responsables de cellule. Par la suite, personne ne m’a fait rapport de leur usage, mais j’ai su que c’était pour tuer les tutsi », a expliqué Sezibera. Jugé inefficace, «le préfet Renzaho m’a écrit une lettre de limogeage, le 29/4/1994, et a procédé à mon remplacement, sans informer même le bourgmestre qui était mon chef direct. Mes subalternes avaient déjà commencé à me manquer d’égards et à faire ce qu’ils voulaient », a raconté l’accusé pour tenter d'expliquer comment il n'avait pas pu preter assistance aux Tutsi pendant le génocide. Le seul témoin de l’accusation, un homme d’Eglise, a affirmé que Sezibera était à la tête des expéditions qui ont tué des Tutsi autour du monastère des Frères Josephites à Nyamirambo. « Pourtant il y a des gens qui étaient là au moment des faits, même avec des responsabilités hier et aujourd’hui ! Ils ne sont pas là et personne ne propose de les convoquer…Peur de se compromettre ? Les gens sont las de gacaca ? La justice attendue s’est estompée par force amendements de la loi sur les Gacaca ? Rien à exclure pour expliquer le manque de participation de la population ! », a commenté, en aparté, un juge « Inyangamugayo » à l’Agence. SRE/PB/GF © Agence Hirondelle |
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 | Sujet: Re: Gacaca Mar 26 Aoû - 7:13 | |
| Le procès d'Hermann Rushigajiki, ancien collaborateur du prefet Tharcisse Renzaho, en cours de révision depuis deux mois devant la juridiction gacaca du secteur Nyakabanda de la ville de Kigali, doit reprendre dimanche. Classé dans la 1ère catégorie des planificateurs du génocide, Hermann Rushigajiki est accusé de « l’assassinat de toutes les personnes tuées à Nyakabanda, le listing des Tutsi à tuer, la sensibilisation et le monitoring du génocide, la détention et la distribution d’armes, les réunions de préparation du génocide et la supervision de l’Etat-major des miliciens dans le secteur de Nyakabanda», selon l’acte d’accusation Les témoins de l’accusation sont unanimes sur la responsabilité de l’accusé dans « l’assassinat de John Nsengiyumva et son beau-frère Jean Baptiste Kaboyi, Kayitare Bernard et son fils Kayitare Benoît, Mukagasana Yvonne et sa mère Gahongayire, Ngarambe Vianney, toute la famille du chanteur Loti Bizimana, la famille Kamanayo, Benoît et Fulgence », précise encore l’acte d’accusation « La maison de feu John Nsengiyumva était presque mitoyenne avec celle de mon frère. J’y étais. Hermann a dit aux messieurs avec lesquels il était ‘c’est ici qu’habite le nommé Nsengiyumva’ en pointant du doigt sa maison. Quelques instants après, ces messieurs sont revenus à la tête de l’expédition qui a tué cette famille. J’en suis témoin », a indiqué un témoin L’accusé plaide non coupable pour tous ces chefs d’accusation. « Je ne pouvais rien faire de tout cela. J’étais vulnérable moi-même, ma femme étant tutsi et appartenant moi-même au parti MDR modéré de Faustin Twagiramungu. Les génocidaires n’avaient aucunement confiance en moi », plaide Rushigajiki. Néanmoins, plusieurs témoins l'ont décrit comme un homme de confiance du régime alors en place : d’assistant Bourgmestre en Commune Kacyiru, il a été fonctionnaire au Ministère de la Justice, sous Agnès Ntamabyariro, et, mieux encore, chargé de délivrer des laissez-passer pour véhicules, pendant le génocide, à la Mairie de la Ville de Kigali, sous la supervision du Préfet Renzaho. « Chaque jour un véhicule venait le prendre et le ramenait de la mairie », a précisé un de ses anciens voisins « Tous les partisans du MDR modéré étaient pourchassés et tués. Ni les tueurs ni tes ennemis ne t’ont fait aucun mal. Ou alors, personne ne t’a signalé à ton chef Renzaho, qui orchestrait les tueries. Quelle relation y avait-il entre lui et toi ? », interroge Monsieur Benoît Ngarambe, le président de la juridiction. « C’est Dieu qui m’a protégé », répond, du bout des lèvres Rushigajiki. Au premier degré puis en appel Rushigajiki a été acquitté par la juridiction de Rwezamenyo. Ses accusateurs sont soit d’anciens détenus, des compagnons de prison de l’accusé et des rescapés : « l’argent a coulé et noyé la vérité, et, avec elle, veut cacher les crimes d’Hermann », a expliqué un détenu venu témoigner. SRE/PB/GF © Agence Hirondelle |
