Le 7 avril, sera commémoré le génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda, en 1994. Ce sera l’occasion, pour les rescapés vivant en Belgique, de lancer un nouvel appel pour la pénalisation du négationnisme anti-Tutsi. Alors que des génocidaires rwandais ont été, à deux reprises déjà, en vertu de la loi de compétence universelle, jugés et condamnés par la Cour d’assises de Bruxelles, les attaques de négationnistes sur le sol belge ne peuvent pas donner lieu à des poursuites judiciaires. Un paradoxe dénoncé par Ibuka, une association regroupant des survivants du génocide. Son responsable à Bruxelles, Emmanuel Gatera, s’est, récemment encore, fait agresser à l’occasion de la première de la projection du film Rwanda, les collines parlent.
« On m’a menacé de mort, cela ne date pas d’hier. Si la justice belge juge des génocidaires, il faut aussi, en Belgique, une loi qui sanctionne le négationnisme. Cela devrait aller normalement de paire. La situation actuelle n’est pas normale. Nous demandons et continuerons à demander l’adoption d’une telle loi. »
Une loi de 1995 sanctionne, en Belgique, la négation de la Shoah. Il était question, l’an dernier, de l’étendre aux autres génocides, dont le génocide des Tutsi. Mais l’extension de la loi au génocide des Arméniens dans l’empire ottoman en 1915, reconnu par le sénat belge en 1998, a donné lieu à des polémiques juridiques sur fond de considérations électoralistes, la communauté turque de Belgique comptant 120 000 personnes.
Du coup, c’est tout le débat sur la sanction du négationnisme des génocides des Tutsi et des Arméniens qui a été suspendu. Le dossier est actuellement examiné par une commission interministérielle belge.
Une plate forme regroupant le Centre communautaire laïc juif, les communautés tutsi et arménienne de Belgique, va publier le 7 avril un communiqué commun « contre l’impunité de tous les négationnismes ».