| | | Des archives de l'Elysée sur le Rwanda accusent la France | |
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ibukafrance Rang: Administrateur

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 | Sujet: Re: Des archives de l'Elysée sur le Rwanda accusent la France Mer 4 Juil - 10:35 | |
| Génocide rwandais: la France savaitPar Zineb Dryef (Rue89) 09H31 04/07/2007 La publication de nouveaux documents donne espoir à ceux qui militent pour une reconnaissance du rôle de la France. La France reconnaîtra-t-elle un jour avoir eu un rôle dans le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994? Des documents publiés par Le Monde mardi 3 juillet montrent que l’Elysée savait, dès 1990, qu’un risque de génocide planait au Rwanda. Ces archives ont été transmises à la juge Florence Michon, chargée de l’enquête sur la “complicité de génocide” des militaires de l’opération Turquoise. Cette information judiciaire a été ouverte en 2005 à la demande d’Antoine Comte et William Bourdon, les avocats de six rescapés des massacres de 1994. Ces nouveaux documents ont poussé les avocats à réclamer les auditions par la juge de plusieurs hauts responsables français, dont les anciens ministres des Affaires étrangères et de la Défense: Alain Juppé (1993-1995) et Pierre Joxe (1991-1993), déjà entendus en 1998 lors de la mission parlementaire d’information sur l’implication de la France au Rwanda. Ces archives accablent l’Elysée et ne laissent aucun doute quant à l’information en provenance de Kigali dont disposait la présidence française. Dès 1990, un responsable militaire français à Kigali previent qu"il "est à craindre que ce conflit finisse par dégénérer en guerre éthnique". Puis, dans un télégramme datant du 19 janvier 1993, Georges Martres, ambassadeur à Kigali, écrit que le président Juvénal Habyarimana aurait donné "l'ordre de procéder à un génocide systématique en utilisant, si nécessaire, le concours de l'armée et en impliquant la population locale dans les assassinats". Quelques jours après, le 18 février, c’est la DGSE donne l’alerte sur de "véritables massacres ethniques". Précis, le texte stipule qu’"il s'agirait d'un élément d'un vaste programme de purification ethnique dirigé contre les Tutsis". Comment expliquer, alors, l’attitude de Paris qui, jusqu’au bout, soutiendra Juvénal Habyarimana? Après sa mort dans l’attentat du 6 avril 1994, qui achevera de lancer la machine génocidaire, la France n’hesitera pas à accueillir sa veuve, Agathe Habyarimana, considerée comme la tête pensante du génocide et aujourd’hui poursuivie par une plainte du Comité des parties civiles pour le Rwanda. Pour les connaisseurs de la question rwandaise, aucune nouveauté dans tout cela, si ce n’est la confirmation de ce que beaucoup répètent depuis des années. La voix fatiguée, Jean Carbonare, président de Survie jusqu’en 1995, a confié à Rue89, “être très heureux: la vérité se fait un peu plus dans notre pays”. Il est le premier à avoir averti les Français du risque de génocide, plus d’un an avant le début des massacres (voir son interview sur France 2, en janvier1993, reprise dans le film "Kigali, images contre un massacre"</A>).Raphaël Glucksmann, réalisateur du documentaire "Tuez-les tous", attend également de la France qu’elle “assume son passé”. Il souligne les manquements de la mission d’information parlementaire de 1998, à commencer par son intitulé: “En Belgique, il s’agissait d’une commission d’enquête parlementaire concernant les événements du Rwanda...” La France va-t-elle vers une reconnaissance de son rôle au pays des mille collines? Alain Ngirinshuti, vice-président d' Ibuka (“Souviens-toi” en kinyarwanda), une association regroupant des survivants du génocide, garde espoir: Outre l’évolution positive dans l’opinion publique et dans les médias, Alain Nigirinshuti attend du gouvernement français une rupture avec ses positions actuelles de déni et en attend plus de justice: Pour le Comité des parties civiles pour le Rwanda, “il s’agit d’une avancée car cette publication met en relief ce que l’on savait déjà”, a estimé Alain Gauthier, son président. Davantage impliqué dans la poursuite individuelle des génocidaires, Alain Gauthier a également rappellé qu’un mandat d’arrêt international a été émis, par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), à l’encontre de l’abbé Wenceslas Munyeshyaka. Ce prêtre rwandais, exilé en France, est accusé de génocide, viols et assassinats. Alors que de nombreux chefs d'Etat occidentaux ont présenté leurs excuses au peuple rwandais, celles de la France se font attendre. Alain Nigirinshuti nous livre son analyse: http://www.rue89.com/2007/07/04/genocide-rwandais-la-france-savait |