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 | Sujet: Re: Gacaca Jeu 4 Sep - 6:39 | |
| Quinze personnes ont été condamnées en même temps par la juridiction Gacaca de la cellule Cyivugiza du Secteur Nyamirambo, ville de Kigali, à payer chacune d'ici 15 jours 1.500.000 francs rwandais (2726 usd) pour des biens pillés lors du génocide de 1994. Elles ont été jugées coupables « de la destruction de 7 maisons et d’en avoir pillé tout le contenu, d’avoir coupé tous les champs de bananiers, le tout appartenant à la famille Bihayihayi, dans la cellule Gatare du Secteur Nyamirambo », selon l’acte d’accusation. La valeur de tous ces biens est estimée à 27.584.000 francs rwandais (50.000 usd), a précisé le président de la juridiction. Un arrangement à l’amiable avait d'abord été décidé et chacun devait payer 600.000 francs (1.100 usd), a expliqué l'un des petits- fils de cette famille. Mais, "ils ont fait montre de mauvaise foi, je m’en remets à la justice pour un procès en bonne et due forme », a-t-il expliqué. « Moi, je suis disposée à payer pour mon mari Nizeyimana, décédé au Congo, mais la belle-famille ne veut pas que je vende la maison qu’il m’a laissée », a expliqué Olive, veuve d'un des accusés. Sa belle-famille compte 4 des 15 pilleurs, dont son beau-frère Sanane, pour lequel « si elle vend la maison, le produit va profiter aux enfants qu’elle a eu après la mort de mon frère », a-t-il regretté. « Regarde-les, ce sont de pauvres gens ! Ils vont se dépouiller de tout et vendre pour payer les pots cassés. Tout cela peut compromettre la réconciliation que vise la justice Gacaca, ils n’y ont pas pensé ; sinon, c’est l’arrangement à l’amiable avec la victime qui les arrangeait », a indiqué à l’Agence un membre du siège. Les décisions prises dans des procès pour pillage sont sans appel (art.94) et indiquent quand et comment les biens pillés seront payés : soit par restitution ou payement de la contre-valeur, soit par prestation de services équivalents, indique l’art.95 de la Loi organique sur les Gacaca. Depuis le début des juridictions Gacaca, le district de Nyarugenge a vu se tenir 1414 procès de 3ème catégorie, celle des pilleurs. Dans l'ensemble du pays, 308.738 procès avaient été enregistrés fin 2007. Ceux en cours résultent des dossiers nouvellement constitués. SRE/PB/GF © Agence Hirondelle |
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 | Sujet: Re: Gacaca Jeu 4 Sep - 6:40 | |
| Un ancien député rwandais, Etienne Magali, a été condamné le week- end dernier à la prison à vie après avoir été reconnu coupable d’implication dans le génocide de 1994 par un tribunal gacaca de Kigali, a-t-on appris mercredi de source officielle. Magali avait par ailleurs été, avant le génocide, agent du Service central de renseignement qui était rattaché à la présidence sous le régime de Juvénal Habyarimana. «L’ancien parlementaire a été condamné le week-end dernier à la prison à perpétuité (par la juridiction gacaca du secteur Remera), mais il a immédiatement interjeté appel », a indiqué mercredi à l’agence Hirondelle, Domitille Mukantaganzwa, secrétaire exécutive du Service national des juridictions gacacas (SNJG). « Il est notamment poursuivi pour le meurtre de plusieurs personnes, tuées à un barrage routier qui était érigé à proximité de son