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 Séjour-Stage: Impressions au quotidien....

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ibukafrance
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MessageSujet: Séjour-Stage: Impressions au quotidien....   Ven 30 Juin - 4:44

L'appui mené avec la Mairie de Châlette s'est matérialisé concrétement. L'élève infirmière désireuse d'effectuer son stage au Rwanda est bien arrivée à Kigali. Elle a démarré son séjour, comme prévu, à Rwamagana, au sein de la clinique d'Avega Est. A suivre.......


Dernière édition par le Jeu 6 Juil - 12:31, édité 1 fois
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ibukafrance
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MessageSujet: Re: Séjour-Stage: Impressions au quotidien....   Jeu 6 Juil - 12:30

Dimanche 2/07, c’était une célébration pour clore la période de deuil de cent jours. A la suite d’une cérémonie religieuse, de discours de personnalités et témoignages de personnes rescapés, 6 cercueils adultes et 1 cercueil enfant, contenant des ossements de victimes du génocide, ont été déposés dans un caveau prévu à cet effet. Ce site deviendra un mémorial supplémentaire, il y en a déjà beaucoup.

Le soir une autre cérémonie (discours, veillé, témoignages) a été donné ici dans le centre d’accueil d’Avega.

Le lendemain, lundi, était une journée de travail comme les autres, théoriquement, seulement l’atmosphère n’y était vraiment pas, en effet tous les membres de la structure Avega, eux même victimes rescapés, étaient très troublés et affectés par toutes les célébrations du week-end (2 personnes ont dû être hospitalisées), à la clinique aussi de nombreuses patientes sont venues très souffrantes (dans leur cœur), prostrées, muettes, sanglotantes n’ayant plus de larmes à verser, les yeux dans le vide.

Quelle impuissance face à tant de souffrance !

Hier jour de la libération (le 4 juillet 1994, fin du génocide), la fête à été d’une autre forme. Sur un stade situés dans la campagne sur une haute colline (entendez en altitude) dans le village de Nzige un défilé s’est déroulé représentant tous les travailleurs du secteur de Rwamagana.

J’ai revêtue le gukenyera (tenue traditionnelle) et quel privilège m’a été fait en me faisant participer à ce défilé. Arrivés devant la tribune des rires et des applaudissements retentirent, la cause : d’une umuzungu (blanche) en tenue traditionnelle défilant avec Avega.

Ensuite dans la tribune officielle nous suivons le spectacle : toujours des discours, mais aussi des danses folkloriques, les danseurs « intores » superbe spectacle puis pour clore la cérémonie : un match de foot !

Une équipe (les bleus) représentée par des membres exécutifs (entendez administratif) avec en joueur principal Monsieur le Maire de Rwamagana, j’ai trouvé cela très sympathique de voir une personnalité comme lui revêtir le short pour animer le spectacle.

L’autre équipe (les jaunes) était composée d’un membre de chaque institution de travailleurs ayant défilés, pour représenter le centre d’accueil d’Avega c’est le responsable de la clinique lui-même qui fut nommé, le Dr Habimana Rafiki, très bon joueur de sur crois.

Les jaunes ont battus les bleus 3-1.

Je crois que pour vous c’est un jour important en France, les bleus iront-ils en demi final ? contre l’Italie c’est j’ai tout bien suivi.

Enfin j’ai passé une grande journée hier , et pas seulement moi car il fallait voir l’ambiance dans le stade, cela à été un grand moment de relâche pour tous.

De retour à Avega la fête a continué, quelques membres, invités à le faire par le président de la cérémonie : le joueur de foot et responsable de la clinique Dr Rafiki ( qui veut dire « ami » en swali) ont témoigné de leur ressenti par rapport aux événements des derniers jours.

Bien que ne parlant pas le kinyarwanda j’ai pu comprendre les émotions qui émanaient des récits. J’ai dû moi aussi témoigner de mes impressions concernant les 3 jours précédents, grâce à Alice une infirmière de la clinique qui m’a gentiment servie d’interprète, j’ai essayer de leur dire à quel point je les trouvaient admirable par leur dignité, que j’ai réellement été touché par toutes ces cérémonies révélant la souffrance encore intacte 12 ans après et combien si cela est possible je souhaitai pouvoir les aider.