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 | Sujet: Re: Des archives de l'Elysée sur le Rwanda accusent la France Mer 4 Juil - 10:58 | |
| Génocide rwandais : ce que savait l’Elysée Date: 3-juillet 2007 LE MONDE | 02.07.07 Il est question de massacres, de réfugiés et de soldats français en ce 29 juin 1994, dans la salle où se tient un conseil des ministres restreint autour de François Mitterrand. Il est question du Rwanda, où la France vient de lancer l’opération humanitaire "Turquoise". La machine génocidaire, lancée le 6avril et qui fera entre 700 000 et 900 000 morts, tourne encore. "Historiquement, la situation a toujours été périlleuse, dit François Mitterrand lors de ce conseil. Avant l’assassinat du président Habyarimana [dans l’attentat du 6 avril], on ne m’avait pas signalé de drames à l’intérieur du pays." C’est faux. A partir de la fin de l’année 1990, plus de trois ans avant le déclenchement du génocide, l’Elysée avait reçu des signaux d’alerte diplomatiques et militaires. Des signaux aussitôt négligés, au nom d’une vision conservatrice façonnée par l’histoire coloniale de la politique africaine de la France. La preuve en est fournie par plusieurs volumes d’archives de l’Elysée transmis au tribunal aux armées, dont Le Monde a eu connaissance. Ces archives dessinent bien une France "mithridatisée" à son sommet, c’est-à-dire accoutumée volontairement au poison, selon le mot de la mission parlementaire réunie en 1998. Elles répondent à deux questions-clés : Que savait la France des préparatifs de l’entreprise génocidaire ? Quelle était la nature de la coopération militaire décidée par l’Elysée ? 13 octobre 1990 "Des groupes d’autodéfense armés d’arcs et de machettes" La version officielle de l’Etat français a toujours été la suivante : la présence militaire au Rwanda, à partir du dernier trimestre 1990, avait pour but non pas de soutenir unilatéralement le régime d’Habyarimana, mais de le pousser à un partage du pouvoir, tout en empêchant l’avancée militaire du Front patriotique rwandais (FPR) de Paul Kagame, soutenu par l’Ouganda. Le 3 octobre 1990, le régime rwandais sollicite l’appui de la France contre l’offensive conduite par le FPR. François Mitterrand décide de l’envoi d’une compagnie du 2e régiment étranger de parachutistes afin de protéger, voire d’évacuer, les Français sur place. Le détachement Noroit restera trois ans. Ses effectifs monteront jusqu’à 680hommes, soit quatre compagnies. Déjà, les prémices du génocide étaient visibles. En ce début octobre 1990, plusieurs milliers de personnes sont arrêtées arbitrairement dans la capitale ; elles ont le tort d’être tutsies ou d’avoir des intérêts communs avec des Tutsis. La France fournit néanmoins des munitions en masse à l’armée régulière, les Forces armées rwandaises (FAR). Le 12 octobre, le colonel Galinié, attaché de défense à Kigali, s’alarme dans un télégramme diplomatique de la multiplication de ces arrestations. "Il est à craindre que ce conflit finisse par dégénérer en guerre ethnique", ajoute-t-il. Le lendemain, son supérieur, l’ambassadeur Georges Martres, précise : "Les paysans hutus organisés par le MRND [parti du président] ont intensifié la recherche des Tutsis suspects dans les collines. Des massacres sont signalés dans la région de Kibilira." Les paysans, fidèles au régime, "participent de plus en plus à l’action militaire à travers des groupes d’autodéfense armés d’arcs et de machettes". Février 1991 La France décide de "durcir le dispositif rwandais" Et à l’Elysée ? On pense stratégie, front contre front. Il faut aider Habyarimana coûte