domicile à Remera, dans la ville de Kigali », a précisé Mme Mukantaganzwa par téléphone. Selon le quotidien pro-gouvernemental rwandais, le New Times, l’ancien député, qui doit comparaître dimanche prochain devant la juridiction gacaca d’appel, est également accusé de planification du génocide, de financement et d’équipement de la milice Interahamwe. M.Magali, sexagénaire aux tempes grisonnantes, siégeait jusqu’en 2005 à la chambre des députés où il représentait le Patri Libéral (PL), qu’il avait rejoint en 2003 après la dissolution de son parti, le Mouvement démocratique républicain (MDR). Ce dernier était accusé de divisionnisme et d’incitation à la haine ethnique. Sous la pression de la chambre des députés, Magali avait renoncé à son siège en 2005, après avoir été mis en cause. Depuis, il a comparu plusieurs fois devant le tribunal gacaca du secteur Remera dans la ville de Kigali. Les juridictions gacacas, inspirées de l’ancienne justice villageoise rwandaise, sont chargées de juger la presque totalité des auteurs présumés du génocide de 1994 dans lequel près d’un million de personnes, essentiellement parmi les Tutsis, avaient été tuées, selon Kigali. AI /ER/PB/GF © Agence Hirondelle |
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 | Sujet: Re: Gacaca Jeu 4 Sep - 6:53 | |
| Joseph Nzirorera, actuellement jugé devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), avait dirigé, en novembre 1993, une réunion de lancement du « Hutu Power », une fraction radicale censée regrouper tous les hutus dans chaque parti politique, a expliqué publiquement lors de son procès devant une juridiction gacaca Grégoire Nyirimanzi, qui était conseiller du secteur Nyakabanda, dans la ville de Kigali lors du génocide. « Vers novembre 1993, a expliqué Nyirimanzi devant la juridiction gacaca de Nyakabanda, Nzirorera, le secrétaire général du MRND, le parti du président Juvénal Habyarimana, a dirigé une réunion à l’hôtel Baobab pour nous expliquer le Hutu Power et son implantation dans tous les partis politiques. Le message était que les Hutus devaient se lever comme un seul homme contre l’ennemi Inkotanyi et tous ses acolytes». Lors de cette réunion, dont les participants étaient selectionnés, selon le témoin, Nzirorera était accompagné notamment du ministre du Commerce et membre du Parti libéral (PL), Justin Mugenzi, et de Froduald Karamira qui venait du Mouvement démocratique républicain (MDR). Mugenzi est en procès au TPIR tandis que Karamira, condamné par un tribunal rwandais, a été exécuté en avril 1998. Alors percepteur des finances communales au marché de Nyamirambo (Kigali), Nyirimanzi est promu du jour au lendemain conseiller du secteur Nyakabanda. Les allégations contre lui sont aussi graves que nombreuses : réunions de planification du génocide, assassinats de toutes les personnes tuées à Nyakabanda, parmi lesquelles Spéciose Mukakimenyi et ses enfants, établissement d’une liste de Tutsis à tuer, sensibilisation et suivi de l’exécution du génocide, détention et distribution d’armes. En plus de sa participation à la naissance de la tendance radicale, Hutu Power, vivier de l’idéologie du génocide, l’accusé reconnaît sa mobilité entre avril et juillet 1994. Il confesse également n’avoir rien pu faire pour toutes les victimes, mais rejette toute responsabilité dans les assassinats. « Je n’étais pas présent aux moments et lieux de ces crimes », réagit-il, depuis les 2 mois que dure son procès en révision. Spéciose Mukakimenyi, que Nyirimanzi est accusé d’avoir fait abattre et qui a survécu après 6 ans d’hospitalisation, ne rate pas une seule audience du procès, en dépit de son infirmité. Prenant appui sur ses béquilles, elle confie à l’agence Hirondelle : «Mes enfants ont été séquestrés au bureau du secteur