A l’issue de ces discours un bal fut donné. Un grand moment de partage, la danse est un langage universel et cela à été très plaisant de sentir que la joie était venue adoucir ces douleurs anciennes.

J’ai pu aussi goûter au cours du repas ma première bière « Primus » fabriquée au Rwanda.
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ibukafrance
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MessageSujet: Re: Séjour-Stage: Impressions au quotidien....   Dim 9 Juil - 6:07

Mercredi 5, journée tranquille à la clinique.

Le soir je suis allée rendre visite à une jeune fille qui travaille à la cuisine, hospitalisée pour la malaria, celle-ci sévit beaucoup dans ce secteur car à proximité de marais et du lac Muhazi. L’hôpital de Rwamagana, qui est situé à 10 minutes à pied d’Avega, est relativement grand. J’ai pu voir des salles d’une vingtaine de lits, vraisemblablement la pédiatrie, mais la personne visitée était installée dans une chambre à 2 lits.

Le soir j’ai pu assister au match France -Portugal, la télévision à été sortie pour l’occasion !!! Nous étions 4 personnes à suivre l’événement. La mi-temps avec les publicités rwandaises tantôt commentées en kinyarwanda, en anglais ou en français, il y en a pour tout le monde, cela m’a beaucoup amusé !


Jeudi, je m’apprêtais à passer une journée très tranquille à la clinique car les jeudis sont réservés au Gacaca (prononcez gatchatcha): tribunaux populaires et ce our là les personnes ne viennent pas à la clinique.

Seulement en arrivant dans le service j’apprend qu’une infirmière doit se rendre sur le terrain pour pratiquer une Réunion d’information, éducation concernant le VIH/SIDA. Il parrait que c’est loin à la frontière du Burundi.

Je suis emballée par ce projet et tache d’y participer. Je fais donc ma demande au Dr Rafiki, qui accepte sans problème.
L’infirmière, le chauffeur et moi nous voila partis à 10 heures, nous passons par Kigali, puis continuons notre route, très rapidement nous empruntons un chemin de terre rouge très poussiéreux que nous ne quitterons pas jusqu'à notre arrivée.

Nous traversons la vallée de la Nyabarongo et la rivière du même nom. Des marais s’étendent sur toute la vallée, c’est très joli ! Puis nous effectuons une nouvelle ascension, mais cette colline semble être un endroit très « campagne » à la vue des personnes croisées qui semblent très pauvres, ce qui me confirme ce sentiment ce sont les petites maisons rondes, faites de terre séchées recouvertes de branchages pour le toit, qui longent le circuit.

Imaginez un chemin de terre où nous roulons à environ 50-70 km/H, « ça bargueboule » fort, comme on dit dans le Loiret !!!!! Enfin nous arrivons à Ngenda à 12h40 et oui c’est loin en effet 2h40 de route !

Nous sommes accueillies très chaleureusement, accolades et embrassades, choses que je n’ai pas encore connu jusqu’à présent. Les femmes sont une dizaine à attendre, puis très rapidement de nouvelles personnes arrivent de toutes parts; nous commençons la réunion, le groupe doit être composé d’environ 40 à 50 personnes.

La prière pour commencer, le discours d’usage ensuite, puis les présentations et enfin l’infirmière m’introduit afin que je présente ce qu’est le virus du SIDA, les modes de transmissions et les mesures de prévention, bien sûr j’ai été traduite vous vous en doutez ! A l’évocation du préservatif, la foule était très réactive, elles se demandaient comment elles pouvaient éduquer leurs enfants filles ou garçons à cette pratique et comment une femme peut avoir des enfants si les rapports sont protégés, très intéressants tous cela, j’aurais beaucoup aimer discuter de tout cela avec elles !
La réunion s’est très bien déroulée, l’auditoire a été très attentif et sur la fin de la réunion j’ai pu dénombrer environ 80 femmes, toutes veuves, présentes.
Nous sommes repartis vers 15h20, 18h à Avega. Bonne journée fatigante mais je suis ravie de ses rencontres authentiques et de voyage.