que coûte et endiguer l’influence anglo-saxonne dans la région portée par l’Ouganda qui soutient la rébellion tutsie. Une assistance militaire technique a été décidée. Ses effectifs seront portés à 80 conseillers, qui jouent un rôle actif dans la formation des forces armées rwandaises. Le lieutenant-colonel Gilbert Canovas exerce même la fonction de conseiller du chef d’état-major. Le 30 janvier 1991, François Mitterrand suggère par écrit à son homologue rwandais plusieurs conditions à un règlement politique de la crise. Cette approche non contraignante est accompagnée d’un soutien militaire massif. Le 3 février, l’amiral Jacques Lanxade, chef d’état-major des armées, soumet à François Mitterrand les différentes options envisagées, notamment l’envoi d’un détachement d’assistance militaire et d’instruction (DAMI) qui devrait "renforcer la coopération" et "durcir le dispositif rwandais". Ces mesures, note le haut gradé, comportent le risque d’être interprétées par les autorités rwandaises comme un "soutien inconditionnel à leur politique". Le 21 mars, le DAMI est envoyé. Mais la situation se dégrade. Le soutien français au régime n’apporte pas de résultats. "La guerre déstabilise et radicalise de plus en plus" le Rwanda, affirme même Paul Dijoud, le directeur des affaires africaines du Quai, dans une note du 11 mars 1992 qui appelle à un renforcement de l’appui de la France à Kigali. Les livraisons d’armes s’accélèrent. 19 janvier 1993 Le pouvoir de Kigali voudrait "procéder à un génocide systématique", écrit l’ambassadeur Face à l’avancée de la rébellion, Juvénal Habyarimana est contraint d’envisager des négociations. La position de la France n’est guère aisée. Le 19 janvier 1993, l’ambassadeur Martres envoie un télégramme après sa rencontre avec Jean Carbonare, président du mouvement Survie et membre de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH). Celle-ci est sur le point de publier un rapport accablant. Elle dispose, explique M. Martres, du témoignage d’un ancien membre des escadrons de la mort chargés des exactions, du nom de Janvier Afrika. Selon ce dernier, le président rwandais aurait lui-même donné le signal de départ de massacres après une réunion avec ses collaborateurs. Il aurait intimé "l’ordre de procéder à un génocide systématique en utilisant, si nécessaire, le concours de l’armée et en impliquant la population locale dans les assassinats", écrit l’ambassadeur. |
|  | | ibukafrance Rang: Administrateur

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 | Sujet: Re: Des archives de l'Elysée sur le Rwanda accusent la France Jeu 5 Juil - 11:04 | |
| Les massacres de 1994 au Rwanda : l'État français a bien aidé les assassins. Des documents viennent d'être versés au dossier instruit par le Tribunal aux armées de Paris pour « complicité de génocide », dans les massacres dont furent victimes au Rwanda près d'un million de Tutsis et d'opposants hutus au régime. Ils portent sur le rôle de la France dans ce pays, d'octobre 1990 à août 1994. L'intérêt de ces documents réside dans le fait qu'il s'agit de notes de conseillers de Mitterrand, de procès-verbaux de conseils des ministres, de rapports du service d'espionnage français et de télégrammes rédigés par des diplomates alors en poste au Rwanda. Ces archives de l'Élysée remettent en cause la version officielle sur la politique de la France vis-à-vis de ce pays et apportent une multitude de preuves sur le fait que les dirigeants français ont, de 1990 à 1994, soutenu inconditionnellement le régime du président Habyarimana, alors qu'ils étaient parfaitement au courant de ses exactions et du génocide qu'il préparait contre les Tutsis. Ainsi, en juin 1994, Mitterrand affirmait qu'on ne lui avait pas « signalé de drames à l'intérieur du pays », ce qui était un mensonge grossier. Dès octobre 1990, alors que la France venait d'intensifier sa présence militaire et ses livraisons d'armes au régime rwandais, un conseiller militaire français, attaché à Kigali, signalait dans un télégramme diplomatique la multiplication des arrestations dont faisaient l'objet les Tutsis, ajoutant : « Il est à craindre que le conflit