et tués par Grégoire. Il faut qu’il en réponde ! ». Avant cette procédure en révision devant la juridiction de Nyakabanda, Nyirimanzi avait été acquitté au premier degré, puis en appel par une autre juridiction gacaca. Au nombre de ces co-accusés figure, entre autres, Herman Rushigajiki, un ancien collaborateur de l’ex-préfet de la ville, Tharcisse Renzaho, qui attend son verdict au TPIR. Tous ses co-accusés, des détenus comme lui, sont venus l’accabler. En plus des crimes dont il est formellement inculpé, tous l’accusent d’avoir créé « un réseau de corruption et d’intimidation, un échafaudage de fausses accusations pour incriminer des boucs émissaires, que nous acquittons pour la plupart », confie un juge gacaca à l’agence Hirondelle, en marge des débats. « Faute de preuves, les nommés Demokarasi Sudi et Hassan Kabesha sont acquittés et libres dès maintenant. Le procès Rushigajiki, Nyirimanzi et Kaboneye reprendra le dimanche 29 septembre 2008 », annonce le siège après délibération. La séance de ce dimanche 31 août est close et les détenus peuvent reprendre le chemin de la prison. Imperturbable durant tout le déroulement de l’audience, l’ex-conseiller est maintenant décontenancé. « Partons vite d’ici, j’en vois qui peuvent nous lapider », demande-t-il au gardien de prison venu avec eux. Interrogé par l’agence Hirondelle sur les motifs des ses craintes, il répond laconiquement : « on ne sait jamais ! ». SRE/ER/PB/GF © Agence Hirondelle |
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 | Sujet: Re: Gacaca Ven 12 Sep - 5:04 | |
| Le tribunal de grande instance de Nyarugenge, à Kigali, a rejetté mardi la requête d’irrecevabilité de l’action du Ministère Public contre Agnès Ntamabyariro, l'ancienne ancien ministre de la Justice qui estimait son arrestation illégale. « Le procès doit suivre son cours », a affirmé la juge unique, Roselyne Ninahazwa. Ce procès a commencé il y a plus d'un an. Entre Mai et Juillet 2008, la Cour s'est déplacée à Nyanza, Gitarama, Kibuye et Byumba, pour auditionner les différents témoins des crimes, commis sur place, qui lui sont reprochés. Accusée de génocide et de crimes contre l’humanité, Agnès Ntamabyariro, défendue par Me Gatera Gashabana, bâtonnier de Kigali, et par Me Jean Louis Libert, avocat au barreau de Liège (Belgique), avait attaqué l’action du ministère public pour « arrestation par enlèvement, détention préventive illégale, détention sans mandat d’arrêt ni procès verbal d’arrestation, torture…toutes contraires aux conventions internationales ». A l’allégation d’ « un procès interminable », la juge a rappelé, en plus de toutes les contraintes liées au contentieux du génocide, le fait de la nature du procès qui requiert des enquêtes aux différents lieux mêmes des crimes commis. L’acte d’accusation fait état de « planification du génocide, crimes de génocide et crimes contre l’humanité, réunions de planification et d’organisation du génocide à Nyanza et Kibuye, sa préfecture d’origine, campagnes de distribution d’armes, l’assassinat de Jean Baptiste Habyarimana, préfet de Butare au début du génocide, et du filleul de son mari». Avec Monsieur Justin Mugenzi, ancien Ministre du commerce en procès au TPIR à Arusha, Agnès Ntamabyariro est « responsable de la scission du Parti Libéral, parti d’opposition jusque fin 1993, et principal artisan du Hutu Power, fer de lance du génocide de 1994», a affirmé, à Gitarama, un témoin, ancien membre de ce parti. Arrêtée en Zambie en 1997 dans des conditions mal determinées, et ramenée au Rwanda où elle vient de passer dix ans en détention, cette ancienne ministre de la justice est le seul membre du gouvernement en place lors du génocide a être jugé par les juridictions rwandaises. SRE/PB/GF © Agence Hirondelle |