Vendredi: 8h à la clinique, j’ai vu depuis le début l’organisation à peu près et me lance à entreprendre des initiatives qui me sont accordées.

Je prépare la visite qui se déroulera ce matin avec le médecin: Retrouver des noms rwandais m’est à présent aisé, mais même en début de semaine j’en aurais été incapable, ils me semblaient tous fort compliqués alors que maintenant j’arrive à les lire et même quelques fois à les prononcer !
Puis comme l’autre infirmière a beaucoup de dossiers à constituer pour une nouvelle organisation, elle me propose de commencer la visite avec le médecin, j’accepte volontiers, je relève le défi, je vais essayer car le docteur intervenant ce matin est anglophone!

Les consultations commencent : J’accueille les patients d’un « Mwramutse ». Je comprend dans les grandes lignes les problèmes exposés, pour un grand nombre, il s’agit d’un renouvellement de leurs traitement : Anti Rétro Virus pour lutter contre le SIDA ou bien d’antibiotiques (Bactrim®) pour les personnes séropositives. Je prends les tensions si besoin, à la demande du médecin. Je redonne un nouveau rendez-vous pour le mois prochain. Les consultations vont se dérouler jusqu’à 15 heures.
En finalité notre duo avec le médecin fonctionne très bien, lui s’essayant au français et moi baragouinant avec mon anglais scolaire vieux de 20 environ.
Au cours des consultations le cas d’une jeune fille de 14 ans, qui en paraissait 9, m’a particulièrement touché, elle est atteinte du SIDA, toute menue, petite, toute frêle, son corps semblant tout usé a force de combattre cette maladie. Cette fillette qui n’avait plus envie de sourire, accompagnée par son grand frère de 16 ans environ qui lui aussi supportait mal l’atteinte de sa petite sœur, souffre depuis plusieurs années d’affections pulmonaires, aujourd’hui elle tousse toujours et son petit corps tout entier tressaille à chacune de ces toux.

Puis une vieille femme très grande mais surtout très maigre, sa bouche est édentée d’où sa maigreur, j’apprendrais que sa dentition est ainsi à cause de coups qui lui ont été portés durant le génocide.

Voici le quotidien de la clinique d’Avega !

Aujourd’hui je dois visiter une association, Subira Useke, ici à Rwamagana, à 5 kms d’Avega, et demain je dois me rendre au lac Muhazi situé à une vingtaine de Kms d’ici.
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ibukafrance
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MessageSujet: Re: Séjour-Stage: Impressions au quotidien....   Ven 14 Juil - 4:49

Samedi 8
Petit tour dans la ville de Rwamagana, puis j’ai dégusté mes premières brochettes de chèvre à l’hôtel Dereva qui est à proximité d’Avega. Cet endroit jouit d’un cadre très agréable. J’ai passé un moment bien sympathique en compagnie de Jean Bosko. Le projet d’aller visiter son association « Subira Useke », dont il est le coordinateur a été repoussé à dimanche prochain.

Dimanche 9
Deux « guides » d’Avega m’ont emmené jusqu’au lac Muhazi situé à une vingtaine de kilomètre de Rwamagana. Nous avons passé la journée au bord de ce plan d’eau dans le très beau cadre du restaurant « Jumbo beach ».
Journée très reposante : ballade en barque avec des rames, puis ensuite un peu plus loin avec une barque à moteur. Sur une des rives j’ai pu apercevoir la résidence présidentielle.