finisse par dégénérer en guerre ethnique. » En février 1993 encore, la DGSE (le service d'espionnage français), très présente au Rwanda, rédigeait une note à propos des assassinats qui firent à l'époque 300 morts parmi les Tutsis. Elle affirmait qu'il s'agissait « d'un élément d'un vaste programme de »purification ethnique« dirigé contre les Tutsis » et programmé par les dirigeants rwandais. En janvier 1994, quelques semaines avant le déclenchement du génocide, l'ambassadeur de France à Kigali faisait état dans un télégramme diplomatique des confidences d'un informateur selon lequel « 1 700 interhamwe (membres des milices pro-gouvernementales) auraient reçu une formation militaire et des armes pour cela [l'élimination physique des Tutsis], avec la complicité du chef d'état-major des FAR (Forces armées rwandaises) ». Et il poursuivait : « La localisation précise des éléments tutsis de la population de Kigali devrait en outre permettre d'éliminer 1 000 d'entre eux dans la première heure après le déclenchement des troubles. » D'autres documents confirment que durant toute cette période, la préoccupation première des autorités françaises a été de soutenir le régime d'Habyarimana pour tenter d'endiguer l'avance du Front patriotique rwandais, soutenu par l'Ouganda et à ce titre considéré comme un représentant des intérêts anglo-américains. Quitte à être directement complice du massacre auquel il se livrait. Tout cela ne constitue pas vraiment une révélation. La complicité de la France dans les massacres qui ont marqué le Rwanda entre 1990 et 1994 est un fait que seuls ses représentants officiels s'obstinent encore à nier. Mais ces documents officiels fournissent des preuves incontestables. Cela n'empêche pourtant pas l'État français de poursuivre le soutien politique et militaire à des dictateurs africains pourvu qu'ils défendent localement les intérêts de l'impérialisme français. |
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 | Sujet: Re: Des archives de l'Elysée sur le Rwanda accusent la France Jeu 5 Juil - 17:24 | |
| 05 Juillet 07- La France au Rwanda: Poursuivre sur le chemin de la vérité et de la justice( communiqué de presse Survie)La France au Rwanda. Poursuivre sur le chemin de la vérité et de la justice Communiqué, le 5 juillet 2007 Le 3 février 2005, la Commission d’Enquête Citoyenne (CEC) présentait à la presse son rapport intitulé L’horreur qui nous prend au visage. L’Etat français et le génocide au Rwanda (Karthala), dans lequel sont contenus tous les éléments qu’elle a pu réunir durant plusieurs mois de recherches et cinq journées d’auditions de témoins et experts (1). Ces éléments montraient la profondeur de l’implication des autorités françaises dans les événements du Rwanda de 1990 à 1994, et même au-delà de cette date en ce qui concerne le soutien à des membres éminents du régime génocidaire en déroute au Zaïre et dans de nombreux autres pays dont la France. A cette occasion les avocats Antoine Comte et William Bourdon avaient annoncé le dépôt de plaintes de victimes rwandaises pour « complicité de génocide et crimes contre l’humanité » contre X, visant des militaires français de l’Opération Turquoise (opération militaro-humanitair e lancée par la France du 22 juin au 22 août 1994) (2). Depuis lors, nous avons pris connaissance de documents de l’Elysée concernant la période de 1990 à 1994 que Maîtres Antoine Comte et William Bourdon ont transmis à la Juge d’instruction du Tribunal aux Armées et dont quelques uns ont été publiés depuis plusieurs mois sur notre site Internet (http://www.enquete- citoyenne- rwanda.org/). Dans son édition du 3 juillet 2007, et après avoir également pris connaissance des archives de l’Elysée, le journal Le Monde révélait la gravité des éléments qu’elles contiennent, à savoir : - la connaissance par les plus hautes autorités françaises de l’époque de la dérive génocidaire du régime rwandais et des risques de massacres à grande échelle - et la poursuite, malgré ces informations, du soutien français (notamment militaire) à ce même régime Entre temps, une vague de publications a tenté de brouiller les pistes sur la réalité du