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 | Sujet: Re: Gacaca Ven 19 Sep - 5:59 | |
| Agnès Ntamabyariro, l'ancienne ministre rwandaise de la Justice, seule membre du gouvernement intérimaire à être jugée au Rwanda, a affirmé qu'elle s'en remettait aux juridictions semi traditionnelles Gacaca et aux services de renseignement, tant d’hier que d’aujourd’hui, pour établir son innocence des crimes de génocide et crimes contre l’humanité dont elle est accusée. Mercredi, lors de la reprise de son procès devant le tribunal de grande instance de Nyarugenge, un quartier de Kigali, l'accusée à affirmé à la juge unique, Mme Roselyne Ninahazwa, que seuls les services de renseignement et la justice populaire pourraient établir la vérité sur ses faits et gestes avant et pendant le génocide de 1994. A propos de son éventuelle complicité dans l’assassinat de Protogène Mutembe et de sa sœur Marie Claire Nyinawinkindi, elle a affirmé : « je n’avais aucun intérêt dans la mort de ces enfants que je considérais comme les miens ». L'ancien prefet de Gitarama, Fidèle Uwizeye, avait auparavant, pour l'accusation, affirmé devant la Cour qu’elle avait fait tuer ces enfants qui venaient, pourtant, de participer à une fête familiale chez elle. L’accusée a eu à se défendre du « sectarisme et divisionnisme » dont elle aurait fait preuve au sein de son parti, le Parti Libéral (PL). Après avoir mentionné certains représentants, tutsi, du parti à tous les échelons, Madame Ntamabyariro a déclaré n’avoir, durant aucun meeting du parti, fait preuve de sectarisme ou de divisionnisme. Selon l’acte d’accusation, l'ex-ministre est accusée de « planification du génocide, crimes de génocide et crimes contre l’humanité, réunions de planification et d’organisation du génocide à Nyanza et Kibuye, sa préfecture d’origine, campagnes de distribution d’armes, l’assassinat de Jean Baptiste Habyarimana, Préfet de Butare aux premières heures du génocide, et du filleul de son mari». Mardi, sa requête en « irrecevabilité de l’action du ministère public pour vices de procédure » avait été rejetée. Arrêtée en Zambie en 1997 dans des conditions mal éclaircies et ramenée au Rwanda ou elle vient de passer déjà 10 ans en détention, cet ancienne ministre de la justice, est le seul membre du Gouvernement dit « génocidaire » a être jugé par les juridictions rwandaises. Onze autres ont été ou sont en cours de jugement devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) à Arusha. SRE/PB/GF © Agence Hirondelle |
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 | Sujet: Re: Gacaca Mar 23 Sep - 7:54 | |
| Grégoire Nyirimanzi, conseiller du secteur Nyakabanda, un quartier de Kigali, pendant le génocide de 1994, a lancé dimanche un défi à la juridiction Gacaca du même secteur, en lui demandant de faire comparaître dans son procès tous ses anciens responsables de cellule « J’étais conseiller, d’accord. Mais il y avait des responsables de cellule sous mes ordres. Je n’étais pas en même temps chef et exécutant. Il faudrait les appeler tous dans ce procès, et chacun parlera de son rôle », a-t-il demandé à la juridiction en plaidant non coupable. Accusé de crimes de génocide et crimes contre l’humanité, cet ex-conseiller est poursuivi pour sa responsabilité dans« l’assassinat de toutes les personnes tuées à Nyakabanda, le listing des Tutsi à tuer, la sensibilisation et le monitoring du génocide, la détention et la distribution d’armes, les réunions de préparation du génocide, de l’assassinat des enfants de Madame Spéciose Mukakimenyi et d’avoir fait tirer sur cette dernière », selon l’acte d’accusation Il a admis ces crimes et regrette n’avoir rien pu faire pour toutes les victimes, mais nie sa propre responsabilité dans tous les assassinats. « Je n’étais