Au retour, dans le minibus, à la gare routière de Kayonza, j’ai fais l’attraction, en effet j’étais assise tout près de la porte d’entrée, quand tout à coup un enfant d’environ 12/18 mois s’apprête à monter, quand ses yeux se fixent sur mes chevilles, à cet instant il ouvre de grands yeux et sans même en voir plus, fuit le danger en hurlant : sa première blanche vraisemblablement !!! Pour qu’il accepte de grimper, ses parents ont été obligés de faire un « barrage » entre lui et moi. Durant le voyage je tente de me retourner afin de dissiper ce malentendu, mais toutes ces émotions ont dû avoir raison de lui : il dort à poings fermés dans les bras de sa maman.
Un moment de franche rigolade a gagné le minibus durant toute la scène !!!

Le soir : finale France-Italie je ne m’étendrais pas sur cet épisode …

Lundi 10
Clinique : j’effectue les consultations avec le Dr Djenny, francophone.

Ce matin là une fillette accompagnée de sa maman vient pour le renouvellement de son traitement d’anti retro viraux pour combattre la progression de la maladie du sida. Elle a pour compliquer son état de santé : la malaria et une pneumopathie (pathologies assez couramment rencontrées). Elle semble avoir entre 11 et 12 ans car pas encore formée. A son départ je me penche sue son dossier, J’hallucine : elle est née en 1986 !!! Elle à donc 20 ans !!! Elle pèse 38 kgs !!! Et son taux de CD4 (cellules cibles auxquelles s’attaque le virus du sida) est de 92 !!! (il est autour de 800 à 1000 pour les gens bien-portant).
La maladie a déjà largement usé ce corps de fillette ? de femme ? je ne sais comment le définir. Que de ravages !!!!!

Mardi 11

Clinique : consultations avec un autre médecin francophone que je n’ai encore jamais rencontré : Dr Méthode.
Il m’explique des tas de choses : pathologies et traitement. Journée très intéressante !

Mercredi 12

Clinique : je compte toute la journée, aligne des chiffres pour établir des rapports destinés aux divers organismes impliqués dans l’organisation de la clinique. Je vais tout de même jeter un œil du côté des consultations de temps à autre et dans la salle d’Information et Education car aujourd’hui plusieurs personnes, d’un secteur en particulier, sont présentes pour un complément d’informations, la constitution d’un dossier et la première visite avec le médecin pour les personnes atteintes par la maladie.
L’après midi je rencontre la coordinatrice d’Avega afin d’organiser mon stage à l’hôpital de Rwamagana qui pourrait débuter la semaine prochaine.
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ibukafrance
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MessageSujet: Re: Séjour-Stage: Impressions au quotidien....   Dim 23 Juil - 6:20

Jeudi 13 juillet

Ce matin je rencontre le directeur de l’hôpital de Rwamagana et lui expose mon projet de stage, celui-ci confirme volontiers ma présence dans son établissement. Je poursuis mon stage dans différents services et ce durant 15 jours : 3 jours en maternité, 2 jours en médecine, 2 jours en chirurgie et enfin en pédiatrie.
Ensuite je visite l’hôpital.

La vision des services est pour moi assez déroutante, le manque d’hygiène me frappe : mélange de liquides organiques, de repas préparés par les familles, de produits médicaux utilisés.....


Vendredi 14 juillet (je pense aux feux d’artifices !!)

Journée routinière à la clinique.

Le soir je décide de me rendre seule à Rwamagana. Je suis interpellée tout au long de mon chemin mais je commence à m’y habituer. Je rentre dans une petite boutique en bord de route pour y acheter un paquet de cigarettes ( OUI !!! je sais ce que vous allez me dire ….. !!!!!).

Au moment de repartir, un homme qui est attablé devant une Primus ( à l’intérieur de la boutique), me demande si je connais cette bière, je comprends qu’il veut parler avec moi, j’accepte l’invitation et commande un coca. Cet homme me raconte sa vie : il est instituteur à côté du lac Muhazi, donne des cours le matin à 90 enfants de première année primaire ( 6/7 ans) et à 90 autres l’après-midi pour un salaire de 26 000 francs rwandais c'est-à-dire environ 40 euros, avec 8 ans d‘ancienneté ! Cette somme est bien insuffisante pour vivre correctement et c’est le cas de bon nombre d’habitants. Il venait aujourd’hui consulter à l’hôpital et on venait de lui voler son vélo, un drame comme vous vous en doutez mais il prenait cela avec beaucoup de philosophie!