génocide et de marginaliser nos travaux, ainsi que ceux d’universitaires et de journalistes, afin de défendre le rôle de la France au Rwanda. Le 19 décembre 2005, la CEC a donc publié en réponse, un communiqué rappelant ce qui, en droit, constitue la complicité de génocide (3). Nous rappelons aujourd’hui la nécessité que l’implication française au Rwanda soit examinée par une véritable Commission d’enquête parlementaire qui aura plus de pouvoir d’investigation que la Mission d’information parlementaire qui s’est tenue en 1998. Une telle commission doit pouvoir faire toute la lumière sur cette « tragédie » et en tirer toutes les conséquences. Notamment, elle doit permettre la citation devant les tribunaux de responsables français et rwandais se trouvant en France et de jeter les bases d’une attitude de réparation de la France à l’égard des rescapés. Dans une démocratie digne de ce nom, il n’est pas concevable qu’il faille attendre que des plaintes soient déposées au Tribunal aux Armées de Paris par des victimes lointaines, soumises à des contraintes économiques aiguës, ne parlant pas le français et ignorant tout de la justice française, pour que des responsables français, qui ont déshonoré les Français à travers les drames personnels de ces personnes, soient interrogés par la justice. D’autre part, il apparaît indispensable que les parlementaires puissent exercer un contrôle sur la politique étrangère de la France, notamment quand des projets engagent notre armée à l’extérieur de notre territoire. Les interventions en Côte d’Ivoire, au Tchad, en Centrafrique et dans d’autres pays sont de cette nature, avec notamment l’engagement (comme au Rwanda dans les années 1990) des troupes d’élite du Commandement des Opérations Spéciales (COS), hors de tout contrôle démocratique. Tous les citoyens français doivent comprendre qu’il ne suffit pas de participer massivement à une élection présidentielle pour être quitte de son devoir de citoyen. Il est de la responsabilité de chacun, citoyens comme Parlementaires, d’agir afin de créer les conditions permettant la fin de l’impunité des crimes de la France au Rwanda et en Afrique en général. (1) La Commission d’enquête citoyenne a été mise en place par les associations Survie, Aircrige et Obsarm ainsi que des citoyens français. Ses auditions se sont déroulées du 22 au 26 mars 2004 à Paris. (2) Ces plaintes ont été déposées le 16 février 2005 auprès du Tribunal aux Armées de Paris (TAP), seul compétent à juger les crimes commis par des militaires français en opération à l’étranger. Le 23 décembre 2005, le TAP a ouvert une information judiciaire contre X. |
|  | | ibukafrance Rang: Administrateur

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 | Sujet: Re: Des archives de l'Elysée sur le Rwanda accusent la France Dim 8 Juil - 9:23 | |
| Les responsables politiques restent bien silencieux après les révélations du Monde. Il faut dire qu’en 1994, Mittérand était président, Balladur premier ministre, Juppé, ministre des affaires étrangères et qu’Hubert Védrine, qui vient d’accepter une "mission de réflexion et de prospective sur la place de la France et de l’Europe dans le monde", pour le président Sarkozy, était secrétaire général de l’Elysée. Le Monde du 2/07/07 rapporte que Florence Michon, la juge d’instruction du Tribunal aux armées de Paris (TAP), qui instruit une information judiciaire contre X pour « complicité de génocide » à la suite d’une plainte de rescapés rwandais visant l’armée française a reçu, mercredi 27 juin, par courrier un cédérom contenant une grande partie des archives de l’Elysée sur le Rwanda, qui avait été entreposées à l’Institut François-Mitterrand. A la lumière des documents qu’il a transmis à la juge, Me Comte (avocat des victimes) réclame les auditions des principaux responsables politiques et militaires qui y apparaissent. A savoir : Pierre Joxe, ministre de la défense, qui exprima des réserves sur l’engagement français en 1993, Alain Juppé, ministre des affaires étrangères en 1994, et les principaux conseillers de François Mitterrand à l’Elysée : le spécialiste de l’Afrique Bruno Delaye, le chef d’état-major