pas présent aux moments et lieux de ces crimes. Ces crimes ont eu lieu dans des cellules, des zones et des nyumbakumi (groupement de 10 maisons) où il y avait des responsables », a-t-il déclaré aux juges. Lors des dernières audiences de ce procès qui dure depuis déja plus d’une année, l’accusé a reconnu également sa mobilité pendant le génocide, son rôle dans l’implantation du Hutu Power mais aussi dans les réunions du comité de crise. « L’audience de la semaine prochaine sera consacrée à l’audition de tous les responsables de cellule et autres autorités du secteur pendant le génocide, selon la demande de l’accusé. Dans un procès comme celui-ci, la vérité prime sur la vitesse », a expliqué à l’Agence Benoît Ngarambe, le président du siège. Riche en couleurs, en contradictions, mais aussi en témoignages où anciens détenus, détenus, victimes et autres témoins alternent autant que leurs vérités, leurs révélations, leur credo, leurs griefs et leurs sentiments, ce procès va recevoir dimanche la visite des parlementaires Sud-africains. SRE/PB/GF © Agence Hirondelle |
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 | Sujet: Re: Gacaca Mer 1 Oct - 18:06 | |
| Une parlementaire kényane, Catherine Kemura, a fait l’éloge des juridictions semi-traditionnelles rwandaises gacacas (prononcer gatchatcha) après avoir assisté dimanche, en compagnie d’autres membre du parlement de la Communauté d’Afrique de l’est (EAC), à une audience dans un quartier de Kigali. Mme Kemura a estimé dans un entretien avec l’agence Hirondelle que le Kenya pourrait s’inspirer de ces tribunaux rwandais pour vider le contentieux lié aux violences intertribales consécutives à l’élection présidentielle de 2007. «La vérité qui filtre du face à face entre l’accusé et la victime dans l’environnement même ou le crime a été commis, la rapidité avec laquelle les jugements sont rendus, autant de leçons qui peuvent nous servir au Kenya pour juger les auteurs des massacres post-électoraux de 2007 », a indiqué Catherine Kemura. Ces parlementaires de l’EAC ont reçu des explications sur le système de protection des victimes et témoins du génocide, les cas de refus de témoigner ou de parjure devant les gacacas. « Les organes de sécurité y veillent et aucun cas d’insécurité n’a jusqu’ici été signalé (dans le quartier) (…) la loi punit les cas de parjure et les personnes qui refusent de témoigner », leur a expliqué le président de la juridiction de Nyakabanda, Benoît Ngarambe. Commentant le procès du jour, ces législateurs se sont étonnés de ce que l’accusé, Grégoire Nyirimanzi, ex-conseiller du secteur Nyakabanda, n’ait pas demandé pardon malgré des témoignages accablants. Ils ont en revanche apprécié la participation de la population aux débats et la sérénité avec laquelle les rescapés revivent, lors des procès, le génocide de 1994. La Communauté d’Afrique de l’est comprend le Kenya, l’Ouganda, la Tanzanie, le Rwanda et le Burundi. SRE/ER/GF © Agence Hirondelle __________________________________________________ |
|  | | ibukafrance Rang: Administrateur

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 | Sujet: Re: Gacaca Jeu 9 Oct - 6:26 | |
| Mme Jeanne d’Arc Uwambazimana, médecin-anesthésiste, jugée pour génocide depuis deux semaines, comparaîtra à nouveau mercredi devant une juridiction gacaca du sud du Rwanda, a-t-on appris lundi de source associative locale. Pendant le génocide perpétré contre les Tutsis en 1994, le docteur Uwambazimana travaillait à l’hôpital universitaire de Butare (sud) où elle a repris ses activités après la guerre, selon la Ligue des droits de la personne dans la région des Grands lacs (LDGL). Elle est accusée d’avoir incité le personnel de l’hôpital à tuer les Tutsis et d'avoir arraché les perfusions des malades