Samedi 15 juillet

Je décide de me rendre à Kigali, mais aujourd’hui c’est une journée nationale et dans tout le pays se déroulent des gacacas, si bien qu’aucune activité ne fonctionne donc pas de moyen de transport.

13 heures : départ du minibus, 14 heures arrivée à Kigali.

Ici je passe beaucoup plus inaperçue qu’à Rwamagana, dans la capitale les personnes sont habituées à voir des « umuzungu ». J’ai rendez-vous avec mon guide, un étudiant rencontré lors de la soirée donnée à Avega 15 jours plus tôt. Yves me fait visiter une partie de la ville.

La visite commence par l’enceinte du KHUI (Kigali Hospital University Institut), ces différents bâtiments vu de l’extérieur, puis nous passons devant l’hôtel Continental (le plus luxueux hôtel du Rwanda), puis l’ancienne caserne qui était occupée par les casques bleus, le KIST (Kigali Institut Science and Technologie), l’arrière de l’hôtel des Milles Collines puis nous arrivons à un grand rond-point avec à son bord le centre d’échange franco rwandais, (dommage celui-ci est fermé le week-end !). Nous remontons par la rue commerçante, en haut de celle-ci nous tournons à gauche, au bout de la rue la prison, grand bâtiment de briques rouges. Pour finir la journée, Yves m’emmène à la terrasse d’un café surplombant Kigali, situé dans la rue commerçante.
18H20 je reprend le minibus qui me ramène à Rwamagana. J’ai passé une bonne journée.

Dimanche 16 juillet

Aujourd’hui je visite l’association Subira useke (retrouver le sourire) celle-ci prodigue de l’enseignement pratique, ce centre se situe à Rutonde, à une petite demi heure; pour s’y rendre à moto car il faut emprunter une route de terre. Il y a 3 grands bâtiments comprenant un atelier menuiserie, un de couture, une salle de cours pour l’enseignement théorique et l’administration. Il réalise aussi du batik: pratique qui consiste à teindre du tissu afin de confectionner divers vêtements : boubous, chemises, bermudas et jupes.

Leur plus gros souci est de payer les études supérieures pour les jeunes qui ont terminé leurs études secondaires. Cette association a pour le moment réuni de l’argent pour un seul de leur étudiant alors qu’ils sont une quinzaine à être dans cette situation.

Lundi 17 juillet

C’est aujourd’hui mon premier jour de stage à l’hôpital, je suis dans le service de maternité et ce pour 3 jours. il est divisé en plusieurs secteur : une salle pour les femmes prêtes a accoucher, 3 salles d’accouchement, une salle pour les femmes qui ont accouchées normalement, une autre pour les femmes ayant subi une césarienne, une fausse couche ou autres problèmes gynécologiques.

En début de journée je vais dans la salle des césariennes, j’aide à réaliser les surveillance habituelles : température, tension, fréquences respiratoires et pulsations.

Ensuite je découvre comment sont réaliser les pansements aux jeunes opérées, les soins prodigués sont réalisés sans délicatesse et visiblement douloureux (au vu du faciès des femmes !). Ce qui surprenant est le calme qui règne dans cette grande salle qui doit comporter pourtant une cinquantaine de personnes : les mamans, les enfants (dans le même lit), les gardes-malades (présents pour les assister dans la toilette, la préparation des repas –dehors-, la lessive –dehors-, les changes des draps et tous pleins d’autres services !). Aucunes plaintes, pas de témoignage de douleurs –pourtant il y a des femmes vraiment algiques et le plus surprenant encore est qu’aucuns bébés ne pleurent, tous tètent sagement dès qu’il en manifeste le besoin, l’envie !!! Ensuite le travail étant moins intense, je retourne vers les salles d’accouchement j’ai vraiment envie d’assister à une naissance ! Mais c’est journée est calme, pas d’accouchement. J’ai durant cette après-midi appris à examiner les femmes en cours de travail , les infirmières m’initient à l’auscultation, au toucher vaginal, à écouter les battements cardiaques du fœtus. Journée très enrichissante !