particulier, le général Christian Quesnot, le chargé de mission Dominique Pin, et le secrétaire général de l’Elysée, Hubert Védrine. L’avocat souhaite que soient aussi entendus Georges Martres, ambassadeur à Kigali (1989-1993), et son successeur Jean-Michel Marlaud (mai 1993-avril 1994). Il semble ressortir des documents :  Que dès début octobre 1990, les prémices du génocide étaient visibles  Un télégramme diplomatique du 12 octobre 1990 du colonel René Galinié, alors attaché de défense à Kigali, s’alarme de la multiplication des arrestations arbitraires de Tutsis. « Il est à craindre que ce conflit finisse par dégénérer en guerre ethnique », écrit l’officier.  Le lendemain, l’ambassadeur Georges Martres précise que « les paysans hutus organisés par le MRND (parti du président) ont intensifié les recherches de Tutsis suspects dans les collines" et que "des massacres sont signalés dans la région de Kibilira. »  Que, malgré ces informations, la France continue de penser qu’il faut « aider Habyarimana coûte que coûte et endiguer l’influence anglo-saxone dans la région portée par l’Ouganda qui soutient la rébellion tutsie. » Ainsi le 3 février 1991, l’amiral Jacques Lanxade, chef d’état-major des armées soumet l’idée d’envoyer d’un détachement qui devrait « durcir le dispositif rwandais ». Ce détachement est envoyé le 21 mars.  L’ambassadeur Martres écrit le 19 janvier 1993 un télégramme dans lequel il fait état du témoignage d’un ancien membre des escadrons de la mort du nom de Janvier Afrika, selon lequel le président Habyarimana aurait intimé « l’ordre de procéder à un génocide systématique en utilisant, si nécessaire, le concours de l’armée ». Le 6 avril, le président Habyarimana est assassiné. L’évènement déclenche un génocide méthodiquement préparé par des campagnes racistes et la constitution de milices. Ce génocide aura fait 800 000 morts, essentiellement des membres de la minorité tutsie et des opposants hutus, en une centaine de jours. Dans le même temps, à Kigali, la justice Rwandaise enquête à charge contre la France. Colette Braeckman a témoigné devant la commission rwandaise (voir sur betapo). Elle produit un compte-rendu intitulé « France-Rwanda : le dossier s’alourdit » sur la suite des auditions. Entre autres personnes citées dans les débats et auditions, le nom de Nicolas Sarkozy, alors ministre du budget, surgit lors d’un témoignage sur des financements occultes du régime Hutus. « Les audiences se déroulent uniquement à charge, des actes positifs, des sauvetages de vies humaines à mettre à l’actif des forces françaises durant l’Opération Turquoise (il y eut aussi…) ne sont pas évoqués. A l’heure actuelle, malgré leur valeur documentaire, les travaux de la commission apparaissent surtout comme une « réplique en miroir » de l’ordonnance du juge Bruguière qui, lui, avait réservé au seul FPR toutes ses investigations, dans la seule intention de démontrer qu’en abattant l’avion présidentiel, les « rebelles tutsis » auraient été à l’origine du génocide. » C. Braeckman s’interroge sur le point de savoir si la véhémence des charges ne vise pas à créer les conditions d’une négociation avec Paris. |
|  | | ibukafrance Rang: Administrateur

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 | Sujet: Re: Des archives de l'Elysée sur le Rwanda accusent la France Ven 13 Juil - 10:47 | |
| Kigali « De 1990 à 1994, la France a fait la guerre non pas contre le FPR, mais contre les Tutsi. Cette guerre a été secrète, mais c'est une guerre. Car l'armée française y a été engagée », a indiqué à Kigali le Français Jacques Morel qui accuse son pays d'implication dans l'extermination des Tutsi du Rwanda.Jacques Morel est le dernier témoin étranger a être entendu en public par la Commission Mucyo qui enquête à charge sur la responsabilité de la France dans le génocide de 1994. A partir des archives de l'Elysée auxquels il a eu accès, Jacques Morel a démontré que les conversations non publiques entre le Président François Mitterrand et ses proches collaborateurs sur le dossier du Rwanda ont été marquées par une obsession ethnique permanente contre les Tutsi entre 1990 et 1994. Ainsi, au