Tutsis, a rapporté lundi sur son site internet, cette organisation sous-régionale basée à Kigali. A la dernière audience, le 24 septembre, elle a rejeté en bloc, devant la juridiction gacaca de la ville de Butare, toutes ces accusations, a poursuivi la LDGL qui comprend une vingtaine d’associations de défense des droits de l’homme du Rwanda, du Burundi et la RDC. Le docteur Uwambazimana a expliqué, dans sa défense, qu’il y avait, à l’hôpital universitaire, beaucoup de miliciens Interahamwe et de militaires qui venaient enlever les malades pour ensuite les tuer en d’autres endroits. Elle a souligné qu’elle ne pouvait rien faire, en tant que médecin, face à ces tueurs, qui étaient devenus, selon elle, des animaux sauvages. Cinq personnes ont déposé ce jour-là, en faveur de l’inculpée et aucun témoignage à charge n’a été entendu. Plusieurs médecins qui travaillaient en 1994 à l’hôpital universitaire de Butare ont été jugés par la juridiction gacaca de l’endroit, dont certains ont été condamnés pour leur rôle dans le génocide de 1994. Inspirées des anciennes assemblées villageoises rwandaises lors desquelles « les sages » tranchaient des différends, les juridictions gacacas sont chargées de juger la plupart des responsables présumés du génocide perpétré contre les Tutsis en 1994. ER/PB/GF © Agence Hirondelle |
|  | | ibukafrance Rang: Administrateur

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 | Sujet: Re: Gacaca Jeu 9 Oct - 6:27 | |
| Le procès de l’ex-député Elysée Bisengimana, poursuivi pour crimes de génocide et crimes contre l’humanité, sera bientôt révisé par une juridiction gacaca de Huye, dans le sud du Rwanda, apprend-on de sources concordantes. Des juges de Huye se déplaceront à Rusizi, à plus d’une centaine de kilomètres, pour la révision de ce procès. Avant les dernières législatives du 15 septembre dernier, auxquelles il ne s'est pas présenté, Bisengimana était membre de la chambre des députés comme membre du Front patriotique rwandais (FPR, au pouvoir). Poursuivi pour son rôle présumé dans les massacres des Tutsis qui s’étaient réfugiés en 1994 au Groupe scolaire de Gihundwe, dans le district de Rusizi (sud-ouest), dont il était prefet des études, Bisengimana a été acquitté en 2007 en première instance, puis en appel. « Ce fut un procès très controversé où l’on parlait beaucoup de corruption et d’intimidation ; les victimes ont demandé la révision (…) Le Service national des juridictions Gacaca (SNJG) vient de nommer à cet effet une juridiction du district de Huye », a indiqué à l’agence Hirondelle François Kajiwabo, représentant d’Ibuka, à Rusizi. Ibuka (souviens-toi, en langue rwandaise) est la principale organisation de survivants du génocide. « Nous avons été contactés par le SNJG pour aller juger M. Bisengimana à Rusizi. C’est un point d’honneur pour nous, mais aussi un grand défi », a confirmé à l’agence Hirondelle un juge de Huye qui a préféré garder l’anonymat. « Rendre la justice là où les bénéficiaires eux-mêmes l’ont troquée contre l’argent rend précaire notre sécurité avant, pendant et après le procès. Mais nous allons montrer que nous sommes intègres », a-t-il ajouté. L’un des juges de Bisengimana en appel, Louis David Rwigemera, qui présidait le jury, a été condamné le mois dernier à 5 ans de prison pour corruption. « Il appartient à la juridiction (qui viendra de Huye) de déterminer la date du procès, de lancer les assignations et de nous en aviser », a pour sa part indiqué Albert Ndayisaba du service juridique au SNJG. Très contesté et déjà mis en cause lors de son entrée au parlement en 1999, Elysée Bisengimana figurait toujours sur une liste de dignitaires accusés d’avoir trempé dans le génocide perpétré contre les Tutsis en 1994. Parmi ceux-ci, figure également