Mardi 18 juillet

La journée commence par le staff, réunion qui se déroule tous les matins de 7 à 8 heures, tous les services sont représentés et un représentant de chaque secteur présente un résumé des patients hospitalisés et par la même occasion expose les cas qui leur pose problème, demandant un avis médical plus poussé.

Ensuite retour dans le bâtiment des parturientes, là une des femme auscultée hier n’a toujours pas accouchée, le travail s’est arrêté, depuis plusieurs heures le col est ouvert à 6 centimètres.

La décision est prise, le médecin ordonne une césarienne.

Tout à coup dans un coin de la salle d’accouchement je découvre un tas de linge puis intriguée par des bruits non identifiés je m’approche et découvre avec stupeur : un bébé envelopper de ces linges. Il présente une insuffisance respiratoire, je suis bouleversée par ce petit être qui gît là, depuis combien de temps ? Il est en train de lutter pour rester en vie, les ailes de son petit nez s’élargissent au plus qu’elles le peuvent afin d’élargir l’orifice afin qu’un maximum d’air puisse parvenir à ces petits poumons immatures. Je tente de comprendre pourquoi on n’administre pas d’oxygène à ce bébé afin de l’aider et soulager ses efforts désespérés.

Lors que le médecin arrive je lui demande des explications sur l’état de santé du bébé, finalement une prescription orale est faite : administration de l’oxygène.

J’aide à préparer la femme qui doit partir au bloc opératoire pour la césarienne. J’assiste à toute l’intervention. Le bloc est bien équipé, l’équipe est très professionnelle, tous s’applique à m’expliquer tout le déroulement de l’intervention, tout le matériel utilisé. Je suis très bien encadré. L’infirmière que j’ai accompagnée ramène l’enfant (une jolie fille) qui vient de naître dans le service. Moi je retourne dans le service en raccompagnant la maman.

Ma première préoccupation arrivée dans le service est de m’inquiéter de l’état du bébé, c’est la stagiaire, élève infirmière qui s’en occupe, elle refait le pansement de la perfusion, mais il n’a toujours pas reçu d’oxygène. Cette demoiselle ne parlant que le kinyarwanda je ne peux pas la questionner et je suppose qu’elle va lui installer tout de suite après. On vient me rappeler que je dois aller à la pause repas.

Une heure plus tard je reviens, on me demande si je sais poser des cathéters pour administrer une perfusion je leur dis que je sais mais que préfère que l’on m’assiste, que l’on observe ma pratique. Nous voilà partis une infirmière anglophone et moi dans la salle des femmes césarisées. Nous préparons tout le matériel nécessaire, mais arrivé auprès de la patiente nous constatons qu’il manque du sparadrap, je vais donc le chercher dans le service à côté, dans une des salle d’accouchement. Je récupère le rouleau de sparadrap, vais pour partir mais me ravise rapidement car c’est dans cette salle que se trouve le bébé, je veux le voir, comment va-t-il ? Ah non toujours pas d’oxygène !!! je me penche au-dessus de lui… NON !!!!!!!… il est mort !!!! j’alerte une infirmière du service elle vient constater, regarde à deux fois puis me dis « il à déjà fini sa vie ! ». Je ne sais plus que penser, cette situation est-elle si fréquente pour que personne ne s’en formalise plus que cela ? Je retourne comme un robot ramener mon rouleau de sparadrap, m’excuse d’avoir été si longue pour revenir mais lui explique avec de grosses larmes qui perlent sur mes joues : « The baby is dead » -« Ah ?!? ». J’essuie mes larmes, renifle un grand coup et commence mon soin, pose le cathéter à cette femme.

