Génocide : les victimes souhaitent une indemnisation
La principale organisation de rescapés du génocide de 1994 au Rwanda, Ibuka, a demandé aux Nations unies de "réparer les torts causés aux victimes" en les indemnisant, dans une lettre au secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, distribuée lundi à la presse. "Il est grand temps que les Nations unies se réveillent pour réparer les torts causés aux victimes du génocide de 1994", écrit Ibuka dans cette lettre communiquée aux médias par le président de l'organisation, Théodore Simburudali, en visite au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) basé à Arusha (nord de la Tanzanie).
"Des victimes vivent dans des conditions de vie inhumaines consécutives au génocide et attendent que justice leur soit rendue.
Cette justice, c'est l'indemnisation", estime Ibuka ("souviens-toi", en langue rwandaise).
"Il est hautement déplorable de constater que 13 ans après le génocide, les Nations unies ont toujours fermé les yeux sur ce problème. Les Nations unies se sont souciées uniquement de la répression des coupables", ajoute Ibuka.
Selon l'organisation, "les victimes du génocide ont souffert de l'inaction de la communauté internationale" dans la mesure où ce génocide "s'est passé au vu et au su du monde, pire encore, en présence des forces armées des Nations unies".
La Mission de l'ONU au Rwanda (Minuar) était déployée au Rwanda en 1994, notamment pendant le génocide, qui a fait, selon les Nations unies, environ 800.000 morts parmi la minorité tutsie et les Hutus modérés.
M. Simburudali est arrivé lundi à Arusha en provenance de New York, où il a remis cette lettre aux services du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. Il a rencontré à New York le président du TPIR, Dennis Byron.
En 2002, l'ex-présidente du TPIR, Navanethem Pillay, avait écrit au secrétaire général de l'ONU en interpellant la communauté internationale sur cette question de l'indemnisation des victimes.
Au siège du TPIR, M. Simburudali doit rencontrer des responsables du tribunal, dont le procureur en chef Hassan Bubacar Jallow.
Le TPIR, créé par les Nations unies, est chargé de rechercher et juger les principaux responsables présumés du génocide de 1994 au Rwanda.