Alfred Mukezamfura qui était, avant les élections de la mi-septembre, président de la chambre des députés et, selon l’ordre constitutionnel, la troisième personnalité du pays. Son procès pourrait débuter le mois prochain devant une juridiction gacaca de Kigali. Un autre ancien député, Etienne Magali, a été, quant à lui, fixé sur son sort, le 21 septembre dernier. La juridiction gacaca du secteur Remera, un quartier de Kigali, l’a condamné à la prison à vie. Selon un consensus au sein du Forum des partis, un organe prévu par la Constitution rwandaise, tous les politiques cités dans le contentieux du génocide ne pourront revenir sur la scène publique qu’une fois absous par la justice. C’est pourquoi tous ceux qui sont mis en cause ont été exclus de la course aux dernières législatives, a expliqué à l’agence Hirondelle une source proche de ce forum. SRE/ER/GF © Agence Hirondelle |
|  | | ibukafrance Rang: Administrateur

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 | Sujet: Re: Gacaca Jeu 9 Oct - 6:28 | |
| « « Ici, on parle très souvent de corruption, d’injustice dans les jugements » (rendus par les juridictions gacacas), observe François Kajiwabo, qui représente dans le district de Rusizi (sud-ouest du Rwanda) l’organisation Ibuka, coiffant les associations de rescapés du génocide. « S’il n’y a ni vérité, ni justice, on ne peut espérer l’unité » entre les Rwandais, estime ce survivant. Dans ce district de la Province de l’Ouest, sont dénoncés presque chaque mois des cas de cas de corruption de personnes intègres siégeant dans ces tribunaux semi-traditionnels chargés de juger la plupart des auteurs présumés du génocide de 1994. « Néanmoins il est très difficile d’avoir des preuves tangibles », déplore Kajiwabo. Mais, dans certains cas, les corrupteurs et les corrompus sont démasqués. Ainsi le mois dernier, Louis David Rwigemera, président de la juridiction gacaca d’appel de Gihundwe B a été condamné par une autre juridiction du même secteur à 5 ans d’emprisonnement pour corruption. Pourtant désigné au sein de sa communauté comme personne intègre, Rwigemera a tenté de soudoyer des juges pour obtenir l’acquittement de son beau-frère, Ferdinand Mwitende. Ce dernier a été finalement condamné à 19 ans d’emprisonnement. « Le faux intègre » Rwigemera devra également, en plus des 5 ans de détention, payer une amende de 300.000 francs rwandais soit autour de 500 dollars américains. Le cas de Rwigemera est vécu par certains juges gacacas comme une honte. « Etre ‘inyangamugayo’ (intègre, en langue rwandaise) vous éloigne de bien des bassesses », estime le vieux Delmas Munyeragwe, président d’une autre juridiction gacaca de Rusizi. Pour lui, de tels manques de scrupules ajoutent à la souffrance des victimes. Munyeragwe ne se contente pas de simples mots. Le mois dernier, il a dénoncé Jean Ngendahimana, un chauffeur de taxi qui voulait lui remettre un chèque de 150.000 francs rwandais (environ 300 usd), pour entraver le cours de la justice dans un procès pour crimes de génocide. Selon la police locale, le dossier est en cours d’instruction au parquet de Rusizi. Certains corrupteurs ont même été surpris en flagrant délit par la police depuis l’ouverture des procès devant les gacacas en 2006. Le 14 avril 2004, un riche commerçant de Rusizi, Emmanuel Muzungu avait vu des policiers surgir dans le débit de boissons où il avait invité quelques-uns de ses juges pour leur donner un million de francs rwandais. Ces derniers avaient répondu à son invitation après avoir averti les forces de l’ordre. Une stratégie à laquelle recourent désormais de nombreux juges gacacas, même s’il est avéré que certains préfèrent empocher l’argent. SRE/ER/PB/GF © Agence Hirondelle |
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