Dès le soin terminé, je file retrouver le bébé. Le service vaque à ces activités comme si rien ne s’était passé. J’ai les idées qui se bousculent. Le travail continue, une femme qui est à dilatation complète n’a plus de contractions donc le travail ne se fait plus. Le médecin qui est appelé hésite mais avec les infirmières il est décidé de tout essayer pour que l’accouchement se passe par voies basses. Une perfusion d’ocytocine est administrée pour provoquer des contractions mais je sais qu’avec ce produit les contractions sont très fortes donc très douloureuses. Ensuite une épisiotomie est réalisée, plusieurs tentatives avec l’infirmière qui appuie sur le ventre de la maman de toutes ses forces, ne suffiront pas : la descente du bébé ne se fait toujours pas. Il est décidé d’utilisé des ventouses, cette pratique consiste à mettre un ustensile en forme de coupelle sur la dessus de la tête du bébé, de relier cet embout à un appareil qui va exercer une aspiration et lors d’une contraction de tirer sur cet ustensile muni d’une poignet. Plusieurs tentatives vaines : une autre épisiotomie toujours une pression exercée sur l’abdomen de la mère, puis une dernière tentative qui sera la bonne ! À la sortie, je constate que le cordon ombilical est enroulé autour du cou de l’enfant, je tremble ah non pas deux décès dans la journée. L’enfant est inerte, on lui pratique des mouvements de réanimation, puis au bout de quelques minutes qui me paraissent une éternité, l’oxygène emplissent à ses poumons, la vie est enfin au rendez-vous !!! La maman aura enduré toutes ses épreuves sans se plaindre de quelques manières. Ces femmes sont d’une force fascinante !

Le soir, je suis invité chez une femme qui effectue son stage à la clinique d’Avega pour devenir consultante en traumatisme. Elle habite à Kibungo, à 45 minutes de trajet en voiture. Je suis très fatiguée par cette journée, j’ai une migraine qui s’est installée à midi et qui ne cesse à aucun médicament. Je tache d’être une bonne invitée mais plus la soirée avance et plus mes forces m’abandonnent, le crois plutôt que c’est mon esprit qui demande du repos et c’est mon corps qui m’envoit des signaux d’alarme. Un festin est servi en mon honneur sachant que j’aime les patates douces, en dernières minutes quelques unes sont cuites exprès pour moi. Quelle honte quand arrivée à table, les nausées fugaces que je ressens depuis environ une heure s’installe carrément dès la première bouchée de nourriture que je tente d’avaler. Je ne peux vraiment rien manger, rien ne passe ce soir !!! Liberata et son mari sont très compréhensifs et me conseillent d’aller me coucher, je prends congé, je suis très confuse de cette situation. Mon esprit ne tarde pas à tout court-circuiter, je m’endors en quelques minutes. Demain levée 5h30 !

Mercredi 19 juillet

Je vais peut-être assister à un vrai accouchement aujourd’hui !

La matinée se passe calmement, deux femmes sont en travail. Après la pose de midi losque j’arive une des deux femme est installée, l’accouchement s’annonce. Mais en observant l’infirmière je constate qu’il a quelque chose d’anormal. En effet c’est un fœtus malformé qui s’annonce, le diagnostic est pose à la palpation , la forme de la tête du bébé est anormale.

L’accouchement se déroule rapidement mais effectivement le fœtus est mort et à une grosse malformation.

Tous ces drames !!! Comment cette mère peut-elle endurer la vue de cet être qu’elle vient de mettre au monde sans craquer, est-ce qu’après le génocide les gens se sont armés pour endurer toutes ces épreuves que la vie continue de leur infliger ?

Pour aujourd’hui je vais laisser là mes récits.
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MessageSujet: Re: Séjour-Stage: Impressions au quotidien....   Lun 24 Juil - 18:58

Jeudi 20 juillet

Je commence ce matin mon stage en médecine interne dans le bâtiment des femmes.

Ici comme je m’en doutais un peu les pathologies rencontrées sont lourdes : paludisme, fièvre typhoïde, tuberculose, en très grande majorité. La difficulté pour soigner ces personnes est que bien souvent se sont des pathologies associées, en effet souvent les maladies surviennent chez des personnes déjà atteintes du sida ou autres infections. La tache est d’autant plus compliquée qu’il n’y a pas suffisamment de médecins pour suivre au quotidien les patients, ainsi la lourde responsabilité de soigner les malades est supportée par les infirmières.