début de l'attaque du FPR, le 11 octobre 1990, l'amiral Lanxade, alors chef d'état-major particulier, écrit à François Mitterrand que «les forces tutsi maintiennent leur pression dans le Nord-Est du pays. [...] L'aide zaïroise devrait permettre de contenir la poussée tutsi si des renforts substantiels notamment d'origine ougandaise ne remettent pas en cause l'équilibre actuel ». Ici l'amiral Lanxade ne fait aucune distinction entre les exilés qui cherchent à retourner dans leur pays et les Tutsi de l'intérieur qui sont victimes d'un régime raciste et d'un système de quota ethnique. Autrement dit, l'ennemi de la France ne se définit pas selon eux par ses idées politiques mais par son origine ethnique ou raciale. «Les dix officiers rwandais qui rédigeront dans le cadre d'une commission formée le 4 décembre 1991 le texte définissant le Tutsi comme l'ennemi n'inventeront donc rien. Ils ne feront qu'écrire ce que disent les dirigeants français au plus haut niveau. Ce texte sera diffusé parmi les troupes le 21 septembre 1992, sur ordre du chef d'état-Major de l'Armée rwandaise, Deogratias Nsabimana », a indiqué Jacques Morel. Autres affirmations que l'ennemi de la France est le Tutsi : François Mitterrand au Conseil des Ministres du 17 octobre 1990 : Le Président de la République précise que l'intervention des troupes françaises au Rwanda n'avait d'autre objectif que d'assurer la protection des ressortissants français. «La France n'a pas à se mêler des combats d'origine ethnique qui se déroulent dans ce pays même si objectivement, il n'y a pas d'intérêt à ce que une petite minorité tutsi qui se révolte l'emporte sur la majorité de la population hutu.[...] ». 23 février 1993 : Une note du général Quesnot, chef d'Etat Major particulier de François Mittérand, à l'attention de François Mittérand. Cette note dit que «la victoire de l'ethnie tutsi qui dirige le FPR amenerait sans aucun doute un sursaut ethnique hutu dont les conséquences pourraient être dramatiques ». Propos analogues jusque pendant le génocide de 1994. Peu avant l'opération Turquoise, Alain Juppé, ministre des Affaires étrangêres fait un amalgame entre les Tutsi de l'intérieur avec le FPR dans sa réponse à une question orale du Sénat : « Les 20 % de Tutsi, même s'ils sont armés par certains pays de la région, ne pourront pas imposer leur loi à 80 % de Hutu », dit-il. François Mitterrand confond le FPR et les Tutsi dans ses interventions au Conseil restreint du 22 juin 1994, à la veille de l'opération Turquoise : François Mitterrand : « Ces tutsi ont un commandement intelligent et ferme.[...] Les Tutsis vont instaurer une dictature militaire pour s'imposer durablement ». Dans sa réponse, l'amiral Lanxade fait la même assimilation : « La question que je me pose aujourd'hui est la suivante : le front va-t-il s'effondrer ? Nous avons très peu d'information sur la partie prise par le FPR. Le vide a été fait par les Tutsis ». Au conseil restreint du 29 juin, François Mitterrand et l'amiral Lanxade parlent de zone tutsi pour désigner la zone FPR : François Mitterrand : Que se passe-t-il en zone tutsi' ? Amiral Laxande : « Ils ont fait le vide. Les Hutus ont fui vers la Tanzanie et l'Ouganda. La zone tutsi devient un Tutsiland ». Liens Pertinents Afrique Centrale Rwanda Afrique et Europe Conflit, Paix et Sécurité Cette diabolisation permanente des Tutsi partagée par ceux qui gèrent le dossier du Rwanda en guerre montre que la France a choisi son camp, celui du génocide. Né en 1942 en Lorraine, Jacques Morel est diplômé de la faculté des sciences de l'Université de Nancy. Il est également ingénieur informaticien formé dans un laboratoire du CNRS (Centre National de Recherche Scientifique). Jacques Morel a été coopérant en Algérie de 1967 à 1969 où il a enseigné à l'Université d'Alger. Il est présentement membre de l'Association Survie qui milite pour la justice et la transparence dans les relations franco-africaines. Jacques Morel s'apprête à publier les résultats de ses recherches sur le rôle de la France dans le génocide dans un ouvrage de plus de sept cents pages. |
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