Là aussi je rencontre des jeunes d’une quinzaine d’année gravement malades, dans un état de faiblesse qui fait mal à voir. Ceux-ci sont admis dans ce bâtiment car la pédiatrie est surchargée.

Je suis un peu plus dans mon élément, je peux enfin concrètement aider, travailler : prise de la température, de la tension, des pulsations cardiaques, des fréquences respiratoires, poses de perfusion, changements de perfusion. Je découvre toutes ces maladies « inconnues » en France.

Tout cela est très enrichissant. Il y a d’autres élèves infirmières en stage elles aussi, ainsi ensemble avec les infirmières nous pouvons échanger sur nos pratiques différentes.

Vendredi 21 juillet

Deuxième jour en médecine interne mais je découvre le bâtiment des hommes. Si on peut dire car comme le bâtiment des femmes ne suffit pas pour les accueillir toutes, quelques unes sont admises dans ce service. Des jeunes garçons aussi, dont un très gravement atteints d’une tuberculose, d’ailleurs après avis demandé à une femme médecin français, il sera décidé d’un transfert à l’hôpital de Kigali qui a plus de moyens. C’est un réel problème de santé publique que la tuberculose, ce germe est de plus en plus résistant et donc les traitements antibiotiques employés auparavant sont devenus inefficaces dans la majorité des cas. Il est même très difficile de le dépister car les examens (BK crachats) reviennent souvent négatifs et donc compliquent le diagnostic.

Samedi 22 juillet

J’assiste au début de la réunion de « Subiruseke » afin de me présenter aux membres du conseil d’administration. Ensuite je travaille dans ma chambre et le soir retrouve Jean bosco pour déguster une brochette et une Primus à l’hôtel Dereva.

Dimanche 23 juillet

Jean Bosco, Winnie, une de ses amies et moi-même partons pour Rusumo pour voir les chutes du même nom. Celles-ci servent de frontière entre le Rwanda et la Tanzanie. Nous partons à 8h30 pour arriver à 12h !!! Pour une distance d’environ 100 kms pourtant sur une belle route goudronnée, mais le mini bus s’arrête assez souvent pour monter ou descendre des passagers, la limitation de vitesse est respectée (içi !!!) 50 kms/H presque tout le long et puis il faut compter tous les arrêts obligés aux postes de police disposés régulièrement sur toutes les routes rwandaises.

Arrivés, nous nous désalterons un peu puis nous dirigeons vers le spectacle naturel. Nous devons passer la frontière rwandaise, formalité réalisée sans aucun problème et enfin découvrons le flot du fleuve Akagera.

C’est en effet très joli, elles ne sont pas très hautes, environ 10 m de haut mais le débit est impressionnant. Nous continuons notre promenade et tentons de demander la permission de faire quelques pas sur le sol Tanzanien mais là les douaniers ne sont pas très disposés à nous accorder l’accès. Ils nous invitent dans un bureau, Jean Bosco parlemente (en Swahili) mais nous rebroussons chemin : pas possible « légalement ».

Le retour est un peu plus rapide en effet il ne nous faudra que 3 heures pour rallier Rusumo-Rwamagana. Mais le retour se passe sous la pluie, c`est pourtant la saison sèche mais une petite averse est venue mouiller un peu cette belle terre rouge.

Je vous envoie un peu de pluie pour vous rafraichir, car moi je suis obligée de mettre mon gilet en ce moment !!!

Le week-end est à présent terminé et je m’apprête à commencer ma deuxième semaine de stage à l’hôpital : lundi et mardi dans le service de chirurgie ensuite de mercredi à vendredi en pédiatrie, j’appréhende un peu ce que je vais y vivre mais je ne regrette rien de cette grande aventure et suis ravie d’être dans un si beau pays !!!
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Séjour-Stage: